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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 29.08.2008

 

À LA UNE

Le virus du Caucase

Le virus du Caucase

 

Intégrité territoriale ou droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? La reconnaissance par la Russie des provinces séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie a ravivé le débat sur d'anciens conflits géopolitiques. En l'occurrence, la question de la partition de Chypre en une République chypriote grecque et une République turque pourrait être concernée par le conflit au Caucase.

Extraits des publications suivantes:
Milliyet - Turquie, Phileleftheros - Chypre, Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Milliyet - Turquie

A la lumière de la reconnaissance russe de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, le quotidien turc Milliyet condamne le soutien apporté par la Russie à la République de Chypre : en principe ou sur le papier, tout le monde se prononce pour l'intégrité territoriale et contre le séparatisme. La Fédération de Russie défend aussi ces principes en raison de ses propres problèmes dans des régions comme la Tchétchénie. Mais lorsque cela sert ses propres intérêts, Moscou défend [aussi] prudemment ces mêmes critères pour d'autres, comme dans le cas de la question kosovare ou pour Chypre. Moscou soutient l'administration chypriote-grecque depuis longtemps dans la question chypriote, elle a protesté contre la création d'un Etat chypriote par les Turcs et n'a pas reconnu la République turque de Chypre-Nord (RTCN). L'intervention russe en Ossétie du Sud et le soutien actif apporté au séparatisme local et à celui d'Abkhazie, montrent bien que la Russie adopte l'attitude inverse quand ses intérêts sont en jeu. La reconnaissance des régions séparatistes par Moscou dans le conflit sur l'intégrité territoriale de la Géorgie est un mauvais exemple pour les Chypriotes grecs, qui ont toujours bénéficiés des sympathies et du soutien de la Russie." (27.08.2008)

Phileleftheros - Chypre

Chypre doit insister pour que le droit international soit préservé dans le conflit dans le Caucase, écrit le quotidien Phileleftheros. "Il est vrai que la Russie … nous a soutenu face au problème chypriote. Ce n'est pas un hasard si la République de Chypre … considère Moscou comme un allié stable, car les thèses [de Moscou] sur la question chypriote … reposent sur le droit international. Le recours au droit international … est la meilleure des armes dont nous disposons. Nous devons être par conséquent très prudents dans notre manière d'interpréter la crise entre la Russie et la Géorgie. La République de Chypre devra bientôt … prendre officiellement position sur cette question. Cette prise de position ne doit pas diverger de celle que nous avons depuis des années. Ce qui veut dire que nous devons nous porter garants sans réserve du respect et de la protection de la souveraineté territoriale des Etats. La position que nous avons adoptée à l'égard du Kosovo doit aussi être observée dans le cas de la Géorgie. … Cela reviendrait sinon à placer des mines en travers de notre propre chemin." (28.08.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung estime que la question chypriote non résolue place la Turquie face un dilemme dans ses rapports avec la Russie : "Avec la crise dans le Caucase, la Turquie est assise entre deux chaises. … Tandis que les Etats-Unis et de nombreux autres Etats européens ont condamné la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, la réaction d'Ankara s'est limitée à une déclaration du ministère des Affaires étrangères exprimant son inquiétude sur les 'récents événements'. Cela s'apparente plus à un minimum qu'à un maximum en termes de critique diplomatique. … Si la Turquie condamne trop fermement Moscou en raison de la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, Ankara risque de s'entendre dire par la Russie qu'elle a fait de même à Chypre. … La Turquie pourrait même être tentée de prendre l'exemple russe pour modèle dans le cas de Chypre. … Jouer avec les deux principes opposés que sont d'une part, le droit national des peuples à disposer d'eux-mêmes, même dans le cas de minorités comme au Kosovo et à Chypre, et d'autre part le principe d'intégrité territoriale pour tous les autres cas, est extrêmement délicat." (29.08.2008)

POLITIQUE

Právo - République tchèque

Des sanctions contre la Russie ?

