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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.06.2008

 

À LA UNE

La France de retour dans l'OTAN

La France de retour dans l'OTAN

 

Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé une restructuration profonde des forces armées nationales. La France doit entre autre redevenir un membre à part entière de l'OTAN. Quel jugement la presse européenne porte-t-elle sur la modernisation de la puissance atomique européenne ?

Extraits des publications suivantes:
The Times - Royaume-Uni, Trouw - Pays-Bas, Le Monde - France, La Repubblica - Italie

The Times - Royaume-Uni

Le quotidien The Times qualifie la modernisation annoncée pour l'armée française de "nouvelle vision stratégique" et la trouve "à la fois sensée et d'une portée considérable. … L'objectif militaire est de faire subir une cure d'amaigrissement à l'armée française en faisant appel à une meilleure technique de surveillance et à de meilleures armes, mais également en adoptant une stratégie plus axée vers la lutte anti-terroriste que vers les risques de guerre froide liée à un conflit en Europe. Il y a toutefois un changement significatif dans la doctrine militaire. La France remanie son armée dans le but de réintégrer le commandement militaire unifié de l'OTAN et de renforcer le rôle militaire de l'Union européenne. Il y a plus de 40 ans, la France priait l'OTAN de quitter Paris et aujourd'hui Sarkozy annonce à ses alliés et à ses concitoyens que le rêve gaulliste de l'indépendance militaire est terminé." (18.06.2008)

Trouw - Pays-Bas

Même avec la restructuration de ses forces armées, la France conserve son indépendance militaire, commente le quotidien Trouw : "'Sarko l'Américain' montre clairement, encore une fois, qu'il se démarque de la traditionnelle distance de la France vis-à-vis des Américains. La France réintègre le commandement militaire de l'OTAN, ce faisant il répète une ancienne promesse. Le président Charles de Gaulle avait quitté le commandement militaire de l'OTAN en 1966 en protestation contre la 'prédominance américaine'. … L'OTAN est depuis restée un sujet sensible. Sarkozy a assuré hier également que Paris resterait un membre indépendant de l'union, un partenaire libre. Le retour … n'est pas pour autant une rupture avec la ligne gaulliste, a assuré Sarkozy. Une adhésion à part entière n'oblige personne à envoyer des soldats dans des zones en crise. En outre, la décision concernant les armes atomiques françaises reste … du ressort de la France." (18.06.2008)

Le Monde - France

Dans le cadre de la réforme prévue pour les forces armées françaises, le quotidien Le Monde demande une réorientation de la formation des soldats : "L'armée française va donc subir une cure d'amaigrissement. … Le profil de la défense nationale sera rectifié. La perte de poids doit être obtenue par une réduction des effectifs. … Plus précisément, la doctrine militaire ne se limitera plus aux quatre piliers traditionnels : la prévention, la dissuasion, la protection et l'intervention. Une cinquième fonction a été assignée aux militaires : la connaissance et l'anticipation. Autrement dit, le renseignement, pour ne pas dire l'espionnage. … Toutes les armées du monde, à commencer par les forces américaines en Irak et les forces russes en Tchétchénie, ont reçu ces cinq missions. On oublie toujours de leur en fixer une sixième : celle de réparer les dégâts commis et de consoler les enfants qui pleurent." (18.06.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien italien La Repubblica considère la restructuration des armées françaises avant tout comme un changement de fondamentaux : "Moins de soldats, plus de renseignement. Une force de défense flexible et efficace qui sache répondre à la nouvelle menace, non plus celle de la guerre seulement mais aussi celle du terrorisme. Voilà la nouvelle armée de Nicolas Sarkozy. … Cette décision n'apporte pas de grand changement sur le plan pratique mais modifie plutôt le domaine des principes. … Sarkozy ne prévoit pas seulement davantage de technique de surveillance militaire pour son propre pays mais exige de l'EU qu'elle créée un corps de 60 000 soldats, une petite armée qui permette aux Européens d'agir ensemble et d'être aussi actifs en cas de crises sur le moyen terme, dans chaque coin de l'Europe." (18.06.2008)

