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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 16.06.2008

 

À LA UNE

Le non irlandais au traité de Lisbonne

Le non irlandais au traité de Lisbonne

 

Le rejet du traité de Lisbonne par le référendum irlandais plonge l'Union européenne dans une crise profonde. Quelles sont les raisons du non des Irlandais, comment la politique européenne doit-elle gérer cette situation et comment envisage-t-elle l'avenir de l'UE ?

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Le Monde - France, The Irish Times - Irlande, Jornal de Notícias - Portugal, Rzeczpospolita - Pologne, SL Õhtuleht - Estonie, Elsevier - Pays-Bas, Pravda - Slovaquie, Cotidianul - Roumanie

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung craint que le non des Irlandais au traité de Lisbonne n'entraîne une renationalisation de la politique européenne : "Lorsqu'un peuple comme les Irlandais profite de l'UE comme presque aucun autre pays et réfute les résultats d'un débat ouvert sur des réformes qui a duré plus d'un an, il ne peut y avoir qu'une seule conclusion : l'UE est actuellement dans l'incapacité d'organiser une politique nouvelle. … L'Europe va connaître une renationalisation de la politique. … Les perdants sont déjà fixés sur un point : il y a les petits pays et les pays de taille moyenne au sein de l'UE. ... En cas de besoin, l'Allemagne et la France apportent à elles deux un poids suffisant dans la balance pour s'opposer par exemple aux exigences russes quant aux livraisons de gaz et de pétrole, ou pour exercer une influence dans des Balkans inquiétants. … Le vote irlandais [a] également fait subir d'importants dommages à l'UE en matière de politique extérieure. … Une UE dans laquelle un seul petit pays est capable de faire échouer des réformes importantes ne pourra ni être considérée comme un partenaire fiable et ni être prise au sérieux. … Les Irlandais étaient dans leur bon droit de refuser le traité de Lisbonne. ... Il faut qu'ils se demandent aujourd'hui, au même titre, ce qu'ils veulent encore faire au sein de l'UE." (14.06.2008)

Le Monde - France

Pour le quotidien Le Monde, la décision des Irlandais est peut-être une chance pour l'UE : "[L'Union européenne] se montre incapable d'adapter son fonctionnement aux élargissements successifs alors que l'accroissement du nombre de pays membres rend de plus en plus indispensable la réforme des institutions. … Que peuvent faire les Européens ? Le non irlandais montre qu'il n'est pas possible de réformer l'Union si la règle de l'unanimité n'est pas abandonnée. Or pour passer outre en l'état actuel des traités, il faut [paradoxalement] l'unanimité. Pour sortir de ce cercle vicieux, il n'y a qu'une possibilité : créer, à côté de l'Union européenne actuelle, une avant-garde composée de pays prêts à accepter la règle de la majorité qualifiée pour approfondir l'intégration. … Elle suppose des dirigeants convaincus que l'unité européenne est une ambition nécessaire. S'il aidait à cette prise de conscience, le vote des Irlandais serait finalement une chance pour l'Europe." (15.06.2008)

The Irish Times - Irlande

Après que les Irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne lors de leur référendum, l'entrepreneur Decal Ganley, la force motrice du camp du non, prend la parole dans le quotidien Irish Times : "Si l'Europe veut réussir et si elle veut conquérir le pouvoir qu'elle souhaite, elle doit être légitimée, or la véritable légitimité politique dans une société démocratique ne peut provenir que des votes dont les véritables choix ont été présentés. Je crois sincèrement que les électeurs européens veulent prendre une décision positive en faveur d'une nouvelle Europe, mais ils ne peuvent le faire que s'ils sont à même de demander des comptes aux décideurs centraux. … La plupart des Européens veulent voir notre Union grandir, prospérer et diriger et ils reconnaissent la nécessité d'une intégration plus large et plus profonde entre les Etats membres pour y parvenir. Selon moi, les électeurs l'acceptent. En échange, ils veulent toutefois conserver la possibilité d'exercer une véritable influence en vue d'une Union nouvelle, plus forte et plus crédible." (16.06.2008)

Jornal de Notícias - Portugal

Selon le quotidien Jornal de Notícias, une Europe politique unitaire est impossible : "L'Europe, déjà habituée aux blocages des minoritaires, est de nouveau en crise. Il a suffi qu'un pays représentant un pour cent de la population européenne refuse le traité de Lisbonne, et déjà personne ne sait plus ce qu'il adviendra d'un ensemble qui s'entête à rester une union économique pure, par ailleurs elle aussi en crise. Le plus petit des minoritaires bloque la volonté de la majorité des Européens et nous appelons cela une démocratie ? La vérité, c'est que les Irlandais sont les seuls qui ont eu la possibilité de se prononcer. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, quel que soit sa taille. Il est seulement étrange que les dirigeants européens n'aient pas empêché que si peu de personnes décident de l'avenir de tous. Cette époque est déterminée par les blocages des minoritaires. L'Europe politique n'existe pas, elle n'a jamais existé. L'Europe économique et sociale est un échec." (14.06.2008)

