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02.12.2008

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.10.2008

 

À LA UNE

En quête d'alternatives

En quête d'alternatives

 

Après le rejet par la Chambre des représentants du plan de sauvetage américain de 700 milliards de dollars, l'Europe est en quête de nouveaux rapports de pouvoir sur le marché financier international. Il est dit que l'Europe a jusqu'à maintenant trop compté sur la compétence économique des Etats-Unis. Maintenant, on parle de modifications structurelles, de nouveaux systèmes de régulation, voire même d'une adhésion de la Grande-Bretagne à la zone euro.

Extraits des publications suivantes:
Diário Económico - Portugal, El País - Espagne, De Volkskrant - Pays-Bas, The Guardian - Royaume-Uni

Diário Económico - Portugal

Pour Pedro Marques Pereira, rédacteur en chef du journal économique Diário Económico, le rejet du plan de sauvetage et ses conséquences mondiales, constituent un 11 septembre pour la finance. "Il y a sept ans, le 11 septembre a changé le monde. Nombreux étaient ceux qui prédisaient que les Etats-Unis se renfermeraient sur eux-mêmes. C'est l'inverse qui s'est produit et les Etats-Unis ont même renforcé leur rôle en tant qu'unique grande puissance mondiale. Il faudra discuter une autre fois des erreurs qu'ils ont faites. Mais peut-on nier que le monde serait meilleur sans ce commandement, c'est-dire sans tout commandement ? Le fait est que lorsque quelque chose va de travers, le monde continue de placer ses espoirs dans les Etats-Unis comme cela a aussi été le cas maintenant avec le plan de sauvetage Paulson. Le moment serait peut-être venu que d'autres endossent enfin la responsabilité. ... Le fait que Oncle Sam ne fera plus de chèques en blanc pourrait conduire à des changements structurels plus profonds dans les rapports de force mondiaux, comme l'avait fait, en son temps, le 11 septembre 2001." (30.09.2008)

El País - Espagne

L'économiste américain Joseph E. Stiglitz pense qu'un nouveau système de régulation est nécessaire : "Il existe un consensus toujours plus large parmi les économistes selon lequel ce plan de sauvetage qui est basé sur le plan de Paulson, ne fonctionnera pas. Dans ce cas, l'énorme augmentation de la dette publique et la conviction que 700 milliards de dollars ne suffiront pas à sauver l'économie américaine, continueront d'affaiblir la confiance et d'accentuer l'instabilité. Mais d'un autre côté, les politiques ... ne peuvent pas se contenter de ne rien faire. Il nous reste peut-être à prier pour qu'un accord, issu du mélange toxique des intérêts propres, d'économie fausse et de bonnes idéologies produites par la crise, conduise d'une manière ou d'une autre à un plan de sauvetage qui fonctionne ... Régler cette situation - ce qui sous-entend un système de régulation qui diminue la probabilité qu'une telle crise se répète - est l'une des nombreuses tâches qui attendent le prochain gouvernement." (01.10.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas

D'après le quotidien De Volkskrant, le Congrès américain doit parvenir à un nouvel accord : "Même si l'on peut comprendre la résistance et émettre de nombreuses critiques sur le plan de sauvetage, on ne peut pas cacher que Washington a fait, avec le non du Congrès, la triste preuve de son incapacité à gérer rapidement une crise sérieuse et aiguë et à endiguer ainsi le raz-de-marée susceptible de submerger toute l'économie. … Laisser simplement courir les choses n'est pas une option envisageable. Une nouvelle tentative doit être entreprise pour parvenir à un accord au Congrès, et le plus vite sera le mieux. La meilleure des solutions serait qu'Obama et McCain fassent front commun dans ce domaine, de telle sorte que la pierre d'achoppement dans les relations politiques entre les partis passe au second plan. Mais il faut que l'on comprenne même au Congrès que certaines choses sont plus importantes qu'une réélection." (01.10.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Le chroniqueur Will Hutton affirme dans le quotidien The Guardian que seul l'euro peut encore sortir la Grande-Bretagne de la crise : "Les investisseurs internationaux vont considérer les banques britanniques comme les plus faibles dans le système avec pour seul appui une économie de taille moyenne. La Grande-Bretagne a besoin de son propre plan Paulson, ... mais ne dispose pas de la puissance financière. ... [Le chef de l'opposition David] Cameron et [le chef du gouvernement Gordon] Brown s'accordent à dire qu'ils feront tout ce qui est nécessaire et ne laisseront pas les divergences politiques venir entraver la stabilité financière. Bien, mais savent-ils vraiment ce qu'il faut faire dans la pire des situations ? Le seul plan Paulson britannique viable – mis à part un crédit international de plus de 500 milliards de livres – nous obligerait à rejoindre la zone euro afin de pouvoir bénéficier de l'appui de toute l'économie européenne et de la Banque centrale européenne dans le cadre d'une initiative paneuropéenne afin de créer de 'bonnes banques' pour l'Europe." (01.10.2008)

