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30.08.2008

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.05.2008

 

À LA UNE

La voie est libre pour les embryons hybrides homme-animal

La voie est libre pour les embryons hybrides homme-animal

 

Après un débat passionné, la Chambre des communes britannique a ouvert la voie à la création d'embryons hybrides homme-animal. Une nouvelle "science à la Frankenstein" ou une percée de la recherche sur les cellules souches ? La presse européenne en parle.

Extraits des publications suivantes:
La Stampa - Italie, Cicero - Allemagne, The Sun - Royaume-Uni

La Stampa - Italie

"Nous sommes encore loin de mettre au monde des créatures mythologiques comme le Minotaure, le Sphinx ou la Chimère. La recherche en est encore au domaine du cytoplasme et ne prévoit pas de mélange d'ADN humain et animal dans la cellule souche. Les craintes existent pourtant et le bruit court que les scientifiques pourraient perdre le contrôle sur leurs êtres hybrides, comme cela est arrivé au docteur Frankenstein. En réalité, le vote d'hier à Westminster représente une grande ouverture des frontières de la science, permettant de remédier au manque d'embryons humains pour la recherche et aux problèmes éthiques liés à leur utilisation. … Le nombre d'ovules nécessaires à une série d'expériences est très élevé et la seule alternative à la création de cellules hybrides était de soumettre des femmes à une gigantesque cure d'hormones afin de produire des milliers d'ovules." (20.05.2008)

Cicero - Allemagne

"Les rabat-joies de l'Eglise catholique ont déjà exprimé leur réserves au sujet des expériences menées sur le génotype humain et sur les embryons, indiquant qu'elles vont à l'encontre de la dignité humaine et transgressent les enseignements de la bible. Pour les chercheurs, ces appels sont d'un autre temps. Au regard de la capacité de nos sociétés à affronter l'avenir, elles constituent en revanche un mauvais présage : quelle attitude devons-nous adopter vis-à-vis de la dignité humaine ? La recherche de possibilités thérapeutiques permettant de guérir des maladies est un objectif abstrait. Celui-ci s'oppose concrètement à la consommation et à l'utilisation d'embryons vivants, capables de se développer vers une vie pleine, et à la dévalorisation de la vie humaine, dont l'essence est contenue dans son génotype, et qui est réduite à une simple expérimentation dans une éprouvette. … Cette chimère reflète l'outrecuidance de l'être humain dont la soif de connaissances le pousse à devenir l'égal de Dieu. Il existe ici des points communs avec la tradition qui va d'Adam au docteur Frankenstein. Le fait de ne pas honorer la promesse que l'être humain outrecuidant s'était faite à lui-même le mène généralement à sa perte : Adam est chassé du paradis et le docteur Frankenstein trouve la mort, à jamais prisonnier de la glace. La déification de l'être humain par lui-même lui a rarement été bénéfique. L'être humain, en soi, n'est justement qu'un être humain, et pas Dieu." (20.05.2008)

The Sun - Royaume-Uni

En titrant "la bonne décision", le tabloïd The Sun évoque la décision de la Chambre des communes d'emprunter de nouvelles pistes pour la recherche sur les cellules souches. "Gordon Brown et [le responsable du parti conservateur] David Cameron ont des divergences de points de vue mais ils sont unis à juste titre dans leur soutien à la recherche sur les embryons. Les deux hommes ont des enfants souffrant de maladies que la recherche sur les cellules souches pourra un jour guérir ou stopper. … La science avance à un rythme inédit jusque-là. Il est déterminant que son développement soit étroitement contrôlé afin de prévenir tout abus. Nous ne devons en outre pas oublier que ce type de science est peut-être la clé d'améliorations maîtrisées de notre qualité de vie. Dans les années à venir, nous allons assister à des changements dont nous bénéficierons tous. C'est le progrès. Nous devons contrôler son cours mais nous devons veiller à ne pas l'entraver." (20.05.2008)

POLITIQUE

Le Figaro - France

Pas de consensus sur la manipulation génétique

Le Figaro commente le conflit sur l'interdiction des organismes génétiquement modifiés (OGM) en France : "Dans cette guerre d'une violence inouïe, les experts scientifiques sont terriblement silencieux. Ils laissent aux politiques et aux associations le soin d'élaborer un introuvable consensus. Les scientifiques français en tout cas ceux qui sont responsables de grandes institutions n'ont pas d'opposition de principe aux OGM. ... Les sondages montrent que les Français bien nourris sans OGM y sont majoritairement opposés. Mais que se passera-t-il dans dix ans ? Les OGM améliorent significativement le rendement agricole pour ce qui est du maïs. Face à la demande croissante de céréales, les pays qui ont un rendement accru seront les plus compétitifs. Les céréales françaises, au prix de revient trop élevé, risquent, elles, de trouver de moins en moins preneur." (19.05.2008)

