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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.08.2008

 

À LA UNE

Les conséquences de la crise du Caucase

Les conséquences de la crise du Caucase

 

Les hostilités dans le conflit entre la Géorgie et la Russie semblent être définitivement terminées. Le retrait des troupes russes devrait commencer aujourd'hui. Il est toutefois difficile de prévoir quelles seront les conséquences politiques à long terme de la crise.

Extraits des publications suivantes:
Magyar Nemzet - Hongrie, Le Figaro - France, Der Standard - Autriche, Delo - Slovénie, Diário de Notícias - Portugal

Magyar Nemzet - Hongrie

Dans le contexte du conflit au Caucase, le quotidien conservateur Magyar Nemzet entrevoit la nécessité d'une "réévaluation" de la politique de sécurité européenne : "Le rôle de l'ambitieux président français, à la tête de la présidence du Conseil de l'UE, se limite actuellement à jouer les messagers, ce qui illustre parfaitement bien la marge de manœuvre de l'Union européenne. … Il faut absolument balayer les illusions qui se sont ancrées dans les esprits des décideurs occidentaux à la fin de la guerre froide et qui se sont manifestées dans une politique de sécurité bien trop optimiste et faussée. Et plus important encore : même l'Europe doit balayer ces illusions. … Les pays d'Europe centrale et de l'Est ne doivent pas mettre au panier leurs expériences historiques ; ce serait une erreur de s'attendre à ce qu'ils le fassent : si les Russes ont des 'idées paranoïaques', pourquoi n'en auraient-ils pas non plus quelques-unes ? … Aujourd'hui, la question primordiale pour les pays d'Europe centrale et de l'Est est de savoir si l'UE peut mettre en place, dans un avenir proche, une politique de sécurité uniforme et efficace qui leur assurerait une certaine protection contre une influence croissante de la Russie." (18.08.2008)

Le Figaro - France

Dans une tribune publiée par Le Figaro, le chef de l'Etat français et président temporaire du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, défend le plan de paix négocié pour sortir du conflit au Caucase et déplore le manque d'institutions de l'UE pour répondre à ce genre de crises internationales : "Ce plan ne réglait pas tout. Mais il a consacré l'accord des parties au cessez-le-feu. … Si le traité de Lisbonne … était déjà en application, l'Union européenne aurait été dotée des institutions dont elle a besoin pour faire face à une crise internationale. … Ainsi, je reste convaincu que la mission première de l'Europe est de protéger les Européens." (17.08.2008)

Der Standard - Autriche

Le quotidien Der Standard s'appuie sur la pression politique et économique que la Russie exerce sur son "pays étranger voisin" pour exiger une intégration plus rapide en Occident d'Etats comme la Géorgie : "La restauration de l'empire soviétique moins l'idéologie était une formule que les politiques russes chargés des affaires étrangères n'ont cessé de proclamer depuis le début de l'ère Poutine en 2000, avec une certaine élégance, exigeant en quelque sorte un plus grand équilibre au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) lors des missions d'observations d'élections ou de l'élaboration de rapports sur les droits de l'homme. …La 'Pax Russa' veut un système d'Etats totalement soumis à la Russie. … Le démantèlement de la Géorgie est un fait que même l'Occident ne peut plus empêcher. L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, les deux provinces séparatistes, sont perdues pour le gouvernement central et pour longtemps pour les habitants géorgiens qui y résident. Le cap à l'Ouest de la politique de Géorgie ne peut cependant pas modifier la 'Pax Russa'. L'adhésion de la république du Caucase à l'OTAN, qui veut se détourner de Moscou et continuer à se rapprocher de l'UE, n'est envisageable que dans la période de l'après Mikheïl Saakachvili. Pour les pays à portée de la 'paix russe', ce serait un signal d'une importance capitale." (18.08.2008)