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a évoqué hier pour la première fois de possibles sanctions de l'UE contre la Russie suite à son intervention au Caucase. Le journal libéral de gauche Právo pense qu'il ne faut pas se faire d'illusions : "La seule sanction qui pourrait être douloureuse pour la Russie serait que l'Europe cesse de lui acheter du gaz. Mais l'Europe ne peut pas le faire, même en théorie, parce qu'elle s'effondrerait avant que la Russie ne s'en rende compte. La dépendance des matières premières russes est un péché mortel. Il n'a jamais été possible à l'UE de se mettre d'accord sur une politique énergétique commune. … On pourrait bien sûr aussi exclure la Russie du groupe des Etats du G8. De toute façon, ce pays n'a rien à y faire, à l'époque son adhésion était uniquement un geste en faveur de Mikhaïl Gorbatchev. Le boycott des Jeux olympiques de Sotchi ne serait qu'un geste moral. Alors que faire ? Un arrêt des importations sur le caviar russe ? N'importe quoi ! … Il ne reste plus à l'Occident qu'à agir rationnellement et sauver ce qui peut encore l'être. Les deux provinces géorgiennes sont perdues. Il s'agit avant tout maintenant de préserver l'Ukraine d'un sort identique." (29.08.2008)

Le Monde - France

Plus de démocratie en Europe

Le Monde analyse l'importance des élections européennes pour les citoyens de l'UE et du processus de nomination du président de la commission européenne envisagé par le traité de Lisbonne : "Les élections au Parlement européen sont, en dehors des référendums, la seule occasion donnée aux citoyens, dans tous les pays de l'Union, de donner directement leur avis sur les questions européennes. S'il est vrai que les scrutins sont souvent dominés par les enjeux nationaux, une chance est offerte aux partis politiques d'ouvrir un vaste débat sur l'état de l'Europe. … En France comme ailleurs, la préparation des élections de juin 2009 a déjà commencé. C'est aussi en 2009 que sera désigné le nouveau président de la Commission. Pourquoi ne pas se saisir de ce double événement pour tenter de combler enfin le 'déficit démocratique' dont souffre … l'Union européenne ? … Le couplage du scrutin parlementaire avec la bataille pour la Commission présente un double avantage : la procédure est rendue transparente et le choix du président devient celui d'une politique, et non pas celui d'une personne." (28.08.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

L'autre visage de la Croatie

Slavenka Drakulić, spécialiste en procédures pénales internationales, accuse la Croatie dans le quotidien The Guardian, de maintenir en vie des traditions fascistes derrière le masque d'un pays touristique. "Si l'anti-fascisme fait partie de la constitution du nouvel Etat croate, si les appels à la haine nationale, religieuse et raciste sont interdits par la loi, alors où est le problème ? Le problème c'est l'attitude de la Croatie à l'égard de son passé. Des documents et des annonces sont une chose, la réalité en est une autre. … Avant son indépendance voici 17 ans, la Croatie n'a existé qu'une seule fois comme Etat indépendant : entre 1941 et 1945, en tant que régime marionnette gouverné par les nazis. … Les politiques croates, en particulier le Premier ministre, Ivo Sanader, interviennent bruyamment en faveur des valeurs européennes et font part de leur intention d'entrer dans l'UE. De tels comportements non-européens comme les crimes de guerre, le terrorisme et le fascisme sont certes légalement proscrits mais tolérés dans la pratique et même soutenus. L'UE a-t-elle besoin de cette Croatie – un pays qui ne montre au monde que son beau visage estival, mais occulte ses valeurs douteuses ?" (29.08.2008)

Dziennik - Pologne

Pas de réforme en raison de Wałęsa

L'Institut d'Etat polonais, Institut du souvenir national (IPN), se refuse à inscrire l'ex-président et libérateur Lech Wałęsa sur la liste des victimes de l'ancien régime communiste. Le gouvernement libéral de droite critique ce refus et veut limiter la marge de manœuvre de cette autorité dans son travail de mémoire sur les crimes communistes. L'analyste Piotr Zarmenba rejette dans le quotidien Dziennik toute réforme de la loi. "J'émets de sérieuses réserves quand des politiciens bricolent dans les institutions autonomes pour leur donner une forme qui corresponde à leurs représentations. … J'étais déjà contre le fait que l'Institut dresse une liste générale des agents, je vois aussi d'un œil sceptique la promulgation de la liste des victimes par décret. L'IPN devrait pouvoir décrire l'Histoire mais laisser l'opinion publique en tirer seule les conclusions. … Il se peut qu'à l'avenir qu'une personne aux vues différentes prenne la place [du président de l'IPN, Janusz] Kurtyka. Cela doit toutefois se faire de façon civilisée, dans le respect de son mandat." (29.08.2008)

