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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 27.06.2008

 

À LA UNE

Un an pour Gordon Brown

Un an pour Gordon Brown

 

Il y a aujourd'hui un an, Gordon Brown prenait ses fonctions de Premier ministre britannique. Il est depuis confronté à une perte de popularité sans précédent. Son parti, le Parti travailliste, accuse un retard de 20 pour cent sur les conservateurs dans les sondages. La presse européenne débat du destin du malheureux Premier ministre.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, The Guardian - Royaume-Uni, Frankfurter Rundschau - Allemagne, Die Presse - Autriche

Le Figaro - France

Le Figaro prédit des jours encore plus sombres à Gordon Brown, Premier ministre chancelant : "Pour son premier anniversaire au 10 Downing Street, Gordon Brown a peu de raisons de se réjouir. ... Pour ne rien arranger, Brown ne peut même pas se féliciter de son dernier succès politique. La ratification du traité de Lisbonne, la semaine dernière à la Chambre des lords, lui a peut-être valu les félicitations de Nicolas Sarkozy ; mais sur la scène intérieure, elle s'est heurtée à la grogne des Britanniques qui regrettent de ne pas avoir pu donner leur avis. ... Il s'est en quelque sorte imposé comme l'anti-Tony Blair. Après l'opportunisme et le charme du chantre du New Labour, son sérieux, son calme et son allure grave ont fait merveille lors des premières crises qu'il a essuyées. ... Le 'mauvais Brown' montra son visage à l'automne quand il hésita, puis décida de ne pas organiser d'élections législatives anticipées au moment où les conservateurs remontaient dans les sondages. ... Le ralentissement prévu de l'économie britannique, avec d'importants risques de récession et une inflation qui s'envole, n'aidera sûrement pas Brown à gagner en popularité." (25.06.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Dans le quotidien The Guardian, la chroniqueuse Polly Toynbee souhaite l'éviction de Gordon Brown : "Des députés âgés conjurent de jeunes ministres … de renverser le leader. On ne peut pas leur en vouloir. … Aucun Lazare n'est jamais ressorti d'une tombe politique si profonde. … Voici un scénario de fiction : trois ou quatre ministres de cabinet, soutenus par de simples députés séniors se rendent chez le Premier ministre pour lui dire que c'est fini. La plupart des ministres attendent que quelqu'un d'autre lance la première pierre. Un combat de succession ne serait pas un bain de sang mais précisément ce dont le Labour a besoin pour regagner l'attention de l'opinion publique. … Soyons clairs : cela n'arrivera pas. … Personne n'aura besoin de prier un nouveau leader de se lancer dans la bataille tant qu'il n'aura pas de meilleure réponse à la question suivante : Le Parti Labour, pour quoi et contre qui ?" (27.06.2008)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le quotidien Frankfurter Rundschau ne voit aucune alternative possible pour Gordon Brown. "Ces douze mois au gouvernement britannique se sont révélés être un véritable désastre pour Brown et le Parti Labour. … Le Parti n'a pas beaucoup de choix. Il ne peut plus remplacer le remplaçant de Tony Blair. Il devra se tirer de ce pétrin avec Gordon Brown ou bien couler avec lui." (27.06.2008)

Die Presse - Autriche

Pour le quotidien Die Presse, la mauvaise réputation du Premier ministre travailliste Gordon Brown est le signe que les conservateurs vont bientôt reprendre le pouvoir : "Tout a commencé à aller de travers en automne, quand des sondage ont conduit la direction du Labour à spéculer sur de nouvelles élections pourtant inutiles. Brown a laissé faire puis s'est prononcé contre les élections - il a depuis l'image de quelqu'un d'hésitant. Aucun homme politique n'a autant perdu à une élection qui n'a pourtant jamais eu lieu. … Brown s'est donné l'apparence d'un Blair sans charisme. Et il a finalement échoué. … Au pouvoir depuis 1997, le Labour est … épuisé sur les plans du contenu, des finances et du personnel. D'ici aux prochaines élections attendues en mai 2010, Brown aura 59 ans, son adversaire, David Cameron, 43. Le renouvellement du parti passe d'abord par une réussite dans l'opposition. La débâcle des élections locales de mai, où le Labour a perdu Londres, une ville pourtant ancrée à gauche, montre la voie." (27.06.2008)