Delo - Slovénie

La carrière politique du président géorgien Mikheïl Saakachvili est bien terminée, affirme le quotidien Delo : "Les jours du rénovateur de l'année 2003 qui s'est rapidement révélé être un semi-dictateur, … sont peut-être déjà comptés. … L'atmosphère en Géorgie montre que la population choquée par cette guerre douloureuse serait nettement favorable à un changement de gouvernement." Il est concevable que les Géorgiens élisent, lors de nouvelles élections anticipées, un nouveau gouvernement n'ayant pas pour ambition l'adhésion à l'OTAN. "Ainsi, les Géorgiens aideraient la Russie à marquer un autre but contre les Etats-Unis. … Les pays de l'Union européenne, et en particulier l'Allemagne, dépendent économiquement de la Russie. … L'Allemagne, l'Italie et la France ont bloqué l'année dernière l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN, ces mêmes trois pays de l'UE qui, l'année dernière, ont fait les meilleures affaires avec la Russie. L'intérêt de l'UE à long terme est d'instaurer enfin dans les pays voisins une démocratie fonctionnant relativement bien, des médias libres et un gouvernement transparent. Saakachvili, soutenu par les Etats-Unis, n'a pas réalisé cet objectif." (18.08.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Après la guerre au Caucase, le quotidien Diário de Notícias craint que les dépenses militaires n'augmentent dans le monde : "La Russie et la Géorgie se sont fait une petite guerre qui a néanmoins montré que le monde est toujours dangereux et que les temps de paix promis … avec la fin de la guerre froide en 1991, sont encore une fata morgana. Ces dernières années, les Russes et les Américains ont cessé d'augmenter leur arsenal atomique mais l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont consolidé leur statut de 'puissance atomique'. … Il est effrayant de pouvoir observer un réarmement dans le monde entier. … Les investissements de la Russie dans l'armement ont augmenté de 15 pour cent ces dernières années. … La Chine a triplé ses investissements ces dix dernières années. … Face à la démonstration de puissance de la Russie qui a effrayé de nombreux pays (surtout les Etats baltes, la Pologne et l'Ukraine), le risque d'une recrudescence de l'achat d'armes est bien réel. Surtout dans les pays de l'Est dans lesquels les USA veulent installer leur système de défense anti-missiles sujet à controverses." (16.08.2008)

POLITIQUE

De Volkskrant - Pays-Bas

Le bouclier antimissile est une hypothèque

La Pologne et les Etats-Unis ont signé un accord pour le déploiement d'un système de défense antimissile qui doit empêcher une éventuelle attaque iranienne. Cette signature arrive à un mauvais moment étant donné la crise du Caucase, estime le quotidien De Volkskrant : "[Le système de défense] doit encore prouver sa véritable valeur, il doit offrir une protection contre un danger qui n'existe pas encore mais c'est une hypothèque supplémentaire sur les relations déjà refroidies avec Moscou. … Après avoir fait un geste de solidarité envers Varsovie, un geste de compréhension en direction de Moscou n'est pas du luxe. D'autant plus que le système de défense ne sera pas complètement opérationnel avant 2012 au plus tôt. Il est en tout cas primordial, avec la construction de cette base en Europe de l'Est, d'attendre de voir si une pression diplomatique et économique suffit à détourner une possible menace iranienne." (18.08.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Un détachement légitime ?

A la demande du gouvernement serbe, l'Assemblée générale des Nations unies qui se tiendra à l'automne, doit demander une expertise de la Cour internationale de justice (CIJ) pour examiner la légitimité du détachement du Kosovo. Le quotidien die tageszeitung soupçonne un calcul politique dissimulé derrière cette initiative. "Les Russes ont toujours soutenu la Serbie et ont mis en garde les Albanais du Kosovo contre un détachement soi-disant irrecevable. … Entre-temps, 'l'intégrité territoriale' des Etats a [cependant] de nouveau la cote, en tout cas lorsqu'il s'agit de la Géorgie. Ces contradictions pourraient bien avoir des répercussions sur la décision que doit prendre au mois de septembre l'Assemblée générale des Nations unies qui risque de ne pas trouver de majorité pour une expertise de la CIJ. Le gouvernement serbe compte peut-être là-dessus. Pour lui, il s'agit uniquement de renoncer non sans résister à la revendication sur le Kosovo - sans irriter parallèlement les nouveaux partenaires occidentaux. … Il serait toutefois préférable que le tribunal des Nations unies ait l'opportunité de présenter les critères en faveur d'un détachement autorisé. Une expertise ne serait certes pas définitive, mais elle ne pourrait pas non plus être simplement ignorée." (18.08.2008)

Dagens Nyheter - Suède

La responsabilité liée à l'eau

Aujourd'hui débute à Stockholm la semaine internationale de l'eau. Des chercheurs et des experts des quatre coins du monde débattent dans la capitale suédoise des conséquences de la pénurie d'eau qui s'aggrave au niveau mondial. Le quotidien Dagens Nyheter note que les pays pauvres sont les plus touchés : "Climat, alimentation, eau et énergie sont intimement liés et représentent des défis majeurs en termes de compréhension globale du système pour ceux qui travaillent à des solutions durables pour l'avenir. Du fait du changement climatique, une répartition encore moins équitable des ressources en eau se profile et la responsabilité de nourrir la population de la planète incombe aux régions favorisées par le climat dans notre partie du monde." (18.08.2008)

