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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 08.10.2008

 

À LA UNE

Des milliards russes pour l'Islande ?

Des milliards russes pour l'Islande ?

 

Dans la crise financière actuelle, l'Islande est le premier Etat au bord d'une possible faillite. Un crédit de plusieurs milliards accordé par la Russie pourrait tirer Reykjavik du pétrin. L'accord de Moscou n'est toutefois pas encore sûr. Pourtant, la presse européenne estime déjà que l'indépendance de l'Islande est menacée.

Extraits des publications suivantes:
Svenska Dagbladet - Suède, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, The Times - Royaume-Uni

Svenska Dagbladet - Suède

Le quotidien de Stockholm Svenska Dagbladet se demande qui profite du crédit russe accordé à l'Islande : "Si l'Islande se voit accorder un important crédit russe et n'est pas en mesure de le rembourser par la suite , que se passera-t-il ? Le Kremlin va-t-il se saisir de cette île stratégique qu'est l'Islande ? L'Islande est certes membre de l'OTAN mais elle ne dispose pas de sa propre armée et le dernier soldat américain a quitté Keflavik il y a deux ans. Ce serait une évolution intéressante du droit international de la faillite. Les Etats et les souverains ont souvent suspendu les paiements mais les conséquences économiques ont la plupart du temps ont été supportées par d'autres. ... L'Islande, en tant qu'économie nationale occidentale, ne peut pas se dégager de ses dettes. Mais aujourd'hui, ce n'est pas l'Islande en tant qu'Etat mais ses banques expansives qui ont prêté de l'argent. Si les banques étaient acculées à la faillite, les actifs seraient répartis entre les débiteurs." (08.10.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Un crédit d'un milliard pour l'Islande serait positif pour l'image de la Russie estime le quotidien Süddeutsche Zeitung. "La requête de Reykjavik place le Kremlin dans une situation très confortable. Après des mois de reproches européens et américains en raison de l'humiliation et du démembrement de la Géorgie, la Russie doit désormais devenir le sauveur de la petite démocratie islandaise. Et d'autres pays sont déjà dans la file d'attente. Le Kremlin n'aurait pu imaginer meilleur scénario, et cela cadrait formidablement bien avec l'image de Dmitri Medvedev dans la première communication Internet d'un président russe devant une forêt high-tech d'écrans et de téléphones, appelant à une "action commune" face à la crise mondiale. La Russie aide bien volontiers. Les sceptiques soupçonnent Moscou de rechercher une contrepartie politique à l'aide qu'elle apporte, par une influence accrue dans l'économie ou l'apport d'un soutien dans des questions litigieuses, comme celle de la politique en Géorgie. Moscou se rachèterait ainsi dans les affaires diplomatiques en sortant pour ainsi dire de la défensive." (08.10.2008)

The Times - Royaume-Uni

Le quotidien conservateur The Times s'inquiète de l'indépendance économique et politique de l'Islande en cas d'un sauvetage effectué par la Russie : "La crise de l'Islande n'est pas qu'une leçon de morale de portée mondiale face au nombre d'investisseurs étrangers, notamment britanniques ; elle expose le pays aux voleurs qui veulent mettre le grappin sur ce prix. La Russie a proposé de venir au secours de l'Islande en proposant une aide de 4 milliards de livres. … Moscou dispose de l'argent, des moyens et des mobiles. Et quel que soit l'état d'agitation de ce partenaire fiable de l'OTAN, les politiques islandais n'ont pas d'autre choix que de négocier. Il ne pourrait y avoir de plaisir plus grand pour le Kremlin que d'étendre son influence dans l'Atlantique Nord. Si nous ne prenons pas garde, l'Islande marquera le début d'une nouvelle série de fusions et de reprises – non pas d'entreprises, mais de pays entiers." (08.10.2008)

POLITIQUE

Diário de Notícias - Portugal

Les politiques reculent face aux mariages homosexuels

Au Portugal, le parti de gauche Bloco de Esquerda a présenté un projet de loi sur les unions homosexuelles. Le gouvernement du Parti socialiste (PS) a donné comme consigne de vote à ses députés de voter contre cette proposition, bien qu'il soit en réalité favorable au mariage homosexuel. Cette manœuvre politique est insensée, opine le quotidien Diário de Notícias. "A quoi cela sert-il d'avoir 230 députés au Parlement s'ils n'ont pas le droit de prendre des décisions par eux-mêmes ? … La justification du PS pour cette consigne de vote est également grave : … Le PS ne vote pas contre le mariage des homosexuels mais contre 'l'opportunisme politique' de Bloco de Esquerda. Cela signifie que le PS est convaincu que la situation actuelle des homosexuels est injuste mais que ce n'est pas le bon moment de remédier à des inégalités. C'est incroyable. Nous vivons dans un pays dans lequel le gouvernement est d'avis que même la suppression des inégalités, qui dépendent finalement de la promulgation d'une loi, doivent être soumises à un certain calendrier." (07.10.2008)

Delo - Slovénie

La lutte contre la criminalité, simple opération de communication ?

