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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 23.07.2008

 

À LA UNE

Réforme des institutions en France

Réforme des institutions en France

 

Le Parlement français a adopté une large réforme des institutions. Les nouvelles dispositions, qui ont été approuvées hier lors d'un Congrès tenu au château de Versailles, vont conférer plus de pouvoirs au Parlement mais aussi au président. Quelles répercussions implique cette modification constitutionnelle pour l'avenir de la "Grande Nation" ?

Extraits des publications suivantes:
Polityka - Pologne, Berliner Zeitung - Allemagne, Le Monde - France

Polityka - Pologne

D'après la réforme constitutionnelle, le président français a le droit de prononcer une sorte de "discours sur l'état de la nation" devant un Congrès réunissant les deux chambres du Parlement. Le magazine d'information libéral Polityka estime que cela confère de tels pouvoirs au président que la fonction de Premier ministre pourrait devenir superflue. "La prise de parole du président devant le Parlement réuni en Congrès est une grande innovation. Cela lui permet d'élever son rang et lui confère un privilège royal, puisqu'il expose son point de vue avant … de quitter la salle. Le débat a lieu pendant son absence. … Il apparaît rapidement que dans un tel système, le Premier ministre devient inutile si le président veut lui-même diriger le travail du gouvernement. C'est pourquoi ces changements mènent simplement à l'instauration d'un nouveau système politique en France. Lorsque cette modification constitutionnelle aura été effectuée, la balance va clairement pencher en faveur du pouvoir du président. La transition progressive vers une VIe République dotée d'un simple système présidentiel, sans Premier ministre, est assurément en marche. Ce n'est pas pour rien que Nicolas Sarkozy cite les Etats-Unis comme modèle." (23.07.2008)

Berliner Zeitung - Allemagne

Pour le quotidien Berliner Zeitung, la reforme des institutions françaises place de nouveau plus de pouvoir dans les mains du peuple. "La France … se risque à plus de démocratie parlementaire. Cette entreprise hasardeuse n'apparait qu'au deuxième coup d'œil. Au premier abord, les attaques portées par les députés et les sénateurs sur la façon d'agir de Nicolas Sarkozy n'ont même pas semblé audacieuses. Certes, les députés réunis lundi soir au château de Versailles ont repris près de la moitié des articles de la Constitution. … Mais si l'on se penche sur les innovations âprement disputées, on n'observe rien de spectaculaire. … Les dispositions sont celles que l'on retrouve dans les constitutions d'autres Etats européens. Elles ne constituent une réforme audacieuse que si l'on prend en compte le contexte de l'histoire française. … La Constitution du pays que l'on doit à Charles de Gaulle était jusque là empreinte d'une profonde méfiance à l'encontre du peuple et de ses représentants. De l'avis de certains néogaullistes, … Sarkozy a [donc] encouragé un retour à une époque ancienne et instable." (23.07.2008)

Le Monde - France

Quatre députés socialistes critiquent dans Le Monde le rejet de la réforme constitutionnelle par leur parti : "L'adoption de la réforme constitutionnelle conduit à s'interroger sur la pertinence de la stratégie du Parti socialiste. Au final, il n'aura été ni en capacité de faire échec à cette réforme ni en situation de l'infléchir. … En réalité, cette réforme s'est attelée à revaloriser les pouvoirs du Parlement et à donner des droits nouveaux aux citoyens. … Il n'en reste pas moins que le PS doit s'interroger sur sa stratégie de parti d'opposition. Sa disqualification résulte de son incapacité à s'abstraire d'une forme d'anti-sarkozysme pavlovien qui le conduit à s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République. Cette ligne de conduite est dangereuse … Elle nous éloigne des Français qui n'écoutent plus un parti réfugié dans une opposition caricaturale." (22.07.2008)

POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

Karadžić : ce n'est qu'un début

L'arrestation du criminel de guerre présumé Radovan Karadžić n'était, selon le quotidien conservateur Lidové noviny, que le premier obstacle sur le chemin qui mène la Serbie à l'adhésion de l'UE. Le problème majeur est la reconnaissance du Kosovo : "La question est de savoir ce que les Serbes sont prêts à sacrifier [pour l'adhésion à l'UE]. … Les craintes de troubles éventuels suite à l'arrestation de Karadžić étaient inconsistantes. Moins d'une centaine de personnes se sont rassemblées à Belgrade. Le plus gros obstacle - le Kosovo - demeure. Comment veut-on adhérer à l'UE quand on ne reconnaît pas un Etat que la majorité des Etat de l'UE ont reconnu ? C'est difficilement compatible. Et pour de nombreux Serbes, la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo sera beaucoup plus difficile à digérer que l'arrestation de Karadžić. … L'UE ne se contente pas de dispenser des paroles approbatrices, elle demande également à ce que le travail désormais commencé soit mené à bien." (23.07.2008)

To Ethnos - Grèce

Colère contre l'Allemagne

D'après un rapport d'essai de la Commission européenne, la Bulgarie risque en raison d'une corruption importante de devoir rembourser des aides européennes à hauteur de plusieurs milliards d'euros. Le quotidien To Ethnos critique la position de l'Allemagne quant à ces possibles sanctions. "Cette campagne allemande contre la Bulgarie, actuellement accusée de corruption par la Commission européenne, est peu convaincante. Les cas de corruption avancés par l'UE sont sûrement vrais. … Les Allemands le savaient déjà quand ils ont décidé pour des raisons politiques d'intégrer la Bulgarie et la Roumanie, deux pays qui n'étaient absolument pas prêts. … Berlin a délibérément modifié les critères d'adhésion à l'UE pour servir ses ambitieux objectifs géopolitiques. … Pourquoi [les Allemands] pleurent-ils maintenant ? Ils n'ont peut-être pas eu les appels d'offres qu'ils désiraient obtenir en Bulgarie ?" (22.07.2008)

Sme - Slovaquie

Des bombardiers russes à Cuba ?

En réponse à la mise en place du bouclier antimissile américain en République tchèque et en Pologne, la Russie envisage de stationner des bombardiers stratégiques à Cuba. Le quotidien libéral Sme critique ce geste qu'il qualifie d'impérialiste : "On peut discuter à l'envi du projet de radar en République tchèque et des missiles en Pologne, ainsi que de la supposée nécessité de ces dispositifs. Or, le bon sens nous dit que dans les deux cas, il ne s'agit pas d'armes offensives. Si les Russes devaient lancer une offensive massive avec des missiles, le système américain ne vaudrait rien. Moscou est le mieux placé pour le savoir. … Le projet russe de revenir éventuellement à Cuba a des origines plus anciennes que la Guerre froide. Elle correspond à une logique impérialiste : personne n'a le droit de nous priver d'une chose qui nous appartenait par le passé - à savoir les anciennes colonies que sont la République tchèque et la Pologne. Et puisqu'elles sont déjà perdues, il faut à tout prix les récupérer." (23.07.2008)

Les Echos - France

La France, puissance moyenne

Les Echos commente les conséquences de la restructuration de l'armée française : "La France n'a toujours pas compris qu'elle n'est plus une grande puissance. … Le désarroi est d'autant plus fort que l'image volontariste qu'a donnée Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, et qu'il cherche à entretenir depuis, a sans doute entretenu dans les esprits un rêve quasi bonapartiste d'une France puissante et fière. … Lorsqu'en 2005 ils votent 'non' au référendum sur le nouveau traité européen, de nombreux Français sont convaincus qu'ils n'ont pas besoin de l'Europe et que des barrières à leurs frontières les protégeraient bien mieux d'un monde menaçant. … Si [la France] veut retrouver une place de premier rang, elle doit marier ses talents et ses forces avec d'autres nations européennes. L'Europe n'est plus une option, c'est une nécessité." (22.07.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Vers une balkanisation de la Grande-Bretagne ?

