09.01.2009
Dans Le Monde, l'écrivain allemand Juli Zeh évoque l'antimilitarisme allemand : "Qui veut produire en Allemagne un roman ou un film sur l'armée doit opter pour l'humour. Le scénario pas trop dramatique, la fin pas trop tragique ! ... C'est au GI américain … qu'est dévolu le rôle de la superpuissance-superéquipée. Le troufion allemand, lui, est en toutes circonstances le comique de la troupe. Pourquoi ? Parce que la satire constitue le seul genre par lequel on appréhende l'uniforme aujourd'hui en Allemagne. Pour l'immense majorité des artistes, des écrivains et des intellectuels l'armée reste un tabou. … Quand j'étais au lycée, le service antimilitaire était obligatoire. … Sous les drapeaux n'allaient que les cons. … Qui allait au lycée était un "intellectuel" ; qui était considéré comme un intellectuel était de gauche ; et 'de gauche', ça voulait dire : contre l'armée. … J'ai passé l'âge où on se contente d'être pour la paix dans le monde. Contrairement à la période lycéenne, après ma visite en Bosnie je ne vois plus de sens à gueuler simplement contre l'armée institution après tout constitutionnelle et tragiquement nécessaire. Ce qui ne veut pas dire que je pense que toute intervention extérieure est au-delà de toute critique."
» article intégral (lien externe, français) Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Défense / Crises / Guerres, » Cinéma, » Littérature, » Spiritualité, » Allemagne Tous les textes disponibles de » Juli Zeh
» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 28. août 2008
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