POLITIQUE

The Independent - Royaume-Uni

Procédure musclée contre les Roms

Le gouvernement italien a proposé de recenser tous les Roms du pays grâce à leur empreinte digitale. Dans un éditorial, le quotidien The Independent critique sévèrement ce projet : "Les électeurs italiens savaient à quoi s'attendre quand, en mai, ils ont laissé Silvio Berlusconi revenir au pouvoir. La Ligue du Nord, parti xénophobe notoire, était le partenaire de l'ancien chef du gouvernement. Et pour profiter de l'hystérie nationale sur la criminalité, Berlusconi a promis d'être ferme à l'égard des étrangers, en particulier à l'égard des 150.000 Roms d'Italie. … On estime à plus d'un million les employés de maison étrangers, pour la plupart, des sans-papiers qui pourraient être expulsés selon la nouvelle loi de Berlusconi. … Tous les actes de violence de la population dirigés contre les étrangers, tous les cas de discrimination officielle à l'égard des Roms diminuent le droit du pays à être considéré comme une nation civilisée." (27.06.2008)

Die Presse - Autriche

Compter sur la volonté populaire est un jeu risqué

Le parti social-démocrate autrichien (SPÖ) au pouvoir veut mettre au vote l'approbation par référendum des futurs traités européens. Cela concernerait aussi le traité de Lisbonne, si ce dernier était modifié après son rejet par l'Irlande. Le quotidien Die Presse commente : "La question est de savoir quelles seront les conséquences de cette action autrichienne au niveau de l'UE. A l'heure où le crédit qu'accordent les citoyens européens à l'Union est au plus bas, cela pourrait bien marquer le début d'une tendance. On entend dire dans les cercles diplomatiques que des discussions semblables ont lieu en Finlande, aux Pays-Bas et également en Grèce. Evidemment, le problème que pose l'intervention autrichienne actuelle, c'est qu'elle réduit à néant des essais bourgeonnants de l'UE visant à écarter les référendums des questions importantes. Il ne s'agirait alors pas d'un vote national mais il n'y aurait plus qu'un vote de l'ensemble de l'Europe. … Si un jour les 27 Etats européens doivent approuver un traité par vote populaire, on ne pourra alors presque plus compter sur une franche approbation." (26.06.2008)

El País - Espagne

Immigrants trahis

L'écrivain mexicain qui vit en Espagne Jorge Volpi, commente dans le quotidien El País , la directive retour de l'UE : "Arrêtons l'hypocrisie. La droite a gagné la partie dès lors que même la gauche craint de défendre ceux qui cherchent uniquement à atteindre un meilleur niveau de vie et dont l'unique délit est de ne pas être né au bon endroit. Il y a quelques mois, j'ai fait le voyage de Mexico à Barcelone où je réside actuellement. ... Pour la première fois, l'agent des douanes m'a demandé mon billet de retour et m'a couvert d'injures lorsque j'ai été incapable de le lui montrer. Je vis depuis presque cinq ans en Espagne et je n'ai aucun doute : c'est aussi mon pays même si je ne possède pas - et ne possèderai sans doute jamais - de papiers pour le prouver. Si je les avais, j'aurais voté pour les socialistes. Et maintenant je me sentirai doublement blessé de constater qu'ils nous ont oubliés et trahis." (27.06.2008)

Latvijas Avīze - Lettonie

L'immigration comme thème européen

Le quotidien letton Latvijas Avize espère que la prochaine présidence française de l'Union européenne prendra de nouvelles initiatives sur la question de l'immigration : "La France prévoit un pacte qui place ce thème à un niveau européen et vise à répondre à l'afflux d'immigrés clandestins. Toutefois, ces derniers ne trouvent pas l'eldorado en Europe car ils sont généralement exploités par d'autres personnes comme les passeurs ou les propriétaires de restaurant. … Les dirigeants de l'UE souhaitent pourtant une immigration choisie, déterminée par les besoins économiques du moment. Toutefois, aucun pays n'a réussi à aboutir à une immigration suffisante grâce à cette forme de sélection élitiste, pas même le Canada ou l'Australie. … Les exigences vis-à-vis des immigrés pour l'intégration, telles qu'elles ont été établies en France et dans d'autres pays pourraient bien, en fin de compte, être déterminantes pour l'avenir de la démocratie. Nous devrions également réfléchir en Lettonie à cette forme d'immigration et tirer les leçons des erreurs des autres." (27.06.2008)