Dans le quotidien The Guardian, l'historien Tristram Hunt s'inquiète, à la veille des élections complémentaires pour la Chambre des communes dans la circonscription de Glasgow Est, de l'avenir du Royaume-Uni : "Plutôt que d'éradiquer le nationalisme, le Parlement écossais et l'Assemblée nationale galloise n'ont fait qu'intensifier leurs appels, au-delà des partis, à la balkanisation de la Grande-Bretagne. Le scénario catastrophe pourrait ressembler à cela : une adminitration du Parti national écossais persiste à Holyrood [le siège du gouvernement écossais] et cherche à obtenir un référendum pour l'indépendance. Parallèlement, un gouvernement Tory à Westminster, élu sans un seul siège écossais, ne voit aucune raison de se battre pour préserver un système qui impose 39 députés du Labour écossais à la Chambre des communes. Après 2010, les deux partis des gouvernements d'Edimbourg et de Londres cherchent à défendre leurs propres intérêts et donnent le signal de la destruction de l'Union. … Le soin a été laissé à Gordon Brown de ressouder l'Union avec ses grands discours sur la liberté, l'Etat de droit et le 'British way of life' (mode de vie britannique). La triste vérité, c'est que le fleuve de l'histoire suit un cours foncièrement différent. De la Slovaquie au Kosovo en passant par le pays anciennement connu sous le nom de Belgique, la tendance est plutôt à des entités nationales plus petites, codifiées sur le plan ethnique, au détriment de fédérations civiles plus larges." (23.07.2008)

RÉFLEXIONS

La Vanguardia - Espagne

L'UE s'éloigne de l'Amérique latine

Le sociologue argentin Juan Gabriel Tokatlian craint que les relations entre l'Amérique latine et l'Europe ne se dégradent : "Pour l'Amérique latine, l'Union européenne est coincée dans un labyrinthe inquiétant. … L'objectif d'une constitution a été rangé au placard tandis que la droite continue de gagner du terrain. Les frontières de l'unité européenne et la disparition des forces progressistes ont une influence négative sur les relations entre l'Amérique latine et l'Union européenne. … En dehors du cas de Cuba (l'UE vient de lever les sanctions contre La Havane), les signaux envoyés par Washington et Bruxelles sont peu distincts. Un grand nombre des positions européennes semblent plutôt s'orienter sur une dynamique des élections ainsi que sur la volonté de créer des ponts avec Washington, au lieu de suivre une politique fidèle à ses principes et une stratégie cohérente. D'autre part, l'Europe prétend être intéressée par le développement des relations économiques mais ne fait pourtant pas de concessions décisives, pour parvenir par exemple à un accord entre l'UE et le Mercosur." (23.07.2008)

Der Tagesspiegel - Allemagne

McCain critique Obama

Le quotidien Der Tagesspiegel publie un essai du candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, dans lequel il critique la position de son adversaire démocrate, Barack Obama, concernant la guerre en Irak. Le New York Times s'était, au préalable, décidé contre la publication de ce commentaire. "Aujourd'hui … la violence a encore reculé de 80 pour cent, même si l'on compare avec les taux les plus bas des quatre dernières années ;… Cette baisse est à attribuer en premier lieu à l'augmentation du nombre de troupes et à un changement de stratégie. … Le succès de ces mesures n'a rien changé au discours du sénateur Obama qui annonce qu'il retirera toutes nos troupes de combat. … Même si le sénateur Obama donne volontiers cette impression : personne n'est pour une présence américaine permanente en Irak. Toute réduction du nombre de troupes [doit toutefois] dépendre des conditions sur place - non pas d'un plan basé sur des considérations artificielles de politique intérieure. Sur ce point précis, le sénateur Obama et moi-même sommes en désaccord. … Le danger [d'un retrait] est que des extrémistes ayant le soutien d'Al-Qaida et de l'Iran risquent de revenir en force - comme cela s'est déjà produit quand nous avions trop peu de troupes en Irak. … Cela prend même une tournure ironique lorsque [le sénateur Obama] répète justement la plus grosse erreur du gouvernement Bush et agite trop tôt la bannière 'Mission accomplie'. … Si nous ne gagnons pas cette guerre, nos ennemis le feront." (23.07.2008)

