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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 17.06.2008

 

À LA UNE

Les discussions de l'OTAN en Ukraine

Les discussions de l'OTAN en Ukraine

 

La visite du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, à Kiev, a déclenché un nouveau débat sur l'adhésion de ce pays à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. En raison de la présence de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol, en Ukraine, la Russie est opposée à une adhésion de ce pays à l'OTAN, mais la résistance est vive en Ukraine également. Quel regard la presse européenne porte-t-elle sur ces débats ?

Extraits des publications suivantes:
Delo - Slovénie, Diário de Notícias - Portugal, Ziniu Radijas - Lituanie

Delo - Slovénie

Dans le cadre de la visite du secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer en Ukraine, le quotidien Delo évoque la dispute relative à la présence de la flotte russe de la Mer noire à Sébastopol. La ville sur la presqu'île ukrainienne de Crimée célèbre le 225ème anniversaire de sa fondation. "C'est justement [le président ukrainien] Iouchtchenko qui a été le plus déçu par le sommet de l'OTAN à Bucarest en avril. Il avait jusque là espéré être accepté avec la Géorgie dans le plan d'action MEP, qui correspondrait au premier pas vers une adhésion formelle. Or, le nouvel élève modèle de l'OTAN a deux gros problèmes : la résistance à l'adhésion, d'une part au sein même du pays et de la Russie voisine d'autre part. Le représentant du Premier ministre, Sergej Ivanov, a réitéré sa mise en garde. 'Je suis convaincu que le nombre des touristes russes va diminuer sur les plages de Crimée. Je doute fort que ceux-ci soient remplacés par des touristes américains, britanniques ou allemands. ' Ivanov a ainsi joué la carte du tourisme. 'Je salue les habitants de notre héroïque Sébastopol à l'occasion de son anniversaire', a-t-il ajouté. Au mot 'notre', l'Ukraine a fait la grimace." (17.06.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Le quotidien Diário de Notícias qualifie la possible adhésion de l'Ukraine à l'OTAN de provocation contre la Russie : "En Ukraine, les esprits se déchirent sur la question de l'adhésion à l'OTAN. Mais une éventuelle expansion de l'Alliance de l'Atlantique Nord inquiète surtout au Nord, en Russie. Moscou ne peut considérer l'expansion continuelle de l'OTAN vers l'Est … autrement que comme une attaque. … La Russie n'a plus la force de l'ex-URSS mais elle continue à se considérer comme une grande puissance. Et les grandes puissances n'aiment pas qu'on les irrite directement sur le pas de leur porte. Provoquer la Russie de Medvedev et de Poutine, sans que cela ne soit nécessaire sur le plan géopolitique, est inutilement risqué. Quant à savoir si l'adhésion de l'Ukraine est intéressante pour l'Alliance de l'Atlantique Nord, cela reste encore à prouver." (17.06.2008)

Ziniu Radijas - Lituanie

Le secrétaire général des Nations Unies Jaap de Hoop Scheffer est arrivé lundi à Kiev avec une délégation pour mener des discussions sur une possible adhésion de l'Ukraine. Malgré les protestations russes, le commentateur radio Ceslovas Iskauskas voit son pays sur le chemin de l'Ouest : "Quelle est cette belle expression déjà? La caravane passe. L'Ukraine est devenue le 13 juin membre du système de contrôle de l'espace aérien de l'OTAN et Kiev participe depuis longtemps aux opérations de l'Alliance que ce soit en Afghanistan, au Kosovo ou lors de l'intervention de patrouilles en Méditerranée. L'Ukraine se prépare à la participation aux troupes d'assaut rapide de l'OTAN qui sont envoyées temporairement dans les régions en crise. Toutefois, l'appareil militaire de l'Ukraine est en grande partie dépassé. De ce point de vue, les craintes de l'Occident selon lesquelles une adhésion du pays serait un lourd fardeau, se confirment." (17.06.2008)

