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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 14.03.2007

 

À LA UNE

Le bouclier antimissile américain divise l'UE

Le projet des Etats-Unis d'implanter un bouclier antimissile en République tchèque et en Pologne a été vivement débattu à l'occasion de la Conférence sur la sécurité à Munich en février dernier. Face aux tensions croissantes sur ce sujet au sein de l'UE, la chancelière allemande Angela Merkel a proposé de placer le bouclier antimissile sous la responsabilité de l'OTAN.

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Népszabadság - Hongrie, Le Monde - France

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"Le bouclier antimissile est un vieux rêve des militaires américains. Ce rêve cause aujourd'hui une grande agitation : la Russie se sent menacée et Berlin est de plus en plus sceptique", écrit Jeanne Rubner. Le général Henry Obering, chef de l'Agence américaine de défense antimissile, fait actuellement la promotion du programme antimissile en Europe. "Il est urgent d'en parler, car le projet de Washington d'implanter des radars et des missiles en Europe de l'Est menace de diviser le continent. (...) Le bouclier antimissile vise à intercepter les missiles lancés par des Etats-voyous selon un système qui se compose de plusieurs étapes. (...) Le projet américain en Europe de l'Est, toujours en négociation, concerne précisément ces intercepteurs. Une dizaine de ces missiles intercepteurs sol-air seraient postés en Pologne et pilotés depuis une station radar implantée en République tchèque. Ces installations viendraient renforcer le bouclier déjà existant, des stations étant déjà implantées en Alaska, au Groënland et au Royaume-Uni." (14.03.2007)

Népszabadság - Hongrie

Péter Dunai observe que le différend autour du bouclier antimissile menace de diviser l'Europe. "Le projet de base antimissile met en évidence le fossé qui existe au sein de la communauté européenne. On craint même un réarmement. Moscou va probablement considérer les traités d'élimination des missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte (INF), dont la production a été interdite en 1987, comme nuls et non avenus. L'Allemagne, dépendante de l'énergie russe, réagit de manière particulièrement sensible : Gerhard Schröder et les sociaux-démocrates auraient tenté d'éviter à tout prix un conflit avec Moscou, mais les conservateurs ne se prononcent pas clairement en faveur du bouclier. Les critiques craignent que la République tchèque et la Pologne puissent devenir la cible d'attaques terroristes et reprochent à ces deux pays de ne pas avoir discuté avec leur alliés européens avant d'entamer les négociations avec les Etats-Unis." (14.03.2007)

Le Monde - France

Le chroniqueur Daniel Vernet appelle à "repenser la dissuasion pour l'adapter aux nouvelles menaces et la compléter par la défense antimissile. C'est ce que les Américains ont entrepris depuis quelques années, provoquant le scepticisme des Européens et l'indignation des Russes. Washington affirme que le système antimissile est dirigé contre des puissances moyennes détentrices de quelques fusées et non contre les grandes puissances qui ont la capacité de le saturer et de le rendre inopérant. Mais le déploiement de ces nouveaux moyens est un prétexte à une relance de la course aux armements qui contredit toutes les déclarations des premières années de l'après-guerre froide. Le seul moyen de parer à ce danger est d'internationaliser la défense antimissile." (14.03.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Eric Gujer et le rôle de l'Allemagne dans le monde

Eric Gujer, correspondant du quotidien en Allemagne, analyse la manière dont les Allemands perçoivent leur rôle dans la politique mondiale. "La politique étrangère allemande se trouve dans une phase de transition. Il s'agit d'abord de la perception que l'Allemagne a d'elle-même. La République fédérale est une puissance moyenne, disait-on jadis. Et elle est toujours perçue comme telle, bien que les conditions aient changé. La révision des structures du pouvoir établies à Potsdam en 1945 a fait perdre de l'importance à l'Union soviétique, aujourd'hui réduite à la Russie, mais également à la France, alors que la République fédérale compte parmi les grands gagnants du 'nouvel ordre mondial'. Elle ne tire plus sa force de sa puissance économique, comme au temps de la guerre froide. Avec une poignée d'autres Etats, elle possède la taille critique pour définir la politique internationale. L'Allemagne réunifiée est devenue une grande puissance, pourtant on se cramponne toujours à l'idéal suranné de puissance moyenne." (14.03.2007)

Die Welt - Allemagne

Andrzej Stasiuk regrette l'isolement des Polonais

Dans un entretien avec Gerhard Gnauck, l'écrivain polonais Andrzej Stasiuk décrit les relations des Polonais avec les Russes et les Allemands. "Je crains les Allemands et les Russes, je les méprise les uns comme les autres, je les admire. Peut-être est-ce le destin de la Pologne de méditer continuellement sur sa propre place en Europe et dans le monde. Etre polonais, c'est vivre dans la solitude la plus totale. Etre polonais, c'est être le peuple le plus à l'est du Rhin. Pour un Polonais, les Allemands sont en quelque sorte des machines bien conçues, des robots ;Les Russes en revanche sont un peu des animaux. La proximité avec la Slovaquie au Sud est une piètre consolation." (14.03.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Martin Wolf loue le libéralisme dans l'UE

