08.01.2009
L'historien suisse Georg Kreis, enseignant à l'Institut européen de l'université de Bâle, rappelle que quatre des six pays signataires en 1957 du Traité de Rome, texte fondateur de la construction européenne, étaient encore des puissances coloniales à l'époque. La France a notamment veillé à ce que ses territoires coloniaux soient inclus dans le Traité. "La France cherchait-elle a perpétuer tranquillement son empire colonial ou à le liquider secrètement ? A long terme, elle visait certainement la première option, mais à moyen terme, c'est la seconde qui s'est réalisée. Le colonialisme national s'est directement transformé en colonialisme supranational. Dans l'intérêt de la France, ses partenaires européens ont acheté davantage de biens en provenance des colonies en les payant à des prix bien supérieurs aux prix du marché mondial. En outre, ils ont dû cofinancer les crédits accordés aux colonies, et cela n'avait rien à voir avec de l'altruisme. Il a fallu renoncer en apparence au colonialisme, afin de ne pas devoir l'abandonner complètement."
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