À la une de lundi, 26. février 2007
L'Europe peut-elle assurer seule sa défense ?
La République tchèque, la Pologne et le Royaume-Uni ont entamé des négociations avec les Etats-Unis en vue de l'installation sur leurs territoires d'éléments d'un bouclier antimissile américain. La Russie a vivement critiqué l'implantation à sa porte de ce système de défense. La presse regrette que l'Europe ait besoin des Etats-Unis pour se protéger et appelle à la mise en place d'une politique européenne de la défense.
Die Presse - Autriche
Erich Reiter, expert autrichien des questions militaires, explique la réaction violente du président russe Vladimir Poutine au projet américain de bouclier antimissile. "En réalité, la Russie n'est plus une grande puissance. Elle n'est qu'un immense pays souffrant d'énormes problèmes, dont la croissance économique ne repose pas sur les technologies de pointe mais sur les exportations de matières premières. Sa population diminue, son armée autrefois glorieuse se délite. Les armes nucléaires stratégiques sont tout ce dont la Russie dispose pour regagner son statut de grande puissance. Elle n'est plus à égalité avec les Etats-Unis sur ce plan. Mais elle est encore capable de contre-attaquer, et cette capacité peut perdurer encore longtemps malgré l'affaiblissement de l'arsenal nucléaire. A condition toutefois que le projet de bouclier antimissile ne se concrétise pas. C'est pourquoi la Russie fait feu de tout bois pour que ce projet ne voit pas le jour. Elle essaie notamment de déstabiliser les nouveaux alliés des Etats-Unis, ses anciens vassaux d'Europe de l'Est." (26.02.2007)
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Trouw - Pays-Bas
"La Pologne et la République tchèque auraient mieux fait de choisir une politique européenne de sécurité", suggère le quotidien. "Un bouclier antimissile, cela sonne bien. Particulièrement quand les missiles viennent de l'Iran ou de la Corée du Nord. (...) Mais il existe de sérieuses interrogations. Les trois Etats [Pologne, République tchèque, Etats-Unis] ont pris une décision en excluant toute consultation de l'UE ou encore de l'OTAN. (...) La Pologne et la République tchèque auraient pu choisir une meilleure voie. L'UE ou l'OTAN auraient été plus à même de coordonner des solutions régionales contre les menaces extérieures, venant de Russie ou de pays comme l'Iran ou la Corée du Nord. Bien sûr, la politique de sécurité européenne est encore embryonnaire, mais elle ne mérite pas d'être condamnée à mourir avant même d'être née." (26.02.2007)
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Le Monde - France
Le quotidien regrette que l'UE se repose sur les Etats-Unis pour assurer sa défense. "Les Américains affirment que ce système antimissile pourra également servir, en cas de besoin, à la défense de l'Europe. C'est rassurant. Mais, si ce bouclier reste purement américain, les Européens se trouveront plus que jamais tributaires des Etats-Unis pour leur défense. Sans doute les Vingt-Sept peuvent-ils être tentés de convaincre Washington de participer à un programme élargi dont le coût est si énorme qu'il dépasse de loin les possibilités financières de l'Union européenne. Mais, là aussi, les obstacles ne manquent pas. En l'absence d'une forte volonté politique, l'Europe de la défense qui s'esquisse fait totalement l'impasse sur la dimension nucléaire de la sécurité. Laissant une fois encore le champ libre aux Américains." (24.02.2007)
» article intégral (lien externe, français)
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The Economist - Royaume-Uni
"Tony Blair mène discrètement une campagne depuis l'automne dernier pour s'assurer de l'installation au Royaume-Uni du système d'intercepteurs de missiles", a appris l'hebdomadaire. "Blair est apparemment convaincu que ce système de défense antimissile - longtemps ridiculisé dans les cercles européens comme une fantaisie coûteuse de 'Guerre des étoiles' - fonctionne à présent. M. Blair est certain qu'accueillir des intercepteurs améliorera la sécurité britannique et américaine. (...) Ces dernières semaines, il a appelé à deux reprises le Royaume-Uni à conserver sa capacité à exercer un pouvoir 'fort' ou militaire pour pouvoir exercer le pouvoir 'doux', celui de la diplomatie et du maintien de la paix que beaucoup de ses voisins européens préfèrent. (...) Le système est un processus en cours : il a commencé à être installé alors que certaines de ses parties ne sont pas encore conçues. A ce jour, les Etats-Unis ont misé 90 milliards de dollars dessus en se disant qu'un système de défense imparfait valait mieux que rien du tout dans un monde dangereux. Une fois de plus, M. Blair partage l'avis des Etats-Unis. Un site britannique pour les missiles - qui ne pourra être construit qu'après une lutte interne - lierait le Royaume-Uni à cette vision du monde pour toute une génération. C'est peut-être exactement ce que veut M. Blair." (23.02.2007)
» article intégral (lien externe, anglais)
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