POLITIQUE

La Repubblica - Italie

Le vrai visage de Berlusconi

Le quotidien La Repubblica revient sur un nouveau projet de loi du gouvernement italien qui prévoit entre autres la protection des ministères contre toute poursuite pénale : "Au beau milieu de la lune de miel que les Italiens vivaient avec le nouveau gouvernement, la vraie nature du berlusconisme apparaît dans toute sa force, égale à elle-même, dominée par le calcul personnel et venant balayer en une après-midi tous les oripeaux institutionnels et la mascarade du supposé homme d'Etat. Berlusconi reste Berlusconi, prêt à sacrifier l'Etat de droit au salut personnel, à limiter la liberté de la presse pour éviter la publication de communications gênantes et à piétiner le droit des citoyens à l'information en engageant des enquêtes judiciaires. … Pour la première fois dans l'histoire de la République, un gouvernement intervient dans le domaine de la procédure pénale afin de fausser les règles et d'établir une hiérarchie des délits donnant lieu à des poursuites." (17.06.2008)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Des relations germano-polonaises normales

A l'occasion du sommet d'hier entre la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre Donald Tusk à Gdansk, le quotidien de gauche Gazeta Wyborcza dresse un bilan globalement positif des relations germano-polonaises. Il y un an, sous le mandat du Premier ministre Jarosław Kaczyński, la normalité actuelle n'aurait pas été possible. "De ce point de vue, le fait que Tusk soit parvenu à ramener les relations avec Berlin à la normale en six mois est une performance. … Pour cela il n'a pas pour autant mis les problèmes à l'écart. C'est une utopie d'envisager que les deux pays sortent bientôt de l'ombre de l'histoire et dépassent les stéréotypes sociaux. Le Premier ministre polonais et la chancelière allemande devront étudier encore plus souvent ces questions. Pour cela il n'y a pas besoin de coup d'éclat. Il suffit d'entretenir la normalité. L'importance de la Pologne augmente dans l'UE grâce à une telle collaboration." (17.06.2008)

Lidové noviny - République tchèque

Sarkozy met les Tchèques sous pression

Le président français Nicolas Sarkozy a clairement signifié hier à Prague, lors d'une rencontre des chefs d'Etat des pays du Groupe de Visegrad (la République tchèque, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie), que le processus de Lisbonne devait se poursuivre malgré le non des Irlandais. Les Tchèques se sont refusés nommément à adhérer clairement à cette position. Le quotidien conservateur Lidove Noviny écrit à ce sujet : "Certes il [Sarkozy] n'a pas appelé directement le premier ministre tchèque Topolanek à ratifier le traité de Lisbonne, mais a opté pour une forme indirecte de pression : 'Nous vous laissons le temps, mais nous ne voulons pas non plus musarder.' Simultanément, il a mis en garde : 'La République tchèque plaide pour l'élargissement de l'UE aux Balkans. Mais sans Lisbonne il n'y aura pas de nouvel élargissement.' … Mais ni Sarkozy ni les autres participants n'ont obtenu une réponse explicite [de Topolanek]." (17.06.2008)

Le Monde - France

La rage dans les banlieues

Après l'explosion de violence qui a eu lieu dans une banlieue du département de la Marne dans le Nord-est de la France, le quotidien Le monde constate que depuis les émeutes de 2005, la situation n'a quasiment pas changé dans les banlieues : "Le déferlement de violence qui a balayé Vitry-le-François (Marne) dans la nuit du 14 au 15 juin a obéi aux lois de ce désespoir ordinaire qui secoue sporadiquement les banlieues. Comment pourrait-il en être autrement ? D'un côté se creusent toutes les fractures - sociales, scolaires, ethniques, urbaines - qui minent la société française et accentuent les logiques de ségrégation et de ghettoïsation des quartiers les plus pauvres. D'un autre côté, … toutes les tentatives des pouvoirs publics de sortir de cette impasse s'épuisent en vaines querelles tant la tâche semble sisyphéenne et les moyens trop chiches. Le temps d'une campagne, il y a un an, Nicolas Sarkozy semblait avoir pris la mesure de l'enjeu, évoquant l'urgence d'un "plan Marshall" pour les banlieues. … Depuis, inévitablement, la paralysie guette. … En attendant, les banlieues, elles, ont 'la rage'." (16.06.2008)