Le chroniqueur économique Martin Wolf considère que le libéralisme est le ciment de l'Union européenne. "La grande réussite de l'UE est d'avoir permis l'édification de 'l'Etat service' coopératif. Un tel Etat a pour mission de servir ses citoyens, non de les dominer, et se montre prêt à collaborer avec d'autres Etats, sans leur imposer de diktat. Le génie des fondateurs fut de réaliser qu'une économie de marché contrainte par la loi était le moyen d'arriver à ce résultat. (...) Il s'agissait d'idées libérales (dans son premier sens européen, et non son étrange sens américain) (...). Les grandes réussites européennes ont été celles du libéralisme : l'union douanière, la politique en matière de concurrence, le marché unique, l'abolition du contrôle des échanges et la création d'une monnaie unique sous l'autorité d'une banque centrale indépendante. L'économie de marché n'est pas la seule idée libérale mise en œuvre au sein de l'UE. La démocratie représentative en est une autre. L'UE a lié l'Europe par un effort de coopération selon des règles précises entre Etats. Cet effort a réussi au-delà de toute comparaison possible." (14.03.2007)

POLITIQUE

Tygodnik Powszechny - Pologne

L'écologie, une préoccupation nouvelle en Pologne

En Pologne, le différend autour de la construction d'une route à travers la vallée de la Rospuda, placée sous la protection du réseau européen Natura 2000, a déclenché une vague de protestations. Plus de 10 000 Polonais ont signé une pétition contre ce projet et une centaine d'écologistes ont assiégé le futur tronçon de la 'Via Baltica'. La Commission européenne, opposée au projet, a menacé de déposer une plainte contre la Pologne devant la Cour européenne de justice. Michal Olsewski se félicite que la protection de l'environnement ait pris davantage d'importance en Pologne. "Peu importe de quel côté se rangent les politiciens européens, le conflit a déjà des conséquences positives. Son escalade nous a permis de lancer le débat sur l'état de l'environnement en Pologne. (...) L'affaire de la Rospuda a permis de poser la question du prix du développement - une question que personne n'a encore jamais posé officiellement en Pologne. (...) Le mot magique du 'progrès' est à l'origine de toutes les destructions. Il est temps que cela change." (12.03.2007)

La Repubblica - Italie

Benoît XVI s'oppose aux lois "contraires à la nature humaine"

Dans le texte 'Sacramentum caritatis', une exhortation apostolique publiée le 13 mars, le pape Benoît XVI appelle les catholiques à refuser les lois "contraires à la nature humaine", l'avortement, l'euthanasie, les unions homosexuelles. "Quand l'Eglise choisit de prohiber", titre à ce sujet Giuseppe Alberigo, professeur d'histoire de l'Eglise à l'université de Bologne. "Je note que beaucoup des comportements censurés par le pape (par exemple la participation des divorcés aux sacrements) sont pourtant pratiqués par une majorité de fidèles. Je pense à l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI, analogue par bien des aspects, qui avait été totalement rejeté par l'ensemble du monde catholique. (...) L'exhortation a une portée générale et ne se focalise pas directement sur les problèmes italiens. Toutefois on ne peut pas ignorer, surtout depuis les discussions de ces dernières semaines [autour d'une loi sur l'union homosexuelle] la partie qui touche directement les législateurs de foi catholique. Il s'agit d'un rappel opportun, c'est même un peu un pléonasme". (14.03.2007)

Times of Malta - Malte

Les résultats des élections locales à Malte

"Les interprétations des élections locales à Malte samedi 10 mars seront aussi diverses que les partis politiques", souligne le quotidien dans un éditorial. "Les travaillistes sont clairement ressortis comme les vainqueurs de cette compétition. (...) Ces derniers affirment que le scrutin de samedi était un signal envoyé par les électeurs qui voulaient un changement de gouvernement [les conservateurs sont actuellement au pouvoir à Malte]. Mais ils avaient déjà réagi de cette manière lors du scrutin de 2002. Et ils ont perdu l'élection générale l'année suivante. Le parti nationaliste explique pour sa part que les élections visaient le renouvellement de mandats locaux et que les électeurs ont exprimé leur préférence à un niveau local. Le parti nationaliste a ainsi loué au passage la maturité des électeurs, suffisamment éclairés pour comprendre le rôle des conseils locaux au sein du cadre démocratique. (...) Le problème est qu'ils savent tous les deux, au plus profond de leur cœur, qu'ils ne disent pas toute la vérité. Les résultats de samedi dernier ne peuvent ni être strictement reportés à l'échelle nationale, ni être pris de manière isolée." (12.03.2007)