El Mundo - Espagne

La double morale de l'Espagne en matière d'énergie nucléaire

"L'Espagne est contre l'énergie nucléaire mais la résistance diminue", commente le quotidien El Mundo en faisant référence à un sondage : "La dépendance énergétique particulière de l'Espagne reste l'un des gros problèmes de notre développement. Surtout dans les périodes de crise comme celle-ci - avec un prix du pétrole qui s'envole - chaque citoyen en perçoit les conséquences dans son propre porte-monnaie. … Et pourtant, s'il y a un point sur lequel s'accordent les gouvernements des 30 dernières années de démocratie, c'est le manque de courage pour affronter sérieusement le problème de l'énergie et d'accroître l'importance de l'énergie nucléaire, comme presque tous les autres voisins européens le font, à l'heure où l'on construit de nouvelles centrales. Dans notre pays … la moitié des Espagnols sont opposés à tout type d'utilisation de cette source d'énergie. … [Mais] les citoyens refusent également la double morale dans ce domaine. En effet, pour 53 pour cent d'entre eux, il n'est pas logique de s'opposer à la construction de nouvelles centrales nucléaires et d'importer de France de l'électricité produite par cette énergie." (18.08.2008)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Prospérité n'égale pas démocratie

Le Monde explique que la prospérité et la démocratie ne se développent pas obligatoirement simultanément : "C'est une des - tristes - leçons économiques du printemps et de l'été : la prospérité d'un pays n'adoucit pas les mœurs de ses dirigeants. La Chine et la Russie ont enregistré toutes les deux au cours des dernières années des performances de croissance exceptionnelles. Cela n'a pas empêché la première de réprimer durement les manifestations au Tibet, la seconde de bombarder la Géorgie. … On est loin du monde idéal, idéalisé, de cette fin de l'histoire rêvée par certains, où l'amélioration du niveau de vie de la population d'un pays, le développement de ses échanges commerciaux, l'ouverture aux capitaux étrangers conduiraient spontanément son gouvernement à se montrer moins autocratique et plus pacifique. … C'est même le contraire, l'augmentation de la richesse nationale semblant s'accompagner d'une hausse parallèle du sentiment de toute-puissance chez les dirigeants. … Si la prospérité économique ne rend pas un régime moins autoritaire, la démocratie ne semble pas non plus avoir d'impact positif - et c'est encore plus décevant - sur le taux de croissance." (16.08.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande

L'unité de la sécurité et du développement

Le quotidien Helsingin Sanomat s'intéresse au rapport qu'entretient la sécurité avec le développement social et économique en politique internationale. "La sécurité et le développement étaient plus fortement liés … ces dernières années. …S'il manque un facteur, cela mène … à des conflits, au terrorisme et à la criminalité. … Les questions de la sécurité et de la stabilité sociale sont la clé de la maîtrise durable des défis que représentent les inégalités extrêmes. … Un exemple : … la communauté internationale considère que les vétérans de guerre constituent essentiellement un risque pour la sécurité. … Un moyen d'incorporer ces vétérans dans la société serait de leur donner … une formation professionnelle et un emploi. … Il n'existe pas de solutions simples. … On ne peut obtenir une véritable réconciliation, une égalité des chances et une plus large participation à la société que si un nombre suffisant de personnalités politiques locales se montrent prêt à s'investir dans sa construction progressive." (18.08.2008)

ÉCONOMIE

Jyllands-Posten - Danemark

La BCE a l'embarras du choix

Le quotidien Jyllands-Posten s'intéresse aux possibles réactions de la Banque centrale européenne (BCE) face au risque d'inflation et à la récession menaçante. "Tant que l'économie européenne fonctionnait bien, la BCE pouvait maintenir sa politique de taux - sans pour autant essuyer de critiques majeures. Or, la récession menaçante accompagnée d'un chômage croissant et d'autres conséquences économiques met la BCE face à un dilemme : quelle maladie faut-il traiter en premier ? L'inflation ou la récession ? Beaucoup de politiques européens considèrent comme une évidence que la récession est le pire des maux. Par conséquent, la BCE devrait faire comme la banque centrale américaine et baisser les taux et, ce faisant, améliorer les conditions de vie des familles européennes dont la consommation privée a une grande importance pour la bonne santé de l'économie européenne. … Si, comme le prévoient les économistes, la BCE baisse effectivement ses taux plus tard dans l'année, elle ne le fera [cependant] que quand des signes forts indiqueront que l'inflation se contracte." (18.08.2008)