Lluís Foix Blog - Espagne

Une politique immorale

L'ex-rédacteur en chef du quotidien espagnol La Vanguardia, Lluís Foix, commente une polémique diplomatique entre l'Espagne et l'Italie : "La vice-présidente María Teresa Fernández de la Vega s'en est pris à la violence xénophobe ..., perpétrée par le gouvernement de Berlusconi. Ses déclarations m'ont paru mesurées." Le journaliste regrette cependant que la vice-présidente ait atténué sa critique dans les heures qui suivirent : "Une fois encore, la realpolitik l'a emporté sur la moralité des actes politiques. ... La paix de Westphalie de 1648 a établi la souveraineté des Etats. Ce qui devait permettre d'empêcher les guerres, mais depuis, les guerres ne se sont jamais terminées. En ce qui concerne l'Italie et l'immigration ... il ne faudrait jamais oublier que l'on doit d'abord considérer les personnes comme telles, peu importe leur origine, leurs opinions et leur situation légale. Si l'Europe perd ces principes, ce sera un important retour en arrière." (20.05.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas

L'homosexualité au sein du parti

L'Union chrétienne (ChristenUnie), parti chrétien-démocrate participant à la coalition au pouvoir aux Pays-Bas, se demande si les homosexuels peuvent exercer au sein du parti. Une commission interne a d'ailleurs présenté un rapport à ce sujet. "Ce rapport révèle un embarras important" souligne le quotidien De Volkskrant. "En clair : l'homosexualité est autorisée mais il est préférable de ne pas trop l'afficher. Les formules compliquées ne sont pas la conséquence des divergences d'opinions au sein même du parti. La commission tient de cette façon habilement l'église à distance. Personne ne peut affirmer que l'Union chrétienne exclut d'emblée les candidats homosexuels tandis que les partisans orthodoxes sont satisfaits des formules modérées. … Si le congrès du parti rejette cependant des candidats homosexuels, cela peut mettre le parti en grande difficulté. L'Union chrétienne pourrait perdre son droit aux subventions. … En outre, un parti qui outrepasse l'interdiction de discrimination, bien ancrée dans la Constitution, n'a rien à faire au sein du gouvernement." (20.05.2008)

Dnevnik - Slovénie

Une nouvelle étoile en Europe ?

Jeudi, la Slovénie sera le théâtre des discussions entre la troïka de l'UE et l'Ukraine à propos d'un nouvel accord de partenariat et de collaboration. L'objectif de Kiev est clair, estime Aleš Gaube : "L'Ukraine aimerait bien devenir l'une des étoiles de l'Europe. Cette rencontre ne réserve pourtant pas de bouleversements importants et concrets. L'événement déterminant pour les relations futures entre l'UE et l'Ukraine -peut-être même la promesse d'une adhésion complète- aura lieu sous la présidence française en septembre. … Après l'arrivée des derniers nouveaux membres, la Communauté témoigne une certaine lassitude à la perspective de nouveaux élargissements. … Pour Kiev, le court discours du Président slovène Danilo Türk est d'autant plus important que ce dernier s'est prononcé clairement en faveur d'une adhésion de l'Ukraine. Pourtant, en dépit des efforts de l'Ukraine, cela ne se présente pas très bien actuellement." (20.05.2008)

RÉFLEXIONS

Revista 22 - Roumanie

Le rôle des intellectuels en Europe de l'Est

L'écrivain roumain Horia-Roman Patapievici commente dans un entretien le rôle des intellectuels en Europe de l'Est : "Comme Roland Barthes avait autrefois proclamé 'la mort de l'auteur' ou Michel Foucault 'la mort de l'homme', certains intellectuels déclarent aujourd'hui que la mort du communisme a entraîné la mort des intellectuels. C'est stupide. … Il est bien sûr possible que les intellectuels ne jouent plus un rôle aussi important qu'au 20è siècle (même si on les cantonnait alors fréquemment dans un rôle misérable). Mais de là à affirmer que les intellectuels ne jouent plus aucun rôle reviendrait à dire que l'on prive les citoyens de leur statut d'intellectuel. … Le ressentiment contre les intellectuels repose sur l'idée qu'être un intellectuel est un soit disant privilège et sur le fait que nombreux sont ceux, qui ont certes fait des études et s'expriment dans les médias, mais sans pour autant profiter du privilège d'en faire partie et qui veulent par conséquent l'abolir. Être un intellectuel ne veut absolument pas dire que l'on dispose d'un laisser-passer pour s'accaparer le public, devenir réputé ou célèbre." (20.05.2008)

El País - Espagne

Réaction face à la crise néolibérale

Dans le quotidien espagnol El País, l'ex-premier ministre et président du Portugal, Mário Soares, analyse la nécessité de réagir face à la crise du modèle économique libéral venue des Etats-Unis : "Le néolibéralisme ... touche à sa fin. Comme l'ex-Union soviétique, il a éclaté, rongé par ses propres contradictions. Les effets de la crise multiple des Etats-Unis touchent l'Europe à un moment où elle se trouve en pleine impasse politique et stratégique, ce qui l'empêche de réagir. Comment l'Européenne convaincue qu'est Madame Merkel pourra-t-elle renforcer l'Europe face au funeste triangle que forment Brown, Sarkozy et Berlusconi ? Seule une mobilisation commune des opinions publiques européennes peut permettre de faire pression sur les gouvernants afin que soit mise en place une régulation nécessaire de la mondialisation. … Il y a 40 ans, en mai 1968, nous avons connu une grande révolte étudiante et ouvrière imprévue, ... qui a fait trembler De Gaulle. ... Ne perdons pas espoir." (20.05.2008)

ÉCONOMIE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Un exode économique ?