Vasabladet - Finlande

Le problème des retraites en Europe

Peter Ehrström revient sur l'article publié dans 'Newsweek', intitulé 'The Lost Youth of Europe', qui décrit les conséquences du départ à la retraite de la génération née dans les années 40. "D'après cet article, on se trouve dans une véritable crise des générations. Le fossé qui se creuse rapidement en Europe ne divise pas les différentes classes, races ni même les sexes, mais les jeunes et leurs aînés. (...) En même temps, en Belgique par exemple, seuls 30 % des plus de 55 ans travaillent encore, bien qu'une retraite à 68, voire à 70 ans soit envisagée pour les générations futures. Personne ne peut dire comment la situation va évoluer avec un marché du travail qui manque cruellement de jeunes actifs et qui ne sait pas apprécier l'expérience des travailleurs plus âgés." (14.03.2007)

ÉCONOMIE

To Vima - Grèce

La Grèce impatiente de construire l'oléoduc Bourgas-Alexandroupolis

"Jeudi 15 mars aura lieu la troisième visite du président russe Vladimir Poutine à Athènes depuis septembre 2005. C'est un grand jour", affirme le quotidien grec. "Serguei Stanichev, Premier Ministre Bulgare est déjà arrrivé à Athènes et notre Premier ministre, Costas Caramanlis, tremble d'impatience. Les trois chefs d'Etats devraient enfin signer l'accord de construction de l'oléoduc reliant le port bulgare de Bourgas et au grec Alexandroupolis. C'est un chantier-clé pour la Grèce, qui va jouer un rôle majeur dans le transport énergétique. Cet oléoduc permettra d'acheminer le pétrole de la Caspienne jusqu'en Europe de l'Ouest. (...) Les deux précédentes visites de Poutine se sont soldées par un échec alors même que l'accord était prêt à être signé, mais cette fois le gouvernement grec ne laissera pas passer sa chance et fera tout pour rassurer les Russes [qui doutaient de la viabilité économique du projet]. Il ne faut plus perdre de temps et commencer la construction dès 2008." (14.03.2007)

Lidové noviny - République tchèque

Vers une taxe commune sur le gazole ?

Mardi 13 mars, la Commission européenne a proposé d'augmenter nettement la taxe sur le gazole. Pour Martin Weiss, cette décision n'a rien à voir avec la protection de l'environnement, mais vise à empêcher le 'tourisme à la pompe' des camions qui se rendent dans les pays voisins de l'Allemagne, pour profiter des prix du carburant bien plus bas. "Les Allemands aiment les taxes élevées, mais également les voitures puissantes à fort taux d'émission de gaz à effet de serre et la conduite sur autoroute sans limitation de vitesse. Même le prix élevé de l'essence ne les arrête pas. (...) Mais pourquoi le souhait d'un seul pays de taxer fortement le gazole doit-il également être imposé aux autres ? Le 'tourisme à la pompe' fait perdre chaque année quelque 2 milliards d'euros à l'Allemagne. C'est son problème. Ce n'est pas celui des pays de l'Est, qui se voient maintenant menacés par un 'tourisme à la pompe' en Russie." (14.03.2007)

CULTURE

Libération - France

Le Musée national estonien est un succès

Un an après l'ouverture à Tallinn du Musée national estonien, surnommé KUMU, la journaliste Marille Vitureau analyse les raisons de son succès. "Pour la première fois dans l'histoire du pays, un musée présente de manière permanente, et dans un même lieu, une collection d'art estonien de la fin du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, et ce, sans faire l'impasse sur les développements artistiques pendant les cinquante années soviétiques." Le public estonien apprécie d'avoir cet accès privilégié à la culture, note la journaliste. "Durant sa première année d'existence, le Kumu a reçu 200 000 visiteurs. Un énorme succès : la directrice Sirje Helme confie qu'elle aurait équilibré son budget avec cent fois moins de visiteurs." (14.03.2007)

COULEURS LOCALES

Evenimentul Zilei - Roumanie

La Roumanie veut inciter les émigrés à rentrer au pays

Au cours des prochains mois, le gouvernement roumain va prendre des mesures pour inciter les émigrés à revenir au pays. Marius Draghici leur recommande toutefois de bien réfléchir à un éventuel retour. "Les politiciens qui ont ruiné le pays ces 17 dernières années, les oligarques qui détiennent l'économie et le pouvoir entre leurs mains, les fonctionnaires qui nous ont humiliés, nous présentent maintenant la facture. (...) Ne rentrez pas au pays ! La Roumanie est bien loin de la normalité européenne. Elle est toujours pauvre et corrompue. Je sais à quel point c'est difficile pour vous. Je sais que vous êtes loin de vos enfants et de votre famille. Envoyez de l'argent à vos parents. Prenez vos enfants avec vous et envoyez-les à l'école en Europe. Economisez de l'argent pour vos vieux jours. Restez à l'étranger, vous le méritez. (...) Vous ne devrez revenir que lorsque vous serez convaincu que ce pays vous appartient, ainsi qu'à vos enfants et petits-enfants, et pas à cette bande de mafieux !" (14.03.2007)

 

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