RÉFLEXIONS

Kapital - Bulgarie

1968 en Bulgarie

Contrairement à l'opinion dominante en Bulgarie, l'hebdomadaire Kapital pense que ce pays a bien eu son propre 1968 et vécu son propre Printemps de Prague : "Cela a été le premier pays à s'être prononcé en faveur de l'intervention militaire en Tchécoslovaquie et le dernier, après le tournant, à s'être excusé pour la répression du Printemps de Prague – c'est cela notre 1968 et nous ne devrions pas l'oublier, et encore moins le renier parce que cette période détermine la transition bulgare. Ce que nous sommes aujourd'hui. Nous devrions penser à cette année 1968 chaque fois que nous sommes choqués d'apprendre que le passé d'un soi-disant dissident est lié aux services secrets ou que nous nous étonnons de la tolérance de la société vis-à-vis de la corruption, des abus de pouvoir et des manipulations politiques. … C'est la censure qui sépare culturellement et économiquement l'Est de l'Ouest et rend toute comparaison impossible. Le Printemps de Prague avait effectivement sa géographie dans laquelle nous, à l'Est, nous situons toujours." (29.08.2008)

Der Spiegel - Allemagne

Le bœuf est néfaste pour l'environnement

Selon une étude de l'ONG Foodwatch, les exploitations agricoles en Allemagne produisent autant de dioxyde de carbone que la circulation routière. Le magazine d'informations Der Spiegel voit la solution dans la réduction de la consommation de viande de bœuf : "Le résultat [de l'étude] va plonger dans la panique les amateurs inconditionnels de viande de bœuf. Car, même si toutes les exploitations et les méthodes, qu'elles soient bio ou non, étaient optimisées techniquement pour l'environnement, la solution centrale pour une agriculture plus écologique passe par la réduction drastique de la consommation de viande de bœuf. … La roulade de bœuf pourrait devenir dramatiquement plus chère. … [Et] quiconque croit qu'acheter une entrecôte dans des magasins bio contribue à la protection de l'environnement, se trompe. Les choses sont plus parlantes quand on procède à une conversion en kilomètres parcourus en voiture. Un kilo de viande bio présente en effet le même bilan énergétique que 113,4 km effectués dans une voiture économique de la classe compacte. Dans l'élevage traditionnel, cela équivaut en raison de la production intensive, à 70,6 km seulement. … [Au niveau politique] il n'est demandé que ce qui est prescrit depuis longtemps – aucune réduction des bovins." (25.08.2008)

ÉCONOMIE

De Telegraaf - Pays-Bas

L'arnaque européenne au portable

La Commission européenne a récemment rappelé à l'ordre les sociétés de télécommunication au sujet des frais d'itinérance (dit 'roaming') facturés pour les appels internationaux passés depuis un téléphone portable. La Commission prend maintenant de nouvelles mesures après que les opérateurs aient décidé depuis peu d'arrondir la durée des communications téléphoniques en leur faveur. Le tabloïd De Telegraaf trouve cette intervention justifiée : "Une communication d'une minute et quelques secondes peut être arrondie à deux minutes, de cette façon la facture s'alourdit de nouveau. L'irritation de la Commission en ce qui concerne ce procédé est absolument justifiée. Ce comportement n'est rien moins qu'exagéré : il est à la limite du vol. Bien sûr, la Commission veut prendre de nouvelles dispositions pour protéger le client. Les pays européens sont donc invités à obliger les entreprises de télécommunication à facturer à la seconde. Une idée excellente, même s'il est dommage qu'il faille des lois pour contraindre les entreprises à la raison. Mais ce secteur qui traite grossièrement ses clients ne peut s'en prendre qu'à lui-même." (29.08.2008)

