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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 06.05.2008

 

À LA UNE

Catastrophe en Birmanie : le point de vue européen

Catastrophe en Birmanie : le point de vue européen

 

La Birmanie fait face à une catastrophe humanitaire. Un cyclone vient de dévaster ce pays du Sud-Est asiatique il y a quelques jours. Au moins 10 000 personnes ont été tuées, et plusieurs centaines de milliers se retrouvent sans-abri. Le régime militaire birman a malgré tout l'intention d'organiser le référendum prévu sur la constitution, grâce auquel il espère consolider son pouvoir. Qu'en pense l'Europe ?

Extraits des publications suivantes:
The Independent - Royaume-Uni, Carl Bildt Blog - Suède, die tageszeitung - Allemagne, La Repubblica - Italie

The Independent - Royaume-Uni

Un éditorial de l'Independent, consacré à la "tragédie humaine" en Birmanie, explique que celle-ci peut donner lieu à "quelque chose de bien" si la junte ouvre maintenant le pays à l'aide internationale. "Si les maîtres de Birmanie ont accepté le fait que ce désastre était trop important pour que le pays puisse le surmonter seul et que la souffrance du peuple devait prévaloir sur leurs instincts d'ermite, cela dénote un certain progrès. La décision d'ouvrir le pays un tout petit peu est toujours un succès même si celle-ci est motivée par la peur et la survivance du régime. … La junte birmane peut aussi penser que les ouvertures recèlent des dangers. La réponse au tremblement de terre arménien a favorisé l'introduction d'une plus grande ouverture qui a contribué, trois ans plus tard, à la chute de l'Union Soviétique. Une conclusion plus productive serait qu'une dictature fermée est une anomalie dans le monde moderne et que l'actuelle ouverture hésitante pourrait être un prélude au changement." (06.05.2008)

Carl Bildt Blog - Suède

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, demande dans son blog qu'on vienne rapidement en aide à la Birmanie. Pour veiller à ce que cette aide parvienne bien à la population, il faudrait toutefois exercer une pression politique sur la junte. "Les nouvelles de Birmanie sont de plus en plus mauvaises. On parle de milliers de morts et de centaines de milliers de sans-abri. La ministre chargée de la coopération au développement, Gunilla Carlsson, a promis une aide rapide de la part de la Suède. Mais le problème pourrait devenir politique. Car, étant donné que le régime militaire souhaite amener la population à accepter samedi la constitution par le biais d'un référendum, l'entrée de secouristes provenant de l'étranger est limitée. Maintenant il faut exercer une pression politique afin que l'aide arrive réellement." (05.05.2008)

die tageszeitung - Allemagne

"La population a été privée du droit d'intervention pendant vingt ans. La volonté de le mettre en place aujourd'hui laisse soupçonner une intention déloyale. Mais la junte maintient toujours la date du référendum. Elle s'emploie en outre à autoriser l'arrivée en toute urgence de l'aide nécessaire. Mais l'attitude des militaires n'est pas claire : résulte-t-elle d'un cynique calcul de pouvoir ? Ou leur manque-t-il seulement, depuis leur nouvelle 'capitale' à l'intérieur des terres, une vue d'ensemble des dévastations que le cyclone a causées sur la côte ? En réalité, ces deux questions sont liées car le régime voulait que le référendum se tienne à huis clos. Le cyclone n'a fait que contrarier ce calcul. Les militaires se trouvent donc face au dilemme suivant : reporter le vote et laisser entrer l'aide dans le pays ou le maintenir et renoncer à l'aide." (06.05.2008)

La Repubblica - Italie

Federico Rampini en appelle à l'aide humanitaire de l'Europe mais évoque également la période qui suivra l'état d'urgence : "Le référendum … est une escroquerie, une farce tragique mise en scène par le régime birman, afin de faire taire les protestations internationales consécutives à la répression sanglante des émeutes de septembre. … Cette catastrophe frappe l'un des pays les plus pauvres du monde, il n'y a donc qu'une priorité : acheminer le plus vite possible couvertures, médicaments, eau potable et nourriture vers la Birmanie, avant que des épidémies ne se répandent. Dès que l'état d'urgence sera passé, il ne faut pas que la Birmanie retombe dans l'oubli, comme cela a eu lieu peu après les jours sanglants de septembre. L'attention internationale s'était estompée et les deux superpuissances indiennes et chinoises avaient rapidement repris leurs affaires avec la junte militaire". (06.05.2008)

POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Medvedev – un meilleur partenaire pour l'UE ?