Après l'assassinat de la fille de Zvonimir Hodak, le Premier ministre croate Ivo Sanader a limogé deux ministres et le chef de la police et a déclaré la guerre au crime organisé. Hodak est l'avocat de l'ex-général croate Vladimir Zagorec qui était responsable de l'approvisionnement en armes pendant la guerre de Croatie. Le quotidien Delo craint que l'action de Sanader ne soit qu'une opération de communication. "Les choses sont telles en Croatie que ce ne sont que les pires catastrophes et le violent mécontentement de l'opinion publique et des médias qui s'en suivent, qui poussent le gouvernement à entreprendre quelque chose de sérieux. … Avec ces dernières mesures, Sanader a donné le signal que le gouvernement est déterminé au changement. Mais cela lui permet en même temps de sauver sa peau et la face du gouvernement. Au cas où la lutte contre la criminalité ne devait pas réellement débuter dans les prochains jours et se révéler n'être qu'une nouvelle idée en l'air, [Sanader] peut dire adieu à son poste lors des prochaines élections, voire même avant." (08.10.2008)

El Mundo - Espagne

Miliband exige une politique énergétique européenne

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband demande dans le quotidien El Mundo, l'élaboration d'une politique européenne commune pour une économie "pauvre en émissions de carbone" : "Au moment où l'économie mondiale ralentit, il est tentant de reléguer la transition vers une économie "pauvre en carbone" au second plan. Mais la vérité c'est que cette question est d'une importance capitale pour la bonne santé future de notre économie. Face à l'inflation croissante et aux prix élevés du pétrole et du gaz, c'est un fait que notre dépendance à des formes d'énergie qui génèrent "d'importantes émissions de carbone" contribue à nos difficultés économiques. … C'est pourquoi l'Union européenne doit procéder à un revirement global vers une économie "pauvre en carbone". … Cette institution [l'UE], qui a fondé son existence sur la collaboration dans les secteurs du charbon et de l'acier afin d'éviter les conflits et l'instabilité en Europe, doit revenir à ses racines. Aujourd'hui, elle doit mettre tous ses outils en œuvre pour … créer des normes mondiales et éviter ainsi que la concurrence autour de l'énergie ne provoque un conflit non pas au sein de ses frontières, mais au-delà de celles-ci. " (08.10.2008)

Népszabadság - Hongrie

Les relations difficiles

Tibor Kis réfléchit dans le quotidien progressiste de gauche aux récentes tensions entre la Slovaquie et la Hongrie. "Ce qui s'est déroulé ces derniers jours dans les relations hongro-slovaques n'a pas été très réjouissant. Mais il semble qu'il nous faudra bien nous y habituer. … Notre plus gros problème est bien sûr Ján Slota et sa phobie irrationnelle de la Hongrie. Il est facile de dire (comme le font nos amis étrangers) qu'il nous faut passer outre. Nous ne pouvons purement et simplement pas 'passer outre' Slota – nous ne pouvons pas ignorer que ce politicien primitif et démesurément brutal est le bras droit du Premier ministre [slovaque] Robert Fico. Mais ces évènements ont par certains aspects également laissé entrevoir des lueurs d'espoir : Fico a pour la première fois pris ses distances - bien que timidement - de Slota. On peut au moins lui accorder cela. [Mais] la Hongrie a aussi commis des erreurs. … Dans la cacophonie de ces derniers jours, rester silencieux aurait certainement été plus approprié. Il est probable qu'en faisant preuve de réserve et de calme, le Premier ministre Ferenc Gyurcsány est bien celui qui a fait le plus pour les relations hongro-slovaques." (08.10.2008)

RÉFLEXIONS

El País - Espagne

Judith Astelarra sur les mères au pouvoir

Dans une tribune parue dans le quotidien espagnol El País, la sociologue Judith Astelarra s'interroge sur l'évolution du rôle des mères en politique. La candidate à la vice-présidence aux Etats-Unis, Sarah Palin, et la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacón, n'en sont que deux exemples : "La photo de la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacón, enceinte, passant en revue les forces armées, a fait le tour du monde. Le choix de Sarah Palin a placé une Soccer Mom [femme au foyer et mère de la classe moyenne] sur le ticket républicain. D'après les sondages, cette décision a permis à McCain d'augmenter considérablement le volume de son électorat de femmes blanches de plus de quarante ans. Ces deux exemples sont nouveaux parce qu'on avait l'habitude jusque là de dire que les femmes politiques, à la différence des hommes, devaient sacrifier leur vie de famille pour pouvoir faire carrière. En réalité, cela n'a pas tellement changé. D'après des statistiques, les femmes assumant des mandats politiques continuent à avoir moins d'enfants ou de conjoints que les hommes. Mais face à ces nouveaux modèles, il semble opportun de se poser deux questions : est-ce un signe de la normalisation de l'engagement des femmes en politique ? Et d'autre part, la maternité est-elle devenue un facteur accordant une compétence politique supplémentaire aux femmes ?" (08.10.2008)

Le Monde - France

Michel Reydellet sur le système politique français

Michel Reydellet, professeur à l'Université du Sud - Toulon, critique le système politique français dans le quotidien Le Monde : "Si j'avais à soutenir que la France a le meilleur des régimes politiques, voici ce que je dirais : le Parlement ayant eu trop d'importance sous les Républiques précédentes, il était normal d'en faire un théâtre d'ombres sans importance. … Si les autres peuples d'Europe ont fait de leur roi un simple arbitre, il était logique que nous, qui avons guillotiné le nôtre, nous le rétablissions dans toute sa majesté, en l'élisant nous-mêmes périodiquement. … Les autres Européens ont eu la naïveté de renoncer à leurs Chambres aristocratiques, mais nous, qui sommes d'authentiques révolutionnaires, avons su garder et conforter un Sénat coopté dans la classe politique selon des règles si justes que jamais il ne connut l'alternance depuis plus d'un siècle. … La liberté de la presse règne au pays de Voltaire. Chacun est libre d'écrire, sans excès, dans des journaux confidentiels, mais le candidat du pouvoir est au mieux avec l'empereur du béton et le prince de l'armement, qui possèdent les principaux médias." (07.10.2008)