POLITIQUE

Sme - Slovaquie

Espionnage russe en République tchèque

Les services secrets tchèques ont repéré une importante recrudescence des activités d'espionnage russes qui sont dirigées contre la construction prévue d'un radar en Bohème occidentale pour le bouclier antimissile américain. Ces tentatives d'infiltration feraient partie intégrante d'une stratégie plus large consistant à semer la discorde entre l'Europe et les Etats-Unis. "On ne pouvait pas s'attendre à autre chose", commente le quotidien libéral Sme. "Même les espions iraniens et nord-coréens, collègues des russes, deviennent plus mobiles - car [avec le bouclier antimissile] ces pays ont quelque chose à perdre : une partie de leur potentiel d'extorsion vis-à-vis de l'Occident. Le retour de la logique impériale dans la politique russe signifie, en outre, non seulement des dépenses militaires plus élevées mais aussi l'activation d'un atout russe traditionnel – espionnage et diversion idéologique [sabotage]. Cette façon de faire n'est pas nouvelle. Il suffit de penser aux marches pacifiques en Occident pendant la guerre froide. ... Cela ne signifie évidemment pas que tout activiste tchèque naïf qui se mobilise contre la station radar figure systématiquement sur les feuilles de paie du Kremlin." (01.10.2008)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La Russie empêche la mission de l'UE en Géorgie

Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine évoque les entraves de la Russie à la mission de l'UE : "Deux cents observateurs de l'UE doivent prendre leurs fonctions à partir du 1er octobre dans les territoires géorgiens touchés par le conflit. C'est du moins ce que prévoit le plan en six points qu'a négocié le président Sarkozy. Or la Russie n'est pas du tout disposée à faciliter le travail de la mission européenne. Au contraire, elle l'en empêche à loisir. Ainsi, pour le moment et jusqu'à nouvel ordre, les observateurs ne sont même pas autorisés à se déplacer dans les zones de sécurité établies par les troupes russes en dehors des territoires occupés en Abkhasie et en Ossétie du Sud. La justification apportée est que les accords techniques nécessaires n'ont pas encore été négociés. De son côté, l'UE considère que la mission d'observation s'applique bien pour toute la Géorgie et pas seulement pour les zones de sécurité dont les troupes russes doivent se retirer avant le 10 octobre. Les imprécisions de l'accord de Sarkozy peuvent contribuer à compliquer la mission européenne. Il n'y a toutefois aucune raison pour qu'une entrave ne soit pas clairement désignée comme telle." (01.10.2008)

De Standaard - Belgique

Le passé comme un fourre-tout

L'homme politique belge de droite, Bart De Wever, a provoqué l'indignation. Il a en effet comparé l'actuel rapprochement entre Flamands et Wallons, destiné à régler la crise politique en Belgique, à la politique d'apaisement britannique de 1938 , et le gouvernement Leterme au régime de Vichy collaborationniste français. Le quotidien De Standaard écrit à ce sujet : "Les comparaisons historiques en disent long surtout sur celui qui les effectue. Le passé devient un fourre-tout dans lequel chacun peut aller piocher l'argument qui lui convient, mais qui n'est pas forcément adapté sur le plan historique. ... La comparaison avec Vichy ne passe pas inaperçue, particulièrement en raison de l'image négative qui lui est associée. De Wever suggère par là qu'il considère les francophones aussi pernicieux, peu fiables, immoraux et illégitimes que les nazis. ... 'Munich 1938' et la politique d'apaisement sont toujours considérés comme des symboles de la naïveté et de la lâcheté politique. Ils refont régulièrement surface comme argument d'ordre historique. ... Mais cela est également une interprétation de l'histoire unilatérale et incomplète qui ne repose pas sur un examen approfondi du passé mais sur un opportunisme de circonstances." (01.10.2008)