POLITIQUE

El País - Espagne

Delors et Rocard opposés à la directive 'retour'

Jacques Delors, ancien président de la commission européenne, et Michel Rocard, ancien premier ministre français, commentent dans un article commun du quotidien El País, le projet de la directive 'retour' qui a été présentée au parlement européen : "Nous ne pouvons pas cacher notre inquiétude … sur le fait que la première procédure de codécision sur l'immigration soit un projet relevant du volet répressif avant même qu'aient été débattues et déterminées les conditions d'accueil et d'intégration des étrangers non communautaires. … Ne serait-il pas plus sensé que les parlementaires s'abstiennent d'adopter ce projet en l'état ? Il paraîtrait plus opportun de demander à la Commission européenne … de reprendre l'élaboration de cette directive sur des bases plus conformes à l'idée que nous avons de la façon dont l'Europe doit respecter la dignité des personnes." (18.06.2008)

Népszabadság - Hongrie

Le chancelier fédéral Gusenbauer dans le pétrin

La correspondante en Autriche du quotidien de gauche évoque la mise sur la touche du chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, qui a dû il y a quelques jours céder son poste de président du SPÖ au ministre des transports Werner Faymann : "Personne ne veut plus vraiment croire en l'avenir politique d'Alfred Gusenbauer, pas même son propre camp. … Il a toujours semblé que le gouvernement était dirigé par le partenaire junior de la coalition, le Parti du peuple (ÖVP). … Après la perte de la présidence du SPÖ, la marge de manœuvre du chancelier fédéral va encore se réduire. … Gusenbauer ne pourra pas coordonner chaque décision avec le nouveau chef du SPÖ Werner Faymann. … Plus tôt Faymann prendra aussi la tête du gouvernement, mieux ce sera." (18.06.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

Tolérance zéro pour le Zimbabwe

Dans le quotidien Financial Times, Kofi Annan écrit au sujet de la crise politique au Zimbabwe : "Il est globalement injuste qu'un seul pays serve de test décisif à l'ensemble d'un continent. Mais ce que nous vivons au Zimbabwe entache sans aucun doute l'image de toute l'Afrique. … Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les élections se déroulent de façon libre et juste. Nous devons insister pour que le plus grand nombre d'observateurs de l'élection soient délégués sur place, qu'ils puissent se déplacer librement et que la violence et l'intimidation ne soient tolérées d'aucune façon. … Si le gouvernement, que beaucoup considèrent comme l'instigateur des violences, ne peut garantir des élections équitables, l'Afrique devra lui demander des comptes. Le vainqueur d'élections irrégulières ne devra se faire aucune illusion : il n'aura ni la légitimité du gouvernement ni le soutien de la communauté internationale." (18.06.2008)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Jürgen Habermas réfléchit à l'avenir de l'UE

Après le rejet du traité de Lisbonne par l'Irlande, le philosophe et sociologue Jürgen Habermas réfléchit au futur de l'Union européenne : "On ne peut que spéculer sur les motifs du non irlandais. En revanche, les premières réactions officielles sont claires. Les gouvernements effarouchés ne veulent pas paraître désemparés et recherchent une solution technique. Celle-ci passe par une répétition du référendum irlandais. C'est l'expression d'un pur cynisme des puissants à l'égard du respect verbal promis aux électeurs. … Les effets secondaires des libertés de marché souhaitées et mises en œuvre dans toute l'Europe, en termes de politique sociale et au niveau culturel, sont attribués aux Etats nationaux, à qui l'on interdit l'accès aux conditions de formation de ces coûts externes. … Un contrat de coopération avec les Etats membres qui souhaiteraient de temps à autre être libérés de la collaboration avec certaines institutions, indique de quelle façon on pourrait trouver une issue à ce malaise. Ce parcours, dont le rythme a été déterminé par le participant le plus lent, a mené l'Europe très loin. A partir de maintenant, cette allure n'est plus la bonne. … Avec de l'engagement et de la chance, il pourrait en résulter une union à deux vitesses dans la mesure où les pays dans lesquels le référendum est accepté se montrent prêts à coopérer étroitement dans les domaines de la politique extérieure, de la sécurité ainsi que de l'économie et de la politique sociale." (17.06.2008)

