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06.09.2008

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.08.2008

 

À LA UNE

Brown au cœur de la crise

Brown au cœur de la crise

 

Le Premier ministre britannique Gordon Brown est en grande difficulté : non seulement la situation économique lui donne du fil à retordre mais son propre parti se retourne contre lui. Après l'appel au remplacement de Brown lancé indirectement par le ministre des Affaires étrangères David Miliband dans un article de presse, c'est aujourd'hui un mémo de l'ancien Premier ministre Tony Blair qui vient d'être publié qui s'en prend durement à la politique de Brown. Comment la presse européenne perçoit-elle l'avenir du chef du gouvernement britannique ?

Extraits des publications suivantes:
La Vanguardia - Espagne, Dnevnik - Slovénie, Der Tagesspiegel - Allemagne, The Times - Royaume-Uni

La Vanguardia - Espagne

Le quotidien espagnol La Vanguardia commente la perte de popularité du Premier ministre britannique : "La crise qui s'abat sur la Grande Bretagne entame le capital politique de Gordon Brown. La réputation de bon gestionnaire financier qui compensait jusqu'ici le manque de charisme et de leadership du Premier ministre britannique a été affectée peu à peu par l'aggravation de la conjoncture : hausse des prix du carburant, augmentation des prix des produits alimentaires, crise du crédit, difficultés avec les banques et chômage, pour ne citer que certains de ces problèmes. C'est une crise importée mais les Britanniques l'en tiennent pour responsable comme le montrent les dernières élections … et les sondages. On le considère déjà comme l'un des Premiers ministres les plus malaimés depuis la Seconde Guerre mondiale. … Paradoxalement, c'est justement l'économie qui pourrait le maintenir à la tête du parti puisque son départ pourrait entraîner de nouvelles élections qui, en plein cœur de la crise, risqueraient d'aboutir à une nouvelle débâcle électorale." (04.08.2008)

Dnevnik - Slovénie

Le quotidien Dnevnik émet l'hypothèse que la publication du mémo de l'ancien Premier ministre Tony Blair au beau milieu d'une crise au sein même du parti n'était pas le fruit du hasard : "La guerre civile a été déclenchée d'une part par la crainte d'une défaite lors des prochaines élections et, d'autre part, par la conviction que David Cameron et le parti Conservateur peuvent être vaincus si le Labour est débarrassé de Gordon Brown. L'ancien Premier ministre s'est désormais mêlé à la bagarre. Il est furieux car Brown a rejeté sa stratégie pour la remplacer par le néant. … Même si trois membres du gouvernement de Brown ont encore réaffirmé hier leur soutien, la critique de Blair lui a porté un lourd préjudice. … Est-ce le fruit du hasard si la critique écrite de Blair a justement fait surface aujourd'hui alors qu'il semble évident que le ministre des Affaire étrangères David Miliband aspire à la position de dirigeant ?" (04.08.2008)

Der Tagesspiegel - Allemagne

Selon le quotidien Der Tagesspiegel, la situation désastreuse du Labour est également due aux omissions de l'ancien Premier ministre, Tony Blair. "Brown n'est pas le seul responsable de la crise que traverse actuellement le Labour et qui semble sans issue dans la perspective des prochaines élections. Et ce, même si Blair et les siens auraient aimé l'écrire ainsi dans l'Histoire. Blair a réussi de nombreuses réalisations pendant son mandat. Il a dépassé les camps idéologiques rigides et a amené son parti vers le centre politique. Mais l'homme qui qualifie la Grande Bretagne de 'pays le plus merveilleux du monde' a, du fait de sa tyrannie, aussi participé au déclin du Labour. Il a préféré se fier à des conseillers externes plutôt qu'à son cabinet et a laissé dépérir les rejetons politiques de son parti. Cela ne pouvait se solder autrement que par la venue d'un successeur peu capable." (04.08.2008)