RÉFLEXIONS

Open Democracy - Royaume-Uni

Le sens et l'absurdité des référendums

Sur le forum Internet Open Democracy, George Schöpflin, politologue et député européen, examine la question de la pertinence des référendums : "Dans de trop nombreux cas – parmi lesquels figure l'intégration européenne – les référendums ne fonctionnent pas comme un instrument de la démocratie mais plutôt du populisme. Ils ne peuvent aider la démocratie que dans quelques cas rares et très spécifiques : par exemple, pour clarifier une question plutôt éthique que politique (la légalisation du divorce ou l'avortement par exemple) ou bien pour ouvrir un système politique (l'autonomie ou l'indépendance pour la population d'une région spécifique). … Les référendums sont complètement inadaptés lorsqu'il s'agit de traiter des thèmes complexes parce qu'ils donnent l'illusion qu'il existe une réponse simple à la complexité. … Les référendums réintroduisent la tyrannie de la majorité. … Il est assez probable qu'un référendum sur les questions de la recriminalisation de l'homosexualité ou de la réintroduction de la peine de mort, par exemple, trouverait une majorité dans de nombreux Etats européens. … Les référendums donnent du pouvoir sans réponsabilité parce qu'ils permettent aux électeurs d'affronter les élites sans avoir à craindre les conséquences de leurs actes. … Rendre des comptes et assumer ses responsabilités sont deux notions qui doivent être intégrées dans un processus mutuel pour pouvoir fonctionner. Les référendums ne peuvent fonctionner que dans une seule direction et c'est pour cette raison qu'ils ne peuvent pas être un instrument adapté ou démocratique durable dans les questions européennes." (17.06.2008)

El País - Espagne

Un peu d'Erasme pour l'Europe

L'écrivain et philosophe Fernando Savater écrit dans le quotidien El País : "Un journaliste étranger m'a récemment demandé de quoi l'Europe aurait besoin selon moi. Sans hésitation … j'ai répondu : Erasme. … De temps en temps, c'est-à-dire tous les cinquante ans, inévitablement ce grand humaniste nous manque. … Il s'est avant tout engagé pour le rêve d'une Europe unie, dont disparaîtraient les noms nationaux qui 'bêtement' nous divisent – anglais, allemand, français, espagnol … . Il va même plus loin et déclare dans sa Querela pacis [plainte de la paix] : 'Le monde entier est notre patrie à tous.' Que pourrait-il bien penser aujourd'hui d'une l'Europe qui s'enferme toujours plus dans ses privilèges exclusifs, qui exploite les immigrants tant qu'ils sont utiles et leur refusent ensuite tous les droits, les emprisonne sans procès ou les exile dans l'incertitude ? Cette Europe qui, sous la pression des unions patronales, accepte des horaires de travail dignes des temps de l'esclavage ? Les Barbares sont de retour et Erasme nous manque." (17.06.2008)

Le Figaro - France

Les adieux aux droits de l'homme

Le quotidien Le Figaro soutient la thèse que les droits de l'homme ont perdu de l'importance en politique internationale : "La politique des droits de l'homme était une illusion, non en elle-même, mais parce qu'elle croyait pouvoir associer les États et les sociétés civiles du monde libre pour aider les peuples encore sous tutelle à conquérir leur liberté. … Or, dans l'intervalle, entre les deux conflits irakiens, la guerre du Kosovo et l'attentat d'al-Qaida contre Manhattan ont bouleversé la donne mondiale. Ils ont mis en évidence le décalage entre le temps court du transfert de la civilisation matérielle et le temps long du développement politique. … Les États, cédant les uns après les autres, ont abandonné l'illusion des droits de l'homme pour son exact contraire, l'illusion d'une realpolitik qui tend à n'être qu'une forme de résignation devant la poussée des fanatismes." (16.06.2008)

ÉCONOMIE

The Irish Times - Irlande

Régulation des agences de notation

Le Commissaire irlandais de l'UE, Charles McCreevy, a annoncé vouloir soumettre les agences de notation qui évaluent la solvabilité des entreprises à des contrôles plus sévères. Le quotidien Irish Times salue cette initiative : "Il [McCreey] reconnaît la nécessité de cette mesure suite à l'échec de l'autorégulation et en raison de son évidente insatisfaction à l'égard du code remanié que l'Organisation internationale des commissions de valeurs (IOSCO), un groupe de régulateurs de marché, a élaboré. Il a rejeté la proposition de l'IOSCO parce qu'elle est largement insuffisante pour permettre de rétablir la confiance des investisseurs et de l'opinion publique. En organisant ces réformes McCreevy cherche manifestement à attirer les nouvelles agences de notation sur le marché. Il espère que les nouveaux venus utiliseront un autre modèle commercial, permettront plus de concurrence et rétabliront la confiance des investisseurs et de l'opinion publique dans le système de notation. Cela faisait longtemps qu'une plus grande régulation des agences de notation était nécessaire et McCreevy fait un pas courageux dans cette direction." (17.06.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Pas de fidélité d'alliance dans la politique énergétique de l'UE

