05.07.2009

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À la une de mardi, 15. juillet 2008


Le retour de la crise bancaire

La crise bancaire internationale reprend de plus belle : le week-end dernier, les autorités financières américaines ont dû sauver de la faillite deux banques spécialisées en refinancement de crédits immobiliers, Fannie Mae et Freddie Mac, en leur accordant un prêt d'urgence de 300 milliards de dollars. Que signifie cette nouvelle crise pour les marchés européens ?


El País - Espagne

Après la décision du gouvernement américain d'aider de grands établissements financiers à sortir de la crise en injectant de l'argent public, le quotidien El País somme les décideurs européens de regarder de très près ce qui se passe sur le marché financier américain. "Cette crise révèle que le système financier des Etats-Unis, celui qui est le plus sophistiqué et qui compte le plus grand nombre de grands établissements financiers, n'est pas le mieux contrôlé. … L'Europe devrait faire très attention. Ses autorités devraient prévoir des réponses à d'éventuels problèmes semblables à ceux que nous observons dans le principal système financier du monde. Il est temps d'intervenir sur des marchés qui se sont montrés bien loin d'être aussi efficaces que l'administration de George W. Bush elle-même ne l'avait laissé entendre." (15.07.2008)


NRC Handelsblad - Pays-Bas

La crise bancaire internationale pourrait aussi toucher l'Europe. C'est ce que montrent les grosses difficultés de la banque belge Fortis, estime le quotidien interrégional NRC Handelsblad, : "Les événements américains semblent ne pas concerner l'Europe mais l'absence de signes ne constitue pas une garantie. Rien n'indique que la crise financière ait déjà atteint son point le plus bas. La question est de savoir quelle est la gravité des problèmes de Fortis. … Les difficultés que connaît cette grande banque sont néfastes pour la confiance des consommateurs dans les établissements financiers en général. Elles le sont d'autant plus à l'heure où les banques ont déclaré ouverte la chasse à l'épargne inutilisée et mal utilisée. Elles le font avec des offres à taux d'intérêts spéciaux et dans l'attente que les taux continuent à augmenter. Mais l'expérience de Fortis a malheureusement montré que les paroles réconfortantes et les beaux chiffres prédisent parfois bien peu de chose." (15.07.2008)


The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Pour le quotidien The Daily Telegraph, la nouvelle crise financière aux Etats-Unis aura de graves répercussions sur le système bancaire britannique : "L'intervention d'urgence des autorités américaines a réduit à néant les espoirs selon lesquels le pire était passé. Dans la situation actuelle, c'est même un signe que la tendance baissière en Grande-Bretagne va se poursuivre. Malgré les différences structurelles, le résultat final pour les deux pays est relativement semblable. Les choses vont tellement mal qu'aucun institut financier d'envergure n'a le droit d'échouer. Dans la pratique, les deux gouvernements - autrement dit, les contribuables - soutiennent implicitement les principaux établissements financiers. … L'alternative possible est un effondrement de la confiance dans le système bancaire. Mais cela ne change rien au fait que la situation est déjà un énorme échec. Pour l'instant, nous sommes bloqués avec un système qui permet aux banques en danger de transférer la responsabilité aux contribuables et de s'en laver les mains." (15.07.2008)


Financial Times Deutschland - Allemagne

Pour le quotidien économique Financial Times Deutschland, le plan de sauvetage de la Banque centrale américaine pour les organismes de refinancement hypothécaire, proches de l'Etat, Fannie Mae et Freddie Mac, est "un aveu d'impuissance, mais un aveu d'impuissance qui était urgemment nécessaire et qui va nettement détendre la situation sur les marchés financiers. … C'est politiquement gênant, car les hommes politiques américains s'étaient par le passé toujours fermement refusés à une telle responsabilité. Mais c'est judicieux sur le plan économique, car cette réduction officielle des risques écarte les pires scénarios catastrophes. … Dans le meilleur des cas, ce signal suffira à rétablir la confiance sur les marchés, de façon à ce qu'aucune aide de l'Etat ne sera nécessaire au final. Dans le cas le moins favorable, la politique devra réalimenter le système - à l'aide d'injections financières de l'Etat et d'une quantité d'argent fraîchement imprimé, poussant l'inflation." (15.07.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 15. juillet 2008

 

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