The Times - Royaume-Uni

L'ancien ministre conservateur du cabinet, Michael Portillo, met en garde dans l'hebdomadaire The Sunday Times contre une éventuelle destitution de Gordon Brown : "La tentative de David Miliband de renverser le Premier ministre pourrait détruire le peu de crédibilité qu'il reste au gouvernement, ce qui n'aiderait ni la Grande Bretagne ni le Labour à sortir de la crise économique. Si Brown était destitué, cela pourrait conduire à des clivages au sein du Labour qui excluraient ce parti du pouvoir pour une décennie ou plus. Les Tories vont en tirer profit, que Brown survive ou qu'il se fasse sortir. … Du fait qu'il ne vire pas [Miliband], le Premier ministre se montre faible et versatile. Si Blair avait osé se défaire de son ministre des finances agaçant, il pourrait encore être en poste aujourd'hui et Brown n'aurait jamais eu à prouver son insuffisance. … Si Miliband réussit à renverser Brown, le Labour s'exposera à presque une génération de combats dans les tranchées. … Les conservateurs pourront alors non seulement fêter une victoire électorale mais aussi une autre ère de suprématie politique." (04.08.2008)

POLITIQUE

Dnevnik - Slovénie

Des soldats dans les rues italiennes

Sur le site Internet du quotidien Dnevnik, le journaliste Andrej Mrevlje commente la décision du gouvernement italien de faire appel, à partir d'aujourd'hui, à 3 000 soldats italiens dans quelques grandes villes d'Italie pour servir de force de dissuasion : "L'armée dans les rues n'est jamais un signe de progrès démocratique, encore moins quand cela s'ajoute à des mesures prises à la vitesse de la lumière, avec lesquelles Berlusconi entend maîtriser le chaos ambiant du jour au lendemain. C'est un fait que les uniformes militaires sont au goût du jour en Italie. … Quant à savoir si les 3 000 soldats changeront la façon de vivre dans les villes, c'est une autre affaire. L'argument principal du gouvernement pour la militarisation actuelle est le suivant : si les voleurs, les escrocs, les criminels et surtout les immigrés ne se soucient pas des nombreux policiers dans les rues italiennes, peut-être qu'ils auront peur des soldats". D'après les déclarations du gouvernement, ce sont surtout les biens de propriété publique qui doivent être protégés. "Mais il s'avère que les camps de Roms et les centres pour immigrés en font également partie." (04.08.2008)

Le Figaro - France

La Wallonie rejoindra-t-elle la France ?

L'ancien Premier ministre de la région Bruxelles-Capitale, Daniel Ducarme, analyse dans Le Figaro une possible association de la Wallonie à la France après la crise du gouvernement belge : "Près de la moitié des Wallons 49 pour cent sont favorables à une association avec la France. … Personne se sait exactement de quoi demain sera fait. Mais une certitude s'impose : rien ne sera plus comme avant. … Une page est tournée. La feuille blanche est à écrire. Quatre devoirs attendent les francophones de Belgique : la clarté, la solidarité, l'effort, l'anticipation. … La clarté est un impératif pour affirmer notre identité. Prénom : Belgique. Nom : française. Mieux que d'expression francophone, nous sommes de culture française, avec nos valeurs, la primauté du droit des personnes, une certaine idée du rôle et des missions de l'État. … J'ai la conviction que la Belgique doit anticiper son avenir … en association avec la France." (01.08.2008)

Berlingske Tidende - Danemark

Provocations de la Russie

Récemment, il est arrivé à plusieurs reprises que des avions de chasse russes s'approchent du territoire national danois, déclenchant l'état d'alerte de l'armée de l'air. Selon le quotidien Berlingske Tidende, cela rappelle la Guerre froide. "Le nouvel impérialisme russe est un fait. Les réactions à cet impérialisme devraient, comme à l'époque, se faire en deux parties : premièrement, rejeter calmement mais fermement les tentatives archaïques des Russes de dominer leur environnement au moyen d'une politique de la force. Deuxièmement, continuer à proposer une collaboration dans le cadre de l'OTAN, de l'UE ou d'autres organes. Mais dans un avenir proche, la Russie ne sera pas un véritable partenaire avec lequel il sera possible de collaborer." (04.08.2008)

Delfi - Estonie

Echec du référendum sur la Constitution en Lettonie

En Lettonie, un référendum visant une modification de la Constitution a été invalidé en raison du trop faible taux de participation. Ce référendum devait permettre à l'avenir de dissoudre le parlement par vote populaire. Le portail d'informations en ligne estonien Delfi considère toutefois le résultat de ce vote comme une gifle pour les politiques lettons : "En Lettonie, la méfiance à l'égard des politiques est encore plus importante qu'en Estonie et il y a de quoi. … Si le oui l'avait emporté au référendum, les Lettons auraient pu limoger régulièrement leurs politiques et ainsi prendre leur revanche sur ces derniers. Mais le nouveau système serait devenu encore plus instable et on peut se demander quelle aurait été son évolution à long terme. Dans le contexte européen, il aurait en tout cas représenté une expérience rare." (04.08.2008)