S'agissant de la lutte contre la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie, le quotidien Neue Zürcher Zeitung souligne l'importance stratégique de la fonction de passerelle des pays d'Europe de l'Est et commente : "Dans les Etats de transit d'Europe de l'Est, ce rôle peut être considéré de différentes façons. Une fidélité d'alliance politique stricte n'est cependant pas déterminable. Chaque gouvernement recherche d'abord ses propres intérêts. C'est l'offre la plus attractive qui est décisive – que ce projet soit prôné par Bruxelles ou par Moscou. Un tel pragmatisme se conçoit aisément d'autant plus qu'il est aussi pratiqué en Europe occidentale. … On accorde davantage d'importance aux relations avec la Russie riche en matières premières qu'à la solidarité avec les voisins de l'UE d'Europe de l'Est. … En matière de politique énergétique, la solidarité avec Bruxelles connaît des limites étroites et c'est une timide perspective nationale qui domine. Les nouveaux membres ont tôt fait d'apprendre cette leçon des représentants de la 'vieille' EU." (17.06.2008)

MÉDIAS

La Tribune de Génève - Suisse

L'UEFA tacle le droit à l'image

Le quotidien régional La Tribune de Genève critique les actes de censure de l'UEFA lors de l'EURO 2008. "Tant en Autriche qu'en Suisse, les directeurs des télés et radios publiques s'insurgent contre les sentences arbitraires de l'UEFA de censurer la retransmission de certaines images durant les matches. Les téléspectateurs n'ont ainsi rien vu des fumigènes lors de la rencontre entre l'Autriche et la Croatie. L'UEFA prétend ne pas vouloir faire l'apologie de la violence tout en protégeant son image. Sauf que c'est un sentiment contraire qu'elle instille. Celui d'une World Company toute-puissante à qui l'on ne peut rien refuser puisqu'elle offre tant d'euphorie, d'insouciance et d'ivresse à des centaines de millions de supporters. … En dictant sa scénographie, elle impose sa vision du jeu et de la société." (16.06.2008)

COULEURS LOCALES

The Independent - Royaume-Uni

L'Ecosse face au problème des beuveries

Le taux de cirrhose du foie en Ecosse est l'un de ceux qui augmentent le plus vite au monde. Le quotidien Independent commente la proposition de passer à 21 ans l'âge à partir duquel on peut acheter de l'alcool. "Augmenter l'âge … ne permettra pas d'apporter un recul important des concours de beuverie qui constituent un certain type de comportement antisocial. … On devrait davantage se concentrer sur l'application des lois existantes et non pas sur leur modification. … La police utilise déjà la force pour chasser [les jeunes buveurs comateux] des lieux publics et saisir leur alcool. … Le plus grand défaut de cette proposition est cependant qu'elle ne considère pas le problème de boisson existant en Grande-Bretagne comme un problème culturel. La clé pour combattre ce problème consiste non pas à bricoler le code civil mais à encourager au changement durable d'une habitude nationale." (17.06.2008)

Népszava - Hongrie

Des ânes pour remplacer les tracteurs

Dans le quotidien de gauche Népszava, on peut lire que le prix élevé du pétrole a poussé de nombreux paysans en Turquie a remplacer leurs tracteurs par des ânes : "L'accroissement de la demande a fait grimper le prix des ânes. En l'espace d'un an, celui-ci est passé de 26 euros à 180 euros. … Selon les autorités agricoles de la province Yozgat de l'Anatolie centrale, environ 4 400 ânes ont été vendus dans la région au cours de l'année dernière. Ce chiffre est deux fois plus important que l'année précédente. Les éleveurs hongrois devraient également se lancer dans l'élevage d'ânes dès que possible. En effet, les prix du carburant vont rester encore longtemps à des niveaux astronomiques. Et nous le savons bien : ces bêtes à longues oreilles ne sont pas des animaux exigeants. Ils ne mangent que de la paille. Les mauvaises herbes et les chardons font partie de leurs plats préférés, même la météo n'a pas d'incidence particulière sur leur comportement." (17.06.2008)

 

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