Les Echos - France

La fin de la prospérité

Selon les dernières enquêtes menées par l'Office national des statistiques, la croissance économique de la Grande-Bretagne est bloquée. Le journal économique Les Echos estime qu'il est du devoir du Premier ministre Gordon Brown de remédier à cela. "L'athlétique Gordon Brown ferait bien dès lors de s'inspirer de la moisson de médailles d'or … récoltée en Chine. … De la ténacité, certes, l'Ecossais n'en manque pas … mais son sens tactique est bien moins évident... Car les prouesses de 'Team Britain' constituent bien la seule lueur ayant égayé la grisaille de l'été britannique. Par contraste, les performances de l'économie vont s'assombrissant. … Bien sûr, l'économie britannique n'est pas la seule en Europe à s'enfoncer dans la récession. Mais cela ne console guère nos voisins insulaires, qui avaient pris leurs aises pendant seize années de prospérité ininterrompue. … Espérons que [le champion olympique de cyclisme sur piste] Chris Hoy … aura donné quelques conseils à Gordon Brown. … Faute de quoi ce dernier pourrait bien devenir 'l'Ecossais sortant'." (29.08.2008)

Luxemburger Wort - Luxembourg

Un partenariat difficile ?

Les lignes aériennes européennes traversent une crise. En plus de la compagnie aérienne autrichienne endettée, Austrian Airlines, et de la compagnie italienne Alitalia, c'est à présent le Luxembourg qui cherche un nouveau partenaire pour sa ligne aérienne nationale. Un possible partenariat avec la compagnie allemande Lufthansa pourrait entraîner des conflits, laisse entendre le quotidien Luxemburger Wort. "Dans le cas de la ligne de fret aérien, le nom de Lufthansa … doit avoir un goût fade. Cette ligne allemande a en effet arnaqué la concurrence du fret aérien international - y compris Cargolux - en intervenant auprès des autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis à propos des accords tarifaires sur le supplément carburant. Le groupe [allemand] a sans doute correctement agit, dans son propre intérêt. Il n'empêche qu'elle a infligé des dommages importants à Cargolux. Ces rapports devraient être éclaircis au cours des négociations." (28.08.2008)

CULTURE

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Le livre est-il menacé ?

Au regard du succès que remportent les appareils électroniques permettant de lire des livres, comme le "Kindle" de la librairie en ligne Amazon, le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung se demande si "une révolution [ne menace pas] le livre imprimé en tant que médium important de notre culture. Jusque-là, seule une chose semble certaine : tous ceux qui ont un rapport au livre, qu'ils l'écrivent, l'impriment, le relient, l'éditent, le transportent à travers le pays, le vendent ou le lisent devraient être touchés d'une manière ou d'une autre par cette nouvelle technologie. … L'économie du marché du livre n'est pas la seule à faire face à un changement. Le long chemin de la vulgarisation du mot écrit risque de faire face à une rupture inédite. … L'admiration du livre plonge ses racines les plus profondes et les plus anciennes dans la religion, et les processus des Lumières et de la sécularisation n'ont pas détruit cette vénération, mais l'ont laissée développer d'autres racines. Celui qui aujourd'hui tient dans sa main le livre électronique d'Amazon est, dans les premières heures et les premiers jours de cette expérience, impressionné par les possibilités techniques de cet appareil. Et si, ensuite, il se place devant sa bibliothèque, l'aura du livre lui semblera aussi douce et fragile que le vol d'un papillon." (29.08.2008)

SPORT

Adevărul - Roumanie

La fête du football européen

Pour la première fois dans l'histoire du football roumain, la Roumanie dispose de sept clubs dans les compétitions européennes. Le quotidien Adevărul commente cette tendance : "Près de la moitié de la première Ligue y figure : le trio bucarestois du Steua, du Dinamo et du Rapid, et un quartet provincial. … Pour la première fois, deux clubs roumains participent simultanément à la Champions League [la plus importante compétition européenne] : le Steua Bucarest et le CFR Cluj. C'est vraiment exceptionnel, il y a cinq ou six ans nous n'osions pas même rêver d'une seule équipe en Champions League. … Les puissances footballistiques comme la Hollande, la Russie, la Turquie, la Grèce ou l'Ecosse s'en sortent moins bien que la Roumanie. … Et ce n'est pas rien. … Il s'agit juste désormais que nous ne nous comportions pas comme les parents pauvres du village. Le Steua doit montrer plus de choses que l'année dernière ; les Bucarestois n'avaient en effet pu ramener qu'un seul point de la compétition. Le petit nouveau, le CFR Cluj, va pouvoir se régaler lors de ce banquet." (29.08.2008)

 

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