ÉCONOMIE

Wprost Online - Pologne

La Slovaquie obtient l'euro

Le Parlement européen a décidé l'introduction de l'Euro en Slovaquie pour le 1er janvier 2009. Wprost 24, le portail en ligne du magazine d'informations Wprost, estime que c'est injuste. "Selon tous les critères de Maastricht, la situation de la Slovaquie est plus mauvaise que celle de la Pologne, mais c'est la Slovaquie qui est félicitée tandis que la Pologne est réprimandée. En outre, le taux d'inflation de la Slovaquie s'élève à 6,2 pour cent (3,9 en Pologne), ce qui correspond au double de la limite autorisée. Malgré tout, et en dépit des protestations de quelques députés européens allemands qui n'ont simplement pas pu comprendre de quelle façon 6,2 peut être inférieur 3,2, la Slovaquie est accueillie dans la zone euro avec tambours et trompettes. Cela pour une raison simple : la Slovaquie est récompensée pour sa volonté de rejoindre la zone euro (cette volonté est importante, surtout après le référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande) tandis que la Pologne est sanctionnée pour certaines déclarations idiotes de nos responsables politiques sur la monnaie commune." (18.06.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Le dragon de l'inflation

L'éditorial du quotidien The Independent est consacré à l'augmentation du taux d'inflation en Grande-Bretagne qui atteint aujourd'hui 3,3 pour cent : "L'inflation en Grande-Bretagne est toujours beaucoup plus basse qu'elle l'était dans les années 1970. Elle est aussi plus faible que dans la zone euro, même si l'écart tend à se réduire. Notre économie est aujourd'hui dans un bien plus mauvais état qu'au moment où Gordon Brown est arrivé au numéro 10 [Downing Street]. Le dragon de l'inflation que le Labour avait promis de terrasser une fois pour toute lors de sa prise de pouvoir, menace de faire un retour destructeur. … Etre dans l'expectative et rester modérés ne peut soulager les souffrances ressenties déjà par les gens. Mais ni la Banque [d'Angleterre] ni le gouvernement ne disposent de marge de manœuvre. … Dans le meilleur des cas, selon Mervyn [King, président de la Banque d'Angleterre], les prix de l'énergie se stabiliseront, les chocs externes n'auront pas lieu et l'augmentation de l'inflation restera temporaire. La chance a pourtant rarement souri au gouvernement Brown jusque là." (18.06.2008)

MÉDIAS

Les Echos - France

Riposte graduée face à la piraterie

Le quotidien économique Les Echos évalue la proposition française de loi contre le téléchargement illicite : "L'idée est de confier à une haute autorité, indépendante du gouvernement, le soin de veiller à ce que les internautes ne téléchargent pas de copies piratées. En cas de constat d'abus, cette autorité de contrôle adressera d'abord un, voire deux avertissement amiables. … Dans l'hypothèse où le pirate persévérerait, la haute autorité aura le pouvoir de suspendre pour un an son abonnement au serveur Internet. La solution de la riposte graduée retenue par la ministre Christine Albanel semble donc à ce jour la plus sage. Elle n'a sans doute pas la capacité d'éradiquer le piratage. Mais si elle parvenait à le freiner fortement, ce serait déjà un beau résultat, qui préserverait au moins provisoirement les droits d'auteur sans lesquels il n'y a plus de création culturelle. Les chantres de la gratuité … sont des utopistes qui rêvent d'un univers culturel extérieur au monde économique réel ou de vrais pirates." (17.06.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Un phare pour les journalistes assassinés