David Clark pense que l'arrivée d'un nouveau Président russe offre l'opportunité de donner un nouveau départ aux relations avec l'UE. "Après de nombreuses années de tension croissante, l'Europe fonde de grands espoirs sur le fait que la prise de fonction de Dimitri Medvedev demain à la tête du gouvernement marque le début d'une amélioration significative au niveau des relations entre la Russie et l'UE. … Qu'elle soit puissante ou fragile, la Russie représente un véritable défi pour la politique extérieure que l'Europe ne peut pas ignorer. … Les négociations sur un nouvel accord de coopération et de libre-échange qui doivent débuter l'été prochain entre l'UE et la Russie seront l'occasion d'établir à nouveau l'équilibre en s'engageant clairement. La Russie peut être un partenaire proche et digne de confiance si elle est prête à respecter les règlements multilatéraux et les normes démocratiques envers lesquels elle s'est engagée. Mais si elle continue à employer des méthodes autoritaires et coercitives à l'intérieur du pays comme à l'étranger, l'UE devra alors se protéger contre les répercussions qu'elles pourront avoir." (06.05.2008)

De Standaard - Belgique

Conflit communautaire en Belgique

Aucune solution dans la dispute entre Wallons francophones et Flamands néerlandophones au sujet de la division de la circonscription bruxelloise bilingue Bruxelles-Hal-Vilvorde n'est en vue, écrit Bart Sturtewagen : "Il est risible qu'il faille plus de temps pour régler ce problème. Celui-ci existe depuis plus de 40 ans et c'est Verhofstadt [ex-Premier ministre belge] qui en a fait un sujet d'actualité. Onze mois se sont désormais écoulés depuis les dernières élections. Personne ne pourra me faire croire que, pendant tout ce temps, il ne s'est présenté aucune chance de parvenir à un accord entre personnes raisonnables. Les partis francophones veulent arracher aux Flamands un signal quant à leur fidélité à la fédération. Avec le report du prochain vote, ils pourraient pourtant montrer qu'ils croient encore à un compromis belge et qu'ils souhaitent s'y investir. Les Flamands doivent prouver, qu'en dépit de leur majorité légale, ils disposent d'idées constructives pour la solution du conflit communautaire belge." (06.05.2008)

Népszabadság - Hongrie

Conflit au sein de la minorité hongroise de Roumanie

Avant les élections régionales qui auront bientôt lieu en Roumanie, Tibor Kis s'inquiète du conflit que connaît la minorité hongroise en Roumanie. "Ces jours-ci, les deux forces en présence s'affrontent avec une humeur belliqueuse. Elles souhaitent parvenir à dominer le champ politique de la minorité hongroise en Transylvanie. ... Il faut s'attendre à des pertes importantes, surtout dans les régions ethniquement mixtes, où, à défaut d'unité, la représentation hongroise dans les conseils municipaux va diminuer. ... L'image qui se révèle à présent est étrange : alors que les partis de la minorité hongroise se disputent, les partis issus de la majorité roumaine appellent conjointement à la lutte contre le 'danger hongrois'. La métropole hongroise ne peut malheureusement plus rien pour empêcher une guerre fratricide transylvaine. Il reste juste à espérer que cet entredéchirement de leurs représentants politiques n'aura pas pour conséquence de laisser les quelques 1,5 millions de Hongrois de Roumanie seuls et sans objectif – car ils sont les véritables victimes de cette guerre fratricide répugnante." (06.05.2008)