Delo - Slovénie

Une chance pour de de nouvelles relations

Dans le quotidien Delo, le commissaire au commerce de l'UE Peter Mandelson évoque le sommet Russie-UE qui se déroule aujourd'hui : "Au centre des tension qui semblent continuellement subsister entre l'UE et la Russie, il y a le problème de la communication. Plus d'un est convaincu en Russie que l'Union veut entraver la Russie ou l'exploiter économiquement maintenant qu'elle a retrouvé son élan. De nombreux Européens se demandent en revanche si la Russie ne tourne pas le dos à la communauté internationale, en s'engageant sur un autre chemin et en choisissant d'autres valeurs politiques. Les tensions qui en résultent, et qui ont provoqué quelques crises politiques, laissent penser que tous les efforts pour améliorer nos relations sont vains. Le contraire est pourtant vrai. Nous devons nous engager à avoir de bonnes relations si nous ne voulons pas faire un pas en arrière. Le sommet Russie-UE est l'occasion de donner une nouvelle dimension à nos relations. Au 21è siècle, le rapprochement entre l'UE et la Russie se fera en effet par l'intermédiaire des hommes d'affaires et des entrepreneurs, et non par les diplomates, les ministres ou les commissaires." (27.06.2008)

RÉFLEXIONS

Rheinischer Merkur - Allemagne

L'UE a besoin d'un langage clair

Suite à plusieurs rejets par référendum de différents traités européens, le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker demande un retour à un langage plus compréhensible pour les citoyens européens : "Se demander si l'on devrait soumettre au vote du peuple souverain des entrelacs de traités européens compliqués ne nous fera pas avancer. Il est plus important de savoir comment il se fait que, régulièrement, les [citoyens européens] tournent le dos à l'UE par voie de référendum. … L'une … des raisons de ce plongeon de la conception de l'Europe est sans aucun doute la formulation technique que nous utilisons pour décrire les processus européens et les décisions européennes. Il nous est aussi beaucoup plus facile et confortable de parler des critères de Schengen et de Maastricht que de nous faire comprendre avec des indications plus précises sur ces sujets. … Plutôt que de demander si les citoyens sont d'accord avec tel ou tel traité, nous devrions demander aux gens dans toute l'Europe s'ils sont pour la liberté de circulation ou pour l'introduction de contrôles douaniers aux postes frontières, s'ils sont pour ou contre le marché unique européen et s'ils souhaitent que l'Europe joue un rôle plus important dans le monde ou non . … La liste des questions fondamentales à poser n'est pas exhaustive. Nous devrions mettre les Européens devant leurs responsabilités. En leur posant les bonnes questions." (27.06.2008)

Dilema Veche - Roumanie

Les Sud-Américains de L'Europe

Le journaliste Lucian Mindruta de l'hebdomadaire roumain Dilema Veche ne voit plus que des voitures chères dans son quartier et se demande si la Roumanie n'est pas en passe de devenir un pays riche : "Nos voitures montrent exactement le contraire : nous faisons partie des pauvres mais nous ne voulont pas paraître comme tels. Cette hypothèse a été vérifiée par une étude des Etats-Unis auprès de groupes sociaux qui sont nettement plus pauvres que la moyenne : des Africains et des Sud-Américains. Pour ces deux groupes, les auteurs ont observé la même tendance : les gens qui ont peu d'argent dépensent 25 pour cent de plus pour les voitures, les vêtements et les bijoux que la majorité de la population. Or, l'argent doit venir de quelque part : l'étude montre que les dépenses liées aux études ou aux loisirs sont réduites. En résumé, on investit dans des choses qui sont visibles. … On achète une montre plutôt qu'une encyclopédie. … En Roumanie, nous sommes les Sud-Américains de l'Europe, c'est clair. Plus pauvres que les autres et plus enclins à oublier cet état de fait, nous tenons dur comme fer à paraître riche. … Cela montre seulement à quel point nous sommes pauvres - en tant qu'hommes, en tant que nation." (27.06.2008)

ÉCONOMIE

Polska - Pologne

L'avenir des chantiers navals polonais

Le délai accordé par la Commission européenne à la Pologne pour la présentation d'un projet de restructuration des chantiers navals du pays a pris fin jeudi. Le quotidien Polska critique le temps perdu par tous les gouvernements polonais depuis 2004. "Les [trois derniers] gouvernements de Marek Belka, Kazimierz Marcinkiewicz et Jarosław Kaczyński n'ont pas préparé le programme de restructuration de l'industrie navale qui aurait satisfait Bruxelles. … Le gouvernement de [Donald] Tusk a envoyé les documents correspondants juste avant la fermeture du bureau de la Commission européenne. … Est-il normal que ce soit le cachet de la poste qui décide de la construction ou non de bateaux à Gdynia, Gdańsk et Szczecin ? Oui, malheureusement. Chez nous tout est presque toujours fait à la dernière minute. Dans le jeu sur l'industrie navale polonaise, des contrats s'élevant à plusieurs milliards ou des milliers d'emplois n'ont aucune importance. Seul compte celui qui est au pouvoir, ou la question de savoir si le PiS [Parti national conservateur] reprendra les postes des membres du SLD [Parti social-démocrate], et si le PiS remplacera le PO [Parti du Premier ministre Donald Tusk]. La concurrence et les investisseurs privés sont ceux qui profitent de cette confusion." (27.06.2008)