Dans ce contexte de crise bancaire et de dollar faible, le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung se demande si les entreprises étrangères américaines ne devraient pas se retirer. "Les énormes déficits commerciaux des Etats-Unis continuent de s'aggraver, les taux d'intérêt sont abaissés par la banque d'émission dans une situation d'impasse financière. ... L'investisseur Warren Buffett prévoit d'investir ses milliards dans des entreprises européennes et américaines avec un important chiffre d'affaires étrangeres. ... L'économie mondiale est devenue multipolaire, le poids relatif des Etats-Unis a fortement diminué. ... En outre, la politique monétaire, les pratiques des marchés financiers et la sécurité juridique s'érodent par leur propre faute. ... Celui qui doute de la politique actuelle menée aux Etats-Unis a de nouveau des alternatives. L'influence impériale des Etats-Unis ne repose qu'en partie sur son influence militaire. Mais elle repose également en partie sur le pouvoir de fixer les règles du jeu dans l'économie, le commerce et la monnaie. Ce rôle est grandement menacé." (19.05.2008)

CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Du snobisme vis-à-vis du concours Eurovision de la chanson

Sur le site Internet du quotidien The Guardian, Keith Kahn-Harris analyse l'attitude, qu'il trouve particulièrement snob, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande vis-à-vis du concours Eurovision de la chanson : "En Grande-Bretagne, l'Eurovision est perçue comme une grande fête de la télévision, si mauvaise qu'elle en devient intéressante, et au cours de laquelle les continentaux affichent avec naïveté leur gentille incompréhension face à la musique populaire anglo-américaine. … Lorsque les anciens pays du bloc de l'Est sont entrés dans la compétition, ils ont présenté leurs meilleurs talents créatifs. … Une grande partie des échecs de la Grande-Bretagne (mais aussi de l'Irlande) résulte de la médiocrité de leurs participants. … L'attitude de la Grande-Bretagne et de l'Irlande vis-à-vis de l'Eurovision - autrefois sujette à des moqueries aimables et gentilles - semble être de plus en plus agacée et ressemble à de l'auto-sabotage délibéré. … Nous ne pouvons pas continuer à attendre de l'Europe qu'elle s'intéresse à la Grande-Bretagne et la respecte si nous ne faisons pas d'efforts pour communiquer avec le reste de l'Europe et nous rapprocher d'elle." (20.05.2008)

MÉDIAS

De Morgen - Belgique

Le modèle Wikipédia

Gert Morreel, professeur de littérature anglaise à l'université d'Anvers examine les arguments des détracteurs de l'encyclopédie en ligne Wikipédia et se réfère à des exemples historiques. "Alors que toute l'attention de la concurrence se porte sur les questions de l'exactitude et de l'objectivité, on néglige ce qui rend Wikipédia unique en son genre : les fondateurs ne se sont pas basés sur un système abstrait de critères de validité mais sur un modèle dynamique dans lequel le savoir émerge et se développe sans cesse par le recoupement de différents points de vue. ... Au mieux, cet esprit renoue avec celui du plus radical de tous les prédécesseurs : l'encyclopédie de Denis Diderot et de Jean Le Rond d'Alembert. Contrairement à son co-rédacteur, Diderot n'envisageait pas une organisation du savoir idéale et statique mais un processus permanent d'interaction sociale et intellectuelle. ... Les encyclopédies en ligne et les moteurs de recherche peuvent nous aider [lorsque nous naviguons sur Internet] mais l'itinéraire choisi dans les recherches reste personnel. Il nous faut toujours apprendre par nous-mêmes ce que le savoir signifie pour nous." (20.05.2008)

SPORT

Népszabadság - Hongrie

Les Jeux olympiques et la politique

Dans le contexte du combat pour la liberté des Tibétains et des Jeux olympiques à Pékin, Csaba Gombár s'interroge sur les rapports entre le sport et la politique : "L'argumentation de tous ceux qui défendent les Jeux olympiques est la suivante : ne mélangeons pas le sport et la politique. D'accord. Personne n'affirme que le saut à la perche est un acte de nature politique. Mais dans l'antiquité, il était inconcevable de séparer les Jeux olympiques de la politique et il en est de même aujourd'hui. Le déroulement des Jeux olympiques - leur préparation, leur financement et leur portée symbolique - a lieu aujourd'hui dans un contexte de concurrence impitoyable entre les Etats-nations, c'est-à-dire de communautés politiques. Considérer un tel rapport dans les relations interpersonnelles, mais surtout dans les relations interétatiques, comme exempt de politique, confine, pour le moins, à une ignorance irréfléchie. En posant un cadre pour les relations interpersonnelles, la politique n'entache pas la compétition sportive. Au contraire, en garantissant la paix, elle rend cette compétition possible. C'est peut-être une autre manière de considérer le rapport entre la politique et le sport." (20.05.2008)

 

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