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01.12.2008

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À la une de mercredi, 16. juillet 2008


Crise au cœur de l'Europe

Le Premier ministre belge, Yves Leterme, a démissionné 100 jours seulement après sa prise de fonction. Son gouvernement n'est pas parvenu à résoudre la querelle entre les différents groupes de populations en Belgique pour une plus grande autonomie. Quelle est l'importance, pour le reste de l'UE, de cette crise étatique au cœur de l'Europe ?


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung estime que la crise gouvernementale en Belgique aura des répercussions sur toute l'Europe. "Si l'on recherche les causes de la crise qui vient de reprendre en Belgique, on peut difficilement éluder la responsabilité du chef du gouvernement belge et de ses agissements malheureux. … Mais avant de commencer à dénigrer l'incapacité politique de la petite Belgique, il faudrait réfléchir au point suivant : si les Flamands réclament avec véhémence une plus grande autonomie régionale et que les Wallons s'y opposent farouchement, toutes les manœuvres politiques sont toutefois bien empreintes d'aspirations profondes à l'autodétermination, l'identité et l'appartenance. La quête difficile des Belges d'un nouvel équilibre intérieur n'est pas un folklore local. Cela concerne toute l'Europe." (16.07.2008)


Postimees - Estonie

Le quotidien estonien Postimees pressent les importantes difficultés que la crise gouvernementale en Belgique risque de poser à l'Union européenne : "La Belgique est le pays le plus décentralisé de toute l'Union européenne. Les régions de la Flandre et de la Wallonie disposent de leur propre Parlement et de leur propre gouvernement mais la querelle linguistique s'est considérablement aggravée aux cours des dernières années. Tout d'abord, il leur a fallu 200 jours pour former un nouveau gouvernement qui n'en a tenu que 100. L'Europe occidentale est-elle toujours aussi convaincue, après les développements en Belgique, qu'il n'y a qu'en Europe de l'Est où les gouvernements sont instables ? Ou bien va-t-on maintenant déléguer une mission de l'OSCE en Belgique pour enquêter sur d'éventuelles violations des droits de l'homme ? Il est déjà suffisamment ironique de constater que la paralysie d'un Etat membre de l'UE peut bloquer l'Union toute entière. Dans certains processus, la participation et l'approbation de tous les membres sont en effet nécessaires. De ce point de vue, la situation en Belgique est aussi intéressante pour nous en Estonie." (16.07.2008)


La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica redoute que la Belgique sous sa forme actuelle "ne disparaisse de la carte de l'Union européenne. … A l'horizon politique se profile un gouvernement francophone, on évoque le nom de Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Finances, et président des libéraux francophones. … Le débat politique national connaît en même temps une évolution qualitative, passant du niveau fédéral actuel, avec les négociations des partis au gouvernement sur les entités fédérales, au niveau communautaire, avec les négociations directes des Communautés entre elles. En raison d'une situation économique difficile et d'un des plus hauts taux d'inflation de l'UE, cela pourrait être la dernière opération de sauvetage visant à empêcher la disparition de la Belgique en tant qu'Etat." (16.07.2008)


NRC Handelsblad - Pays-Bas

La Belgique, Etat multinational, pourrait être un exemple pour l'Europe, écrit le poète Benno Barnard dans le quotidien interrégional NRC Handelsblad : "De nombreuses personnes pensent que la fin de la Belgique serait une bonne idée malgré tout. Ils alimentent ainsi le plus grand monstre de l'histoire européenne moderne. Ce monstre est le nationalisme ethnique, qui mange dans la main du Vlaams Belang. … La Belgique offre tous les avantages d'un Etat plurinational. Nous, les habitants d'un pays situé à la frontière du monde germanique et romain, sommes de véritables Européens par notre situation, notre culture et notre histoire. … Les tensions sont fâcheuses mais elles favorisent notre démocratie. … Et je n'ai pas encore évoqué le regard légèrement romantique que je porte sur la Belgique comme modèle pour une possible Europe réunie : une Europe brouillonne, contradictoire et perpétuellement irritée. C'est ce à quoi ressemble la réalité d'un Etat multinational. A la Belgique, en gros." (16.07.2008)


De Standaard - Belgique

Après la démission du Premier ministre belge, Yves Leterme, le quotidien De Standaard évoque les possibles sorties de crise : "Il est désormais plus clair que jamais que le pays qui se nomme Belgique doit être complètement rénové. Qu'un nouveau dialogue approfondi doit être établi dans les relations entre les Communautés entre elles, et dans les relations entre le gouvernement fédéral, les Communautés et les communes. … Les consultations que le roi Albert a de nouveau recueillies hier n'ont des chances de succès, que si la Cour et tous les membres de l'Etat concernés n'acceptent de prendre en considération que le pays doit évoluer d'un modèle fédéral déséquilibré à un modèle confédéral solidaire. Sinon, nous nous heurterons, avec ou sans Leterme, aux limites de notre système actuel. Redéfinir ces limites est la meilleure garantie d'une politique sociale, économique et écologique qui soit orientée vers les besoins de la Flandre, de Bruxelles et de la Wallonie. C'est-à-dire de tous les Belges." (16.07.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 16. juillet 2008

 

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