RÉFLEXIONS

La Razón - Espagne

La gauche européenne en crise

Le quotidien conservateur La Razón évoque la crise de la gauche européenne : "Les partis de la gauche européenne ont le moral en berne. … Des cinq grands pays de l'UE, seules la Grande-Bretagne et l'Espagne disposent de gouvernements socialistes, mais ceux-ci sont plutôt mal en point. Le premier ministre britannique Gordon Brown chute … dans les sondages. … Même le [chef du gouvernement espagnol] José Luis Rodríguez Zapatero ne peut se présenter comme le messie des socialistes européens. A peine cinq mois se sont écoulés depuis sa deuxième victoire électorale que des erreurs liées à la gestion de la crise économique l'ont … ramené au même niveau que le leader de l'opposition Mariano Rajoy dans les sondages. … Face à eux Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont l'exemple d'une politique de centre droite bien menée. … La locomotive européenne est en route et les citoyens font confiance au centre droit pour la piloter." (04.08.2008)

The Malta Independent - Malte

Le confucianisme plutôt que le communisme

Le politologue Daniel Bell avance dans le quotidien The Malta Independent qu'un confucianisme de gauche, plutôt qu'une démocratie libérale, pourrait remplacer le communisme en Chine. "Le [vieux] confucianisme a été associé au légalisme, l'autre grande tradition politique chinoise, pour justifier des pratiques comme l'obéissance aveugle au souverain, l'oppression des femmes et l'usage de punitions sévères. Le confucianisme 'officiel' ranimé aujourd'hui est peut-être moins dangereux - il insiste sur l'harmonie sociale autrement dit sur le recours à des solutions pacifiques aux conflits - mais il s'en tient à une doctrine morale conservatrice. Il existe pourtant une autre interprétation du confucianisme, que l'on pourrait appeler 'confucianisme de gauche'. Celui-ci met l'accent sur l'obligation des intellectuels de critiquer toute mauvaise politique, et impose aux gouvernements de veiller au bien-être du peuple et vient en aide à ceux qui ne disposent d'aucun soutien familial. De plus, il appelle les gouvernements … à s'en remettre à des forces morales plutôt qu'à la puissance militaire pour atteindre des objectifs politiques. … Aujourd'hui, le confucianisme de gauche est l'alternative la plus appropriée au statu quo politique de la Chine." (04.08.2008)

ÉCONOMIE

Népszabadság - Hongrie

Coûts de transport élevés

Le quotidien libéral de gauche Népszabadság estime que dans le contexte d'augmentation massive des coûts de transport, de nombreux groupes pourraient relocaliser leur production dans leurs pays d'origine. "Quand le transport devient plus cher, il est dans l'intérêt des entreprises multinationales d'implanter la production à proximité des acheteurs et des consommateurs. Si le pétrole devait rester encore longtemps à un prix élevé, certains secteurs économiques qui, après une escale dans les pays d'Europe centrale et orientale, se sont délocalisés en Asie ces dernières années, pourraient revenir en Europe : par exemple l'industrie du meuble et du textile, et une partie de la production de machines. … Or, un vent nouveau souffle aussi sur la politique (économique) : le protectionnisme fait son retour. En effet, le commerce libre est déjà remis en question et ce, même aux Etats-Unis. … Néanmoins, l'ère de la mondialisation n'approche pas de sa fin. Nous nous trouvons toutefois au début d'une nouvelle phase qui durera jusqu'à ce que les coûts de transport recommencent à baisser. L'économie mondiale a besoin d'un peu de temps pour s'adapter aux nouvelles réalités." (04.08.2008)

To Vima - Grèce

Une conspiration dans l'affaire Siemens ?

