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02.12.2008

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À la une de jeudi, 31. juillet 2008


Décision en Turquie

La Cour constitutionnelle turque a rejeté la demande d'interdiction du parti au pouvoir, l'AKP. La décision a été prise de justesse : six juges sur onze ont approuvé la demande alors que sept voix suffisaient pour prononcer l'interdiction. La moitié de l'aide du Trésor public accordé au Parti à tendance islamique du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, lui a toutefois été retirée. La presse européenne débat de l'importance de cette décision pour la Turquie et pour l'Europe.


The Times - Royaume-Uni

D'après le quotidien The Times, l'issue de la procédure d'interdiction à l'encontre du parti au pouvoir, l'AKP, est "la victoire remarquable d'un gouvernement populaire et compétent, une décision importante quant au rôle de l'Islam dans un Etat séculier moderne et un triomphe pour la démocratie turque. … L'Union européenne a exprimé son soulagement de voir que la menace d'interdiction, perçue comme antidémocratique, a été levée, et que les négociations d'adhésion en cours avec la Turquie ne sont plus compromises. Seule l'institution militaire renfrognée et puissante, considérée comme la force motrice derrière la tentative d'éviction de l'AKP du pouvoir, est restée étrangement silencieuse. … Cette décision est … très importante dans le but d'apaiser une atmosphère politique fiévreuse, de rassurer les investisseurs étrangers et de renforcer le principe démocratique en Turquie. Ses répercussions vont bien au-delà. Elle va montrer aux Islamistes modérés d'autres pays que l'Islam est compatible avec la démocratie et qu'ils peuvent et doivent avancer dans un cadre juridique séculier pour atteindre leurs objectifs spirituels. C'est un message d'une importance cruciale et bénéfique pour le monde musulman." (31.07.2008)


Die Presse - Autriche

Le quotidien Die Presse juge positive la décision de la Cour constitutionnelle turque de ne pas interdire le parti AKP : "C'est une décision qui s'est jouée à peu de chose, mais une bonne décision. Suite à celle-ci, le parti turc au pouvoir, l'AKP, peut poursuivre son exercice périlleux entre Islam et réformes occidentales. La lueur d'espoir pour l'avènement d'une Turquie moderne n'a pas été éteinte par les juges. … Il faut espérer qu'à l'avenir, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan … se dispensera d'essayer de renforcer la religion. La Turquie ne peut réussir que si elle conserve son orientation séculaire. Si les juges avaient interdit l'AKP, le pays serait en crise. Une crise dont on ne pourrait pas voir l'issue. Une telle interdiction aurait contribué à radicaliser la politique. Elle aurait renforcé une armée douteuse et avec elle l'ensemble des forces nationalistes rétrogrades. Elle aurait enfin attribué un nouveau rôle de martyr à l'Islam." (31.07.2008)


Frankfurter Rundschau - Allemagne

Après la décision de la Cour constitutionnelle turque, le quotidien Frankfurter Rundschau demande une réorientation de la politique du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan. "Le Premier ministre turc le sait : il ne peut pas passer tout simplement au chapitre suivant. En tout cas, il ne peut pas revenir à son agenda religieux auquel il s'est presque exclusivement consacré au cours de l'année dernière, après que sa réélection triomphale lui est probablement montée à la tête. … Erdoğan n'a jamais pris au sérieux les craintes de nombreux Turcs pro-occidentaux d'une islamisation du pays, et ce, malgré son intention maintes fois répétée d'être 'le Premier ministre de tous les Turcs'. Ou d'écouter également ses détracteurs, de décider avec eux : c'est ce qu'Erdoğan doit encore apprendre. Le Premier ministre turc devrait également enfin veiller à combler le déficit démocratique considérable de son pays, au lieu de prendre unilatéralement fait et cause pour les intérêts de pieux Musulmans. La liberté religieuse et les droits civiques doivent être garantis pour tous en Turquie, pour les Chrétiens et les Kurdes également. Il n'y à rien à attendre sinon d'une perspective européenne." (31.07.2008)


La Repubblica - Italie

Suite au verdict de la Cour constitutionnelle turque, le quotidien La Repubblica estime que beaucoup de travail attend le gouvernement du pays : Malgré l'aspect positif de la décision "qui met fin au climat d'insécurité, Erdoğan se rend compte que la Turquie a perdu un temps précieux, surtout en ce qui concerne son intention affichée depuis 2005 d'adhérer à l'UE. La réaction des responsables à Bruxelles est positive, le verdict permet à Ankara de poursuivre sur la voie engagée. Huit des 35 chapitres nécessaires à une adhésion à l'UE sont déjà sur la table des négociations et la présidence française souhaite en ouvrir deux autres afin la fin de son mandat. La Turquie retient son souffle." (31.07.2008)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 31. juillet 2008

 

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