Corriere della Sera - Italie

Le retour politique de Gorbatchev

L'ex-secrétaire général du Comité central du parti communiste de l'Union soviétique, Michaïl Gorbatchev, envisage avec le milliardaire et oligarque Alexander Lebedev la création d'un parti d'opposition démocratique en Russie. Le quotidien Corriere della Sera s'interroge sur les possibles intérêts cachés derrière la fondation de ce parti. "Le projet pourrait être une idée des stratèges de Poutine qui avaient déjà regroupé, il y a un an, trois partis au gouvernement pour couvrir tous les secteurs, droite, centre et gauche. Mais l'idée du parti pourrait aussi être dictée par la volonté de Lebedev de protéger ses intérêts [économiques] qui risquent d'entrer en collision avec ceux du Kremlin. .. La crise des dernières semaines aurait fait perdre à sa fortune 60 pour cent de sa valeur. … Si le Kremlin devait donner son accord pour l'enregistrement du logo du parti, on peut s'attendre à ce que Gorbatchev constitue une opposition 'respectueuse'. Le père de la Perestroïka ne cache son soutien du Kremlin. Il a qualifié Vladimir Poutine de véritable démocrate et s'est prononcé pour la ligne de Poutine dans la crise dans le Caucase." (01.10.2008)

RÉFLEXIONS

Kritika - Hongrie

La Russie sous Medvedev et Poutine

Dans le magazine mensuel Kritika, le sociologue Pál Tamás réfléchit au nouveau tandem russe formé par Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine, et à la structure du pouvoir russe : "On peut voir en tout cas que le choix de Medvedev comme président n'a pas changé l'essence du système politique russe. Rien n'indique que Medvedev aurait renouvelé les mécanismes du pouvoir au niveau structurel. Le pouvoir centralisé créé par Poutine lors de son mandat se maintient à l'identique aujourd'hui et risque fort de persister longtemps encore. La personne de Medvedev elle-même correspond d'une part à un 'projet poutinien', d'autre part l'actuel président ne disposerait pas des instruments nécessaires même s'il voulait chambouler le système. Dans ce contexte, il est important de souligner que Poutine n'est pas simplement l'ancien initiateur du système existant, il est aussi son constructeur principal et d'une certaine façon aussi son "unité centrale", qui intègre tout et coordonne tout. Le rôle de Medvedev se limite ici à la seule représentation formelle du système. Et il semble qu'il en sera ainsi encore longtemps." (01.10.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande

Antti Blåfield sur la théorie de la haine

Dans sa chronique publiée dans le quotidien Helsingin Sanomat, Antti Blåfield revient sur les deux  massacres survenus dans des écoles à Jokela et Kauhajoki, au cours desquels 20 personnes ont été tuées. "Nous nous trouvons en Finlande face à une nouvelle forme de violence interconnectée et reproduite. … La lutte contre celle-ci doit être l'une des priorités du travail de la police. … Pour cela, il faut créer les conditions nécessaires. … Chaque enfant a besoin de soutien, de protection et d'un espace suffisant pour pouvoir grandir. Et chaque enfant a besoin d'interlocuteurs adultes. On déplorait autrefois une éducation trop stricte qui privait les enfants d'amour-propre. Les experts parlent aujourd'hui du problème inverse. … Une enfance sûre ne garantit pas forcément un développement équilibré de la personnalité. … Auparavant, les individus harcelés détruisaient leur propre vie. Aujourd'hui, cette haine a trouvé une nouvelle voie. Le harcèlement moral est une forme omniprésente de violence. Par honte, les enfants victimes de harcèlement ont du mal à en parler. Et la majorité silencieuse permet l'acceptation du harcèlement." Au sujet d'un projet contre le harcèlement entrepris dans des écoles pilotes finlandaises, Blåfield écrit : "Les résultats sont bons jusque là. Si toutes les écoles du pays participaient au projet, les risques de harcèlement seraient réduits. … La leçon la plus importante est la responsabilité collective. … Nous avons [aussi] besoin d'argent, probablement de sommes importantes. Les familles et les écoles ont besoin des connaissances des spécialistes, de leur aide et de leur soutien." (01.10.2008)