Selon le quotidien To Vima, ceux qui ont demandé une enquête dans l'affaire Siemens portant sur des pots-de-vin liés à des contrats publics, comme le Parquet allemand et l'Organisme américain de surveillance de la bourse, poursuivent leurs propres intérêts : "La version officielle est bien connue. Siemens … a été pris en flagrant délit. … Le Parquet allemand a ouvert sa propre enquête après les révélations. … Ne vous y méprenez pas, disent ceux qui croient à une conspiration. Les Etats-Unis ont perturbé le développement de multinationales européennes qui ont à la fois soufflé des contrats à leurs entreprises basées à l'étranger et essayé de s'établir 'chez eux'. … Il a donc été fait appel au système de surveillance administratif de l'Empire - parfois même le Congrès américain - pour montrer qui est le patron. … Siemens n'est toutefois pas suicidaire au point de tout révéler. Les autorités allemandes … savent très bien ce qui se passe et essayent de contenir l'affaire. Elles sont bien plus préoccupées par le sauvetage de l'entreprise allemande que par la révélation de la vérité. Les souhaits des Américains ne les préoccupent que comme une menace qui ne peut être ignorée." (03.08.2008)

CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Une conférence de Lambeth infructueuse

Dimanche, la rencontre au sommet de l'Eglise anglicane organisée tous les dix ans, la conférence de Lambeth, s'est révélée infructueuse. Les évêques n'ont pas réussi à surmonter la division de leur église quant à la polémique sur l'homosexualité, malgré des délibérations qui ont duré des semaines. Le quotidien The Guardian commente les efforts déployés par l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, pour éviter un schisme : "Il ne semble pas qu'il soit parvenu à réconcilier les deux courants de l'anglicanisme, les évangéliques et les libéraux, qui mènent l'Eglise à la rupture. … Dans de nombreuses régions d'Afrique, l'existence de l'homosexualité est niée. Etre perçue comme une 'Eglise homosexuelle' est le plus court chemin vers l'effondrement. Dans de nombreuses régions d'Europe et d'Amérique, les hommes et les femmes homosexuels font l'objet d'une discrimination violente, et l'Eglise est naturellement convaincue qu'elle doit jouer un rôle pour les aider, au même titre que tous les opprimés. … L'archevêque pense que le temps pourrait permettre d'aboutir à une solution. … Sa mission consiste à empêcher les têtes brûlées des deux parties à précipiter le processus de scission. … Sa conférence de Lambeth … n'a pas complètement échoué." (04.08.2008)

Svenska Dagbladet - Suède

Un service d'informations dévot

En portant son regard sur le festival EuroPride qui s'est terminé samedi dernier à Stockholm, le quotidien Svenska Dagbladet critique le pouvoir social du mouvement gay : "Etre gay est devenu une institution, un appareil de PR, un facteur de pouvoir fort et croissant dans la production d'idéologie suédoise qui est désormais soutenue par des groupuscules de pouvoir forts. L'économie suit. L'institution puissante de l'Eglise suédoise participe avec ferveur à la parade. … Normalement une telle évolution aurait conduit à une observation critique, au lieu de cela c'est le contraire qui se passe : de nombreux journalistes et médias importants se prosternent avec dévotion. La cause ? Pourrait-il s'agir d'un sentiment de culpabilité, voulons-nous présenter des excuses pour des temps anciens ? Je ne le pense pas. Existe-t-il une superficialité générale dans une partie des médias ? Cela joue certainement. Est-ce dû à la concentration suédoise habituelle qui cherche à se faire passer devant l'entourage comme meilleur et plus généreux que les autres ? Oui, très certainement." (03.08.2008)

La Repubblica - Italie

La mort d'Alexandre Soljenitsyne

Le Prix Nobel de la paix russe, Alexandre Soljenitsyne, est décédé hier à Moscou. Le quotidien La Repubblica rappelle l'histoire riche en événements de la vie de l'écrivain. "Soljenitsyne a vécu cinq vies : patriote au début de sa carrière, puis prisonnier dans les camps staliniens, il est devenu un brillant dissident par la suite, avant d'être banni et exilé, et de retourner finalement dans son pays comme un prophète." Son œuvre n'a pourtant jamais fait l'objet de controverses. "Soljenitsyne était un grand polémiste qui évoluait à contre-courant, ce qui lui a valu de fervents admirateurs mais aussi des ennemis, pas seulement dans les rangs du régime, mais aussi parmi les intellectuels, qui mettaient en doute son idéologie, son comportement personnel et la portée artistique de son œuvre. Soljenitsyne a porté un regard sans œillères sur son pays mais ses prises de position étaient souvent contradictoires, parfois superficielles, et tournaient toujours autour du la particularité russe, ce qui le rapprochait de la tradition slavophile. Dans sa conversion à la foi, il ne s'est jamais efforcé de baser sur une théologie moderne mais s'est contenté de procéder à un retour élégiaque à l'orthodoxie antique." (04.08.2008)

 

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