Rzeczpospolita - Pologne

Bronisław Geremek, ancien ministre des Affaires étrangères de Pologne et actuel député européen du parti démocrate libéral, se prononce, lors d'un entretien, contre le vote populaire concernant le traité modificatif de Lisbonne. "Demander à un citoyen s'il accepte ou non 450 pages de texte portant sur des problèmes juridiques compliqués - c'est absurde. C'est comme si on lui demandait s'il acceptait le code pénal. On ne peut pas demander à un citoyen moyen d'avoir une opinion à ce sujet. … Dans le cas du traité de Lisbonne, un document qui a été élaboré par l'élite, le principe de la démocratie représentative devrait s'appliquer. Cela signifie que les politiciens qui ont été auparavant mandaté par leur société, se prononcent en faveur de son adoption. … La sociologie de la politique montre que le rôle de l'élite a souvent été décisif par le passé. … Nous avons un système représentatif et c'est pour cette raison que la ratification du traité par le parlement semble être la solution adaptée." (16.06.2008)

SL Õhtuleht - Estonie

"La décision des Irlandais doit être respectée car ils ont leurs raisons pour ce refus. … Chaque Etat membre a le droit d'avoir son propre point de vue." (16.06.2008)

Elsevier - Pays-Bas

"Le traité de Lisbonne rejeté par les Irlandais n'est pas mort. Il est naïf de croire que toutes les voix au sein de l'Union européenne ont exactement le même poids dans la balance. L'Union européenne reste un projet d'élite." (16.06.2008)

Pravda - Slovaquie

"Nous avons adhéré à l'UE - hourra ! Nous avons ratifié le traité de Lisbonne - hourra ! Nous avons introduit l'euro - trois fois hourra ! Aucune analyse, aucun débat. Il n'est pas difficile de s'imaginer quelle aurait été l'issue d'un référendum dans notre pays." (16.06.2008)

Cotidianul - Roumanie

"Les Irlandais se sont prononcés dans leur référendum contre un traité qui devait faciliter et démocratiser les activités de l'UE sans que sa souveraineté n'en pâtisse. La solution doit désormais venir de l'Irlande." (16.06.2008)

POLITIQUE

Diário de Notícias - Portugal

Contre la directive européenne de reconduite aux frontières

Le quotidien Diário da Manhã décrit la nouvelle directive européenne visant à l'expulsion des immigrés clandestins comme une mesure draconienne : "Une directive qui autorise l'arrestation de mineurs n'est pas compatible avec les idées de l'UE. Cette directive devrait être rejetée par tous ceux qui vivent et travaillent au Portugal. En tant que pays des émigrés - cinq millions de nos nationaux vivent de par le monde - il est de notre devoir de s'opposer à de telles mesures draconiennes. Le sang neuf venant de l'Est, d'Afrique ou du Brésil a renforcé notre économie. … Dans un pays qui compte au mois cinq pour cent d'habitants nés à l'étranger, … nous devons dire 'non' à cette directive éhontée et à toute tentative de faire endosser les raisons de la crise de l'Europe aux immigrés." (15.06.2008)

La Razón - Espagne

L'indécision de l'Espagne sur le Kosovo

Quatre mois après sa déclaration d'indépendance, le Kosovo s'est doté d'une constitution. Le quotidien espagnol La Razón commente la position de l'Espagne vis-à-vis du Kosovo : "L'indécision de l'Espagne qui maintient toujours 600 soldats au Kosovo sans avoir reconnu l'indépendance du nouvel Etat, ne doit plus durer. Quand bien même les puissances européennes et les Etats-Unis admettent ce processus, l'Espagne devrait rester fidèle à sa position et ne pas soutenir la déclaration d'indépendante unilatérale. De plus, cette position semble incompatible avec le stationnement prolongé de nos troupes pour le soutien du Kosovo." (16.06.2008)

Politis - Chypre

L'avenir de l'Union pour la Méditerranée

Anna Papasava, de l'Institut de géopolitique Daedalos de Nicosie, commente dans le quotidien chypriote Politis la valeur stratégique de la future Union pour la Méditerranée. "Personne ne peut nier que la Méditerranée n'est pas seulement une mer mais aussi la synthèse de mondes différents dotés d'un héritage culturel et historique important. … La collaboration en particulier entre Européens et Arabes représente à elle seule un défi de taille. … Les souvenirs d'un passé où les colonialistes occidentaux étaient confrontés aux colonies orientales sont encore vifs. Afin qu'une telle Union puisse travailler efficacement, il est donc nécessaire de créer un sentiment de confiance et de solidarité entre les Arabes et les Européens. … En raison de son importance stratégique, Chypre a un rôle très important à jouer." (16.06.2008)