ÉCONOMIE

Rzeczpospolita - Pologne

Les banquiers mieux lotis que les ouvriers des chantiers navals

La Pologne a proposé le 12 septembre un plan de restructuration à l'UE qui justifie les subventions de l'Etat pour l'industrie de la construction navale. La commissaire européenne Neelie Kroes a, dans un premier temps, rejeté ce plan. Les chantiers navals sont maintenant menacés de fermeture. Le quotidien Rzeczpospolita estime que la décision de la Commission européenne est injuste. "Tandis qu'elle soutient les banques occidentales, elle laisse les chantiers navals se noyer. ... Via l'Europe, c'est une vague de moyens financiers qui nous submerge. La Belgique, le Luxembourg, la France et la Grande-Bretagne se sont engagés à verser 20 milliards d'euros pour soutenir trois banques. ... Le secteur bancaire est naturellement plus important que l'industrie de la construction navale. ... Dans le cas des chantiers navals, la Pologne ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Gaspiller pendant des années des milliards de zlotys dans un gouffre sans fond ne signifiait rien d'autre que repousser le problème à plus tard. Chaque gouvernement polonais avait redouté de se charger du fardeau des réformes radicales." (01.10.2008)

La Vanguardia - Espagne

Une énergie nucléaire inconnue

Plus de la moitié de l'énergie utilisée dans la région de la province espagnole autonome de Catalogne provient de centrales nucléaires. L'économiste Manuel Ludevid réclame, dans le quotidien La Vanguardia, plus d'informations à propos de cette énergie avant que ne soit envisagées d'autres importations en provenance de France et une augmentation de la production. "Le premier point d'interrogation concerne la capacité concurrentielle avec des centrales combinées gaz/vapeur. Une étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a conclu en 2003 que les coûts générés par l'énergie nucléaire pendant toute sa durée de vie étaient plus élevés que ceux de l'énergie issue du gaz produit par des centrales combinées ou du charbon. ... Il serait bon de savoir si les centrales nucléaires de la nouvelle génération sont plus rentables en termes de coûts. ... Le débat nécessaire au sujet de la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire et de l'éventuelle extension de l'énergie nucléaire en Espagne doit traiter tous ces aspects de manière transparente. [L'énergie nucléaire] est trop importante et ne peut pas, par conséquent, rester un voisin inconnu." (01.10.2008)

Phileleftheros - Chypre

Une hausse durable des prix

L'introduction de l'euro, qui pourrait entrainer des hausses de prix durables, n'a pas encore déclenché de grogne à Chypre. Mais cela pourrait bientôt être le cas, écrit le quotidien Phileleftheros, en rappelant les hausses de prix en France. "Au premier semestre 2008, 3000 restaurants et cafés ont fermé en France car la situation économique des Français ne leur permettait plus de sortir manger. … Les prix dans les restaurants ont augmenté de façon inégale car les propriétaires des restaurants ont [continuellement] profité du passage du franc à l'euro. Et cela fonctionne [également] très bien. Aucune explosion de prix ne peut nous ébranler [à Chypre], même si le passage de la lire chypriote à l'euro était une bonne occasion d'augmenter les prix. … Mais les temps changent et il se peut que les moutons [consommateurs] se réveillent soudain et crient vengeance." (01.10.2008)

CULTURE

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Des amendes pour les mauvaises écoles

Parce que le système scolaire suédois est sous les feux de la critique en raison de problèmes de discipline et d'importantes baisses de résultats, la nouvelle inspection des écoles d'Etat a commencé son travail mercredi dernier sous l'égide de l'ancienne chef de la police Ann-Marie Begler. Afin de mettre en place un meilleur contrôle de la qualité, il est possible de prendre des sanctions financières à l'encontre des écoles en difficulté, écrit le quotidien Sydsvenska Dagbladet : "Ann-Marie Begler évoque un plus grand nombre d'inspecteurs, des inspections plus fréquentes et une mission plus claire. ... Dans ce contexte, il peut être parfois approprié d'introduire des amendes. ... Un avertissement durable ayant un impact financier n'est pas une mauvaise chose – car si l'alternative est la fermeture de l'école, le risque est que cela n'aura absolument aucun résultat. Si l'inspection étatique des écoles est une autorité sans pouvoir, cela signifie que l'on abandonne les élèves à leur sort, surtout les plus faibles d'entre eux. Begler et son inspection des écoles doivent pouvoir prendre des mesures, y compris sévères." (01.10.2008)

 

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