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Monn a inauguré lundi un monument à la mémoire des journalistes qui ont péri dans l'exercice de leur métier. Il s'agit d'une colonne illuminée de dix mètres de haut réalisée par l'artiste Jaume Plensa et installée sur le toit du quartier général de la BBC à Londres. Le quotidien Neue Zürcher Zeitung écrit : "Le lieu n'a pas été choisi au hasard : pour la BBC qui héberge le mémorial, cette tour illuminée symbolise la liberté d'information, y compris les relations publiques. La station émettrice vient de perdre, il y a deux jours, deux de ses reporters. … Selon l'organisation Reporters sans frontières, dans le monde entier, plus de 100 journalistes ont peri au cours de l'année 2007. Cela représente en moyenne deux décès par semaine." Pourtant : "Les mémoriaux ne servent à rien si les gouvernements n'agissent pas. En plus de mesures de sécurité efficaces, il faut surtout élucider et sanctionner ces crimes." (17.06.2008)

COULEURS LOCALES

De Telegraaf - Pays-Bas

Une police de la fête pour les supporters de l'Oranje

Après les succès de l'équipe nationale des Pays-Bas, l'enthousiasme des fans ne connaît aucune limite. C'est ce que raconte le tabloïd De Telegraaf : "Après de nombreuses années de vaches maigres, la sélection nationale néerlandaise a enfin de nouvelles chances de victoire dans un tournoi international. Il est compréhensible que la fièvre orange gagne toutes les catégories de la population de notre pays. … Malheureusement, même dans de telles situations, de petits serviteurs de l'Etat se sentent obligés de sortir de derrière leurs bureaux les règles à la main pour distribuer des amendes. L'autorité pour l'environnement de Dordrecht a ainsi créé une police de la fête qui prodigue des contredanses aux supporters trop bruyants dans les bars. Dans le centre d'Amsterdam, il n'est plus autorisé d'accrocher des ballons de baudruche orange au Nieuwendijk. Quels rabat-joies ! Les excès doivent bien-sûr être évités mais quelques semaines d'Oranjemania doivent bien être autorisées dans notre plat pays d'ordinaire si morne." (18.06.2008)

Diena - Lettonie

Des sanctions trop clémentes contre des hooligans britanniques ivres

Cela fait longtemps que les plaintes contre des touristes britanniques ivres se multiplient dans la capitale lettone Riga, un policier a même récemment été passé à tabac. Le journal letton s'insurge contre le fait que les agresseurs aient été relâchés : "Il ne s'agit plus d'une infraction mais d'un délit. Les hommes en question avaient 1,5 gramme d'alcool dans le sang mais cela ne les empêchait pas de savoir ce qu'ils faisaient. Par ailleurs, on peut se demander si, au centre de Londres, ils auraient aussi agressé un policier en uniforme dans l'exercice de ses fonctions. Si les auteurs d'un tel acte avaient été lettons, on peut douter que le tribunal de district de Riga aurait renoncé à la détention et les aurait libérés contre le paiement d'une caution. Dans un cas comme celui-ci, 8 000 Lat (11 400 euros), c'est une somme dérisoire." (18.06.2008)

Sme - Slovaquie

L'alcool n'est pas interdit aux moins de 15 ans

Une loi visant à limiter la consommation d'alcool des jeunes a été rejetée hier au Parlement. Le président Ivan Gašparovič a utilisé son droit de véto contre la proposition de loi qui lui paraissait irréaliste. Cette loi aurait obligé, par exemple, les parents à accompagner leurs enfants jusqu'à 15 ans dans les discothèques où l'on sert de l'alcool. Le journal libéral Sme commente : "Les parents peuvent respirer. Le fouet contre l'alcool ne passe pas. De nombreux maires avaient critiqué la loi qui leur semblait irréalisable dans la pratique. Le problème de l'alcoolisme chez les jeunes, disent-ils, ne peut pas se régler par l'introduction d'une loi. C'est une question d'éducation relevant des parents. Ils devraient savoir où leurs enfants passent la nuit." (18.06.2008)

 

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