Dagens Nyheter - Suède

Glissades entre l'UE et la Turquie

"L'étrange match de l'Euro de football entre la Turquie et la Suisse, pendant lequel les joueurs glissaient continuellement sur une pelouse inondée, n'est peut être pas l'image la moins appropriée pour illustrer les rapports entre l'UE et la Turquie", écrit le quotidien Dagens Nyheter. Il y a, en effet, des problèmes à propos de la Turquie sur la route de l'Europe. "La semaine dernière, la Cour suprême a abrogé la loi qui aurait permis aux femmes portant le voile d'aller à l'université. Cela laisse penser que dans sa tentative d'établir un contrôle séculier de la constitution, il existe un risque important que la Cour interdise le parti islamiste à la tête du gouvernement, l'AKP. Quelques pays - dont la Suède - sont de fervents partisans d'une adhésion turque … afin de montrer au monde que les discours sur le 'choc des civilisations' est faux. D'un autre côté, certains pays - comme la France - profitent de la moindre occasion pour entretenir une attitude antimusulmane." (16.06.2008)

RÉFLEXIONS

The Independent - Royaume-Uni

La gauche et la droite échangent leurs places

Le quotidien The Independent décrit un développement surprenant dans le paysage politique britannique : Tandis que le parti travailliste social-démocrate propage l'état autoritaire, les conservateurs défendent les droits des citoyens libéraux. "L'historiographie racontera que les leaders conservateurs refusait de participer au moment où nos libertés étaient en jeu. … Des lignes et des partisans politiques se mélangent et se recomposent tandis que le New Labour prend la forme d'un tyran redouté. … Il est vrai qu'aujourd'hui des Noirs et des Asiatiques, visibles et clairement présents, apparaissent davantage dans les rangs des Tories [conservateurs] que dans ceux du New Labour. … La dissolution tout d'abord de l'idéologie politique, d'une vision morale puis de limites établies et maintenant de doctrines fondamentales qui guident le pouvoir de l'état, signifie que nous occupons un espace public libre et échauffé dans lequel, au même titre que dans la blogosphère, tout est permis." (16.06.2008)

CULTURE

De Morgen - Belgique

Une communion autoritaire

Le pape Benoît XVI a réintroduit "l'hostie sur la langue", l'hostie ne doit plus être déposée dans la main du fidèle lors des communions. Une réforme "plus que symbolique" pour le développement de l'église catholique romaine, écrit le quotidien De Morgen : "On peut évidemment dire : 'Et alors ?' Qui cela intéresse-t-il de savoir si les catholiques ont l'hostie déposée sur la main ou s'il sont contraints de le mette en conserve ou de le faire frire ? Pourtant, c'est important pour celui qui croit qu'une démocratie moderne multiculturelle a seulement un avenir lorsque la société peut accorder autant de place à différentes convictions et religions. … Benoît XVI est en train de bâtir une église qui tourne le dos à la société, qui met le monde de nouveau à genoux, recevant des ordres en latin que l'on n'est pas sensé comprendre mais accepter, simplement parce qu'ils sont dictés par le pape. Donc par Dieu. Bien, on nous demande de nouveau de tirer la langue à l'autorité, et ce, également sur commande. La seule chose que l'on puisse alors encore dire, c'est Amen." (16.06.2008)

COULEURS LOCALES

I Kathimerini - Grèce

Un personnel des musées peu aimable en Grèce

Le quotidien Kathimerini évoque la cessation de travail dans des musées grecs qui a provoqué des plaintes de la part des touristes : "'Quickly because we close' [vite, nous fermons]. C'est par cette injonction prononcée dans un anglais aux intonations grecques et par le signal d'une sirène (!) que les visiteurs du Musée national d'archéologie ont été conduits à la sortie à 15h - pour la journée internationale des musées. Le livre d'or des visiteurs était ensuite rempli de plaintes. … Que ce passe-t-il dans le monde d'ordinaire si tranquille des musées grecs ? Grèves des archéologues et des surveillants, horaires d'ouvertures qui changent. … L'Association des archéologues grecs a annoncée une grève de trois jours pour le 18 juin. Le motif de cette action est le projet de loi du ministère de la Culture de faire du nouveau Musée archéologique de l'Acropole une personne morale de droit public. … Le cadre juridique des musées est [pourtant] un aspect, la mentalité en est un autre." (16.06.2008)

SPORT

Jornal de Notícias - Portugal

Les gémissement sur les courts de tennis

Le quotidien Jornal de Notícias revient sur la requête de l'ex-tennisman Boris Becker d'interdire les gémissements des joueuses de tennis pendant les échanges : "Même le tennis est en crise maintenant. Boris Becker, ce rustre allemand qui a été numéro un mondial, demande à ce que les petits cris que poussent Maria Sharapova et Serena Williams lorsqu'elles se renvoient la balle soient interdits. Ceux-ci ont, selon lui, quelques chose de sexuel. J'ai personnellement commencé à regarder le tennis grâce à Shaparova …, et je serais très triste si elle devait prochainement jouer avec un bâillon et une bourka. L'UEFA pourrait par la suite interdire les accolades avec lesquelles les footballeurs célèbrent leurs buts. Après les routiers en colère, … il ne nous manquait plus que le chevalier de l'apocalypse des bonnes manières." (14.06.2008)

 

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