Cinco Días - Espagne

Espoir pour l'économie européenne

Les prix du pétrole brut et d'autres matières premières diminuent de nouveau après leur forte hausse au cours des derniers mois. Face à cette évolution, le journal économique Cinco Días voit un espoir pour la conjoncture européenne : "Les deux circonstances - les matières premières moins chères et l'euro qui se contracte - sont de bons arguments pour le rétablissement des économies européenne et espagnole. La tension des [prix] des produits liés au prix du pétrole et des aliments va se relâcher, ce qui va conduire à une détente des taux d'intérêts. Les services offerts par les entreprises européennes retrouveront alors l'attractivité tarifaire qu'elles avaient perdue du fait de l'euro fort." (18.08.2008)

COULEURS LOCALES

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La pirouette des politiques face au dalaï-lama

Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung qualifie l'attitude des grands politiques français dans le contexte de la visite du dalaï-lama en France de "pirouette pitoyable. … Le président Sarkozy qui ne veut pas que lui échappe la vente du nucléaire à la Chine, a préparé pour le chef spirituel du Tibet une rencontre avec son épouse. Et le ministre des Affaires étrangères, Kouchner, qui, par le passé, savait toujours ce que sont les droits de l'homme, a fait savoir qu'il n'a pas de temps pour le dalaï-lama. Evidemment, Ségolène Royal n'a pas laissé passer cette occasion. La candidate socialiste qui a perdu à la présidentielle et tenait pourtant un tout autre discours pendant sa campagne électorale, a reçu le dalaï-lama. Et, revirement de situation, Bernard Kouchner a peut-être quand même lui aussi un peu de temps à lui consacrer. Le dalaï-lama, courageux, fait bonne figure face à ce jeu indigne. Il est habitué à ce que sa présence entraîne des tensions chez les politiques." (18.08.2008)

La Repubblica - Italie

Les Italiens méconnus

L'auteur britannique et producteur de télévision, John Lloyd, répond dans le quotidien La Repubblica à un reproche formulé dans le quotidien britannique The Independent, selon lequel en Italie il n'y aurait plus que des interdictions. "J'ai du mal à croire que mes illustres collègues de l'Independent parlent de la même Italie que je connais. … Contrairement à l'Italie, où les titres, les rangs et les formes de politesse sont encore bien enracinés, la Grande-Bretagne entretient souvent un comportement plutôt confus dans le milieu social. … L'établissement de règles bureaucratiques ou de normes sociales, qui interdisent toute forme de plaisir revient à méconnaître totalement la société italienne. Le lieu commun selon lequel les Italiens seraient des boutentrains a une certaine justesse. … Nous envions aux Italiens leur capacité en matière de jeu et de théâtralité. Il est peut-être vrai que les règles dirigent la société et l'entravent aussi, mais c'est rarement pour longtemps. En Italie, le besoin de plaisir est plus fort." (18.08.2008)

De Standaard - Belgique

Vivre avec sa voiture

Dans le quartier berlinois de Kreuzberg dont les habitants ont, pour la plupart, un niveau social relativement bas, on construit des immeubles de luxe qui, pour des raisons de sécurité, disposent d'une place de parking en étage. Le quotidien De Standaard écrit à ce sujet : "Pourquoi les gens qui ont tellement peur de leur environnement qu'ils ne veulent plus marcher de leur voiture jusqu'à leur perron, ne vont-ils pas tout simplement s'installer dans un autre quartier ? Les riches ont besoin d'un public, de regards admiratifs et envieux. Ils se sentent particulièrement à l'abri lorsqu'ils savent que les loups sont à l'affût à l'extérieur de leur 'gated community' [quartier privé]. … L'ascenseur pour les voitures de luxe peut supporter près de cinq tonnes de charge. Les limousines blindées peuvent également le prendre. Mais que se passe-t-il lorsque l'ascenseur est occupé ou encore pire, lorsqu'il est en panne ? On est alors obligé de descendre les escaliers et d'aller à pied (sans protection) chercher un taxi au milieu de tous les mendiants et les jeunes qui traînaillent. D'un seul coup, on redevient un homme parmi les hommes et on a besoin de confiance." (18.08.2008)

 

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