Népszava - Hongrie

Résistance aux réformes en République tchèque

Le quotidien hongrois Népszava compare les grèves en République tchèque à la situation en Hongrie : "L'ironie du sort veut qu'il y ait à Prague un gouvernement de centre-droite qui ne dispose que d'une courte majorité au gouvernement. Il lui faudra réaliser un numéro d'équilibriste semblable à celui du gouvernement socialiste minoritaire [du Premier ministre] Ferenc Gyurcsány en Hongrie. … Le gouvernement tchèque a très mal préparé les mesures de réforme. Il a également omis de demander l'avis des médecins au sujet de la réforme du système de santé. Il n'a pas non plus fait grand chose pour expliquer les différentes étapes de la réforme à la population – comme chez nous. … En République tchèque, les réformes ont entraîné une perte de popularité du gouvernement. S'il y avait des élections aujourd'hui, les sociaux-démocrates de l'opposition [CSSD] auraient au moins dix point d'avance sur le Parti civique démocrate du gouvernement [ODS]. Pour abaisser le déficit budgétaire, des mesures impopulaires doivent pourtant être prises. Un peu d'empathie ne ferait pas de mal. Chez nous non plus." (27.06.2008)

CULTURE

Dnevnik - Bulgarie

Une indifférence nommée tolérance

La première gay-parade aura lieu demain en Bulgarie. A cette occasion, le Parti national bulgare(BNS) a organisé une "semaine de l'intolérance". Le quotidien Dnevnik commente : "Il ne faut pas s'attendre à une grosse fête de rue. 'Venez et regardez-nous' revendique les organisateurs de la parade mais cette revendication résonne plutôt comme 'venez et frappez-nous'. Les homosexuels vont croiser la route des nationalistes. Nous allons assister au télescopage de leurs intérêts respectifs et voir comment cette 'semaine de l'intolérance' va détourner la société de la tolérance passive, pensée de façon trop étroite, encore trop formelle et ethnisée. Cette manifestation va certainement osciller entre protestation sociale, fête et intervention policière. ... La parade veut enfin mettre en lumière l'indifférence qui passe pour de la tolérance ainsi que le conformisme caché et l'auto répression." (27.06.2008)

MÉDIAS

Trouw - Pays-Bas

Les médias européens à contribution

La lassitude qu'éprouvent les Néerlandais vis-à-vis de l'Europe est la conséquence du manque d'intérêt des médias selon le quotidien Trouw : "La télévision rime avec événements brefs et déconnectés, citations rapides, images et émotions fortes, simplification et reconnaissance. Des caractéristiques qui ne s'appliquent pas à l'UE. … L'UE est ennuyeuse et indolente, mais les médias doivent assumer leurs responsabilités et aller à l'encontre de leur créativité. Les programmateurs craignent évidemment de perdre des téléspectateurs. Ceux-ci sont sacrés pour les chaînes publiques également. On peut pourtant donner des informations importantes sur l'UE. … Les programmes d'informations doivent avant tout être créatifs et montrer clairement où la législation compliquée de Bruxelles est visible. … Pourquoi doit-on détacher une rédaction entière de 20 personnes à La Haye, à propos d'une échauffourée sur la fraction parlementaire minuscule de Rita Verdonk, et personne pour des projets de Bruxelles relatifs l'économie libérale ?" (27.06.2008)

Romania Libera - Roumanie

Un pourcentage de bonnes nouvelles

Le Parlement roumain à Bucarest a approuvé un projet de loi précisant que les bulletins d'information à la télévision et à la radio doivent contenir la même proportion de nouvelles positives et négatives. Pour le quotidien Romania Libera, c'est une mauvaise nouvelle : "C'est une offense faite aux consommateurs des médias que de dire que le bras consciencieux de la loi pourrait nous protéger des 'mauvaises' nouvelles. Mauvaises pour qui ? Pour la société ? Pour les oligarques ? Les informations réalisées par des professionnels reflètent la réalité sans la maquiller. Des nouvelles qui seraient exclusivement bonnes ou mauvaises, nous en avions du temps du communisme. Manipuler les médias en établissant une loi fixant une répartition idéale entre le bon et le mauvais serait la pire des nouvelles pour une société démocratique." (27.06.2008)

 

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