ÉCONOMIE

Balsas - Lituanie

L'adieu au pays à bas salaires

Grâce à une forte croissance mais aussi à l'émigration de nombre de ses habitants, la Lituanie connaît presque le plein emploi. Selon le portail d'information en ligne Balsas, cela pourrait pourtant ne pas durer : "Il y a toujours plus de licenciements de salariés parce que les entreprises investissent dans de nouvelles machines. Pendant longtemps nous étions un pays aux faibles coûts salariaux mais cela est maintenant révolu. Il est peut-être possible de produire à bas prix au Vietnam mais ce n'est plus le cas en Lituanie. En effet, les entreprises investissent davantage dans des procédés de travail plus efficaces et n'embauchent pas de nouveaux salariés. Mais il ne faut pas s'inquiéter, car si les investissements dans les technologies de pointe expliquent ces licenciements, c'est simplement une réaction aux salaires en hausse. De plus, ce type d'investissements montre que les entreprises ont l'intention d'avoir une activité durable en Lituanie." (23.07.2008)

CULTURE

Corriere della Sera - Italie

La culture comme ressource économique

Le quotidien Corriere della Sera critique les économies massives réalisées par le gouvernement Berlusconi dans les domaines de la culture et de l'éducation. "La protection de nos merveilles archéologiques, de la beauté de nos paysages, de nos valeurs, de nos vestiges historiques et de nos artistes a un prix. La politique culturelle suppose de gérer de l'argent de façon circonspecte et d'essayer de travailler si possible en couvrant les frais. La France et l'Allemagne investissent trois fois plus que nous dans la culture. Nous sommes dans les derniers en Europe bien que nous disposions de plus de trésors que tous les autres pays réunis. L'édition, le théâtre, la musique, la danse et les arts plastiques ont un avenir sombre devant eux. Suite à la suppression des taxes foncières, les autorités locales sont contraintes de faire une croix sur l'offre culturelle. La culture ne représente pas un intérêt stratégique pour la droite au gouvernement." (23.07.2008)

COULEURS LOCALES

Le Monde - France

A Berlin, on n'échappe pas à l'histoire

Le Monde commente le choix du lieu du discours que tiendra le candidat à la présidence américaine Barack Obama demain à Berlin : "Ici, on n'échappe pas au passé. M. Obama avait prévu de prononcer un discours devant la porte de Brandebourg, le monument symbolique de la capitale allemande, symbolique de la division de la ville, de l'Allemagne, de l'Europe et du monde en deux blocs antagonistes au temps de la guerre froide. … Finalement, M. Obama devrait prononcer son discours au pied de la Siegessäule, la colonne qui célèbre la victoire de la Prusse sur le Danemark, … l'Autriche … et la France. … Ce sont des dates moins grandioses pour l'Europe. A quoi s'ajoute que cette colonne de la Victoire, qui se trouvait à l'origine devant le Reichstag, a été plantée par les nazis au milieu du Tiergarten. … A Berlin, il n'y a pas de lieu neutre. … C'est aussi parce que les Allemands ont décidé de ne pas oublier." (22.07.2008)

Information - Danemark

Des sex toys dans les pharmacies suédoises

Les pharmacies suédoises proposent depuis peu dans leurs étals toutes sortes de sex toys. Le quotidien danois Information salue cette innovation dans le pays voisin : "L'idée de départ est simple et juste : si les sex toys permettent davantage de sexualité, cela entraîne donc une amélioration de la santé, qui contribue à une augmentation de l'espérance de vie. La nation est alors mieux équipée dans la concurrence avec les autres pays. … Une population qui fait plus l'amour est [par conséquent] une population plus productive, qui induit moins de frais pour le système de santé. … Mais tout n'est pas que santé florissante dans le paradis suédois. D'après une nouvelle étude du magazine Glamour, les femmes suédoises préfèrent faire l'amour sur la plage et à la mer. Si l'on songe au climat instable et aux nombreux moustiques et tiques, on est en droit de se demander s'il est sain de le faire hors de chez soi. Le plus sûr c'est de porter un casque de vélo et des genouillères, afin que cela ne se termine en dommages corporels contreproductifs et en arrêts maladie !" (23.07.2008)

 

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