El País - Espagne

Non à la politique d'immigration de l'UE

Au sujet du projet pour une directive européenne sur une politique de l'immigration commune, le quotidien El País écrit dans son éditorial : "Demain, le gouvernement de Zapatero doit prendre une décision lourde de conséquences : soit il se cache derrière la Commission [européenne] et évite ainsi un débat de politique intérieure sur l'immigration, soit il vote contre le projet de directive qui n'est que difficilement compatible avec un État de droit. … Pendant les années d'essor économique, l'embauche d'étrangers immigrés illégalement était toléré. Une fois que la conjoncture a montré des signes de changement, est-il possible de gommer les conséquences des erreurs d'autrefois rapidement ? Il va être difficile de les résoudre et il est louable que la Commission souhaite s'y atteler. Mais avec ces mesures, il n'en est pas question !" (06.05.2008)

Svenska Dagbladet - Suède

Une loi sur la prostitution servant de modèle global ?

La Suède est l'un des rares pays qui condamne l'achat de services sexuels. Les Nations Unies veulent à présent étudier cette loi de plus près et décider si la Suède pourrait devenir un modèle. Le gouvernement voit là une approbation, mais la spécialiste Susanne Dodillet émet des doutes dans le Svenska Dagbladet : "Cette loi ne s'appuie sur aucune recherche empirique ni sur aucune philosophie réfléchie. C'est pourquoi il est d'autant plus inquiétant que la nouvelle enquête ne remette pas en question la criminalisation des acheteurs. … Rend-on service aux femmes puisqu'en les cataloguant dans la catégorie des faibles dans le commerce du sexe, on considère qu'elles ne sont pas en mesure d'assumer leurs responsabilités ? … Tous ces paragraphes sont l'expression d'une politique symbolique qui ne vise pas l'égalité des droits." (06.05.2008)

RÉFLEXIONS

Atgimimas - Lituanie

L'antiaméricanisme de l'Europe

La journaliste lituanienne Daiva Repeckaite critique l'anti-américanisme qui sévit en Europe, reposant souvent, d'après elle, sur un manque de connaissances du pays : "Nous projetons nos peurs et nos angoisses sur les Etats-Unis bien que, souvent, nous ne connaissions rien à la société de ce pays. Une simple expérience suffit déjà parfois à ébranler l'édifice de nos préjugés. Un choc n'est pourtant pas toujours suffisant, et nous devons parfois directement faire face à notre ignorance. L'anti-américanisme est à la mode en Europe. Les nombreuses discussions que j'ai entendues, les articles que j'ai lus et les films que j'ai vus, dépeignant tous une société sur le déclin, m'ont conduit à établir ce constat. … Mais une telle ignorance est peut-être tout simplement pratique : il est, en effet, si facile de se représenter les Etats-Unis comme le lieu de prédilection du capitalisme sauvage." (06.05.2008)

Diário de Notícias - Portugal

La paralysie de l'Union Européenne

Mário Soares, ex-Président de la République portugaise, s'interroge sur l'état de l'Union Européenne: "L'Europe politique pour laquelle j'ai lutté et en laquelle je crois, n'avance pas : elle se trouve dans une situation de blocage et son avenir est incertain. Elle est victime de la paralysie – pour ne pas dire de la médiocrité – de certains de ses politiques. L'Europe des citoyens est devenue une illusion. Bien que le Parlement européen ait gagné en consistance et en crédibilité au cours de la dernière législature, tous semblent attendre des jours meilleurs, qui n'arrivent pas. ... C'est pourquoi personne ne parle d'avenir. On ne parle que de surmonter la catastrophe actuelle. ... Les différentes crises – économique, énergétique, environnementale, et désormais la crise alimentaire – se croisent et s'influencent mutuellement du fait de l'incapacité générale à apporter des propositions innovantes pour y remédier. ... Il manque à la planète une UE active, sûre de son rôle d'agent mondial. Mais comment l'Europe peut-elle jouer un rôle mondial de premier plan si ses politiques les plus influents ne font preuve d'aucun dynamisme, d'aucune volonté politique, et ne font aucune proposition quant à la marche à suivre?" (06.05.2008)

ÉCONOMIE

Berlingske Tidende - Danemark

Le retour du chameau

Le quotidien de Copenhague, le Berlingske Tidende, s'interroge sur les lois du marché et sur les raisons de la hausse drastique des prix des denrées alimentaires et du carburant ces derniers temps. Les raffineries ont annoncé des bénéfices importants, confirme le quotidien et ajoute : "Cela fait monter les prix du diesel et de l'essence. Des milliers de Danois, qui, au cours des derniers mois ont troqué leur voiture essence contre une voiture diesel, se retrouvent perdants car le litre du diesel est passé, entre temps, au même prix que celui de l'essence. C'est ce qui arrive lorsque la demande augmente. … Il faudrait être tout simplement propriétaire d'un chameau. Le Financial Times rapporte samedi que les prix en hausse du pétrole brut vont entraîner un retour du chameau. Il y a deux ans, un chameau valait autant qu'une chèvre dans le Rajasthan indien. Aujourd'hui son prix a été multiplié par dix." (06.05.2008)

Der Standard - Autriche

L'euro fort touche durement l'économie

Dans une interview, l'économiste et prix Nobel canadien, Robert Mundell, met en garde contre les conséquences du cours élevé de l'euro et exige une baisse rapide des taux d'intérêt : "Alors que l'économie des États-Unis se remettra bientôt de la crise immobilière, la conjoncture européenne est menacée par des dommages à long terme causés par l'euro fort. Celui-ci rend la plupart des pays de la zone euro bien moins compétitifs, non seulement par rapport à la Chine ou à l'Inde mais aussi par rapport aux États-Unis ... Pour stopper la hausse de l'euro, la Banque centrale européenne (BCE) devrait diminuer les taux d'intérêt de l'euro en suivant l'exemple des États-Unis. ... Une banque centrale ne doit pas modifier son cours brusquement sinon, elle perd en crédibilité." (05.05.2008)

CULTURE

Die Welt - Allemagne

Les touristes alcoolos britanniques envahissent l'Europe de l'Est

Steffen Fründt s'intéresse à un "phénomène inquiétant que l'on peut constater aujourd'hui dans de nombreuses grandes villes européennes, causant la joie chez les uns et l'inquiétude chez les autres. Depuis que les compagnies aériennes à bas prix permettent de rapprocher le Royaume-Uni du continent, le tourisme alcoolique a pris une telle ampleur qu'il devient un véritable marché. Il s'agit essentiellement de Britanniques, dont les hordes s'abattent littéralement sur les métropoles européennes avec pour objectif l'enterrement de vie de garçon et des tournées de 'biberonneurs'. … Une clientèle motivée de la sorte ne reçoit plus depuis longtemps un accueil unanime dans les zones de destination." L'auteur cite pour exemple "Prague, ville dans laquelle les deux millions de touristes voyageant sur des lignes à bas prix par an représentent désormais le groupe de visiteurs le plus important et des organisateurs de voyage comme 'Prague Piss-Up' empochent des millions en proposant des voyages à thème combinant bière brune et lanterne rouge. Et à Riga une conseillère municipale de la ville a récemment tiré la sonnette d'alarme. Du fait de cette industrie de l'eau de vie et du sexe en plein boom, la capitale lettone risque de devenir le 'Bangkok européen'." (06.05.2008)

COULEURS LOCALES

Libération - France

La deuxième vie des églises allemandes

Dans le quartier de Neukölln, à Berlin, une nouvelle mosquée a ouvert il y a peu dans un bâtiment qui était à l'origine une église. La correspondante de Libération en Allemagne, Nathalie Versieux, revient sur cet événement : "Difficile à première vue de comprendre l'émoi suscité autour du lieu. … L'endroit a pourtant provoqué une vive polémique en Allemagne. … 'Le nouveau locataire s'appelle Mahomet', titrait alors le quotidien berlinois Der Tagesspiegel. Alors que faire de ces églises devenues inutiles depuis que les fidèles ont cessé de les fréquenter ? En dix-sept ans, 20 des 2 000 églises protestantes et 20 des 200 églises catholiques ont fermé. … Face à l'urgence, les évêques allemands se sont mis d'accord sur un code de bonne conduite : la destruction d'une église ne peut être envisagée qu'en dernier recours. … Le sujet est d'autant plus sensible qu'en parallèle, l'islam monte en puissance, accroissant ainsi le désarroi des chrétiens allemands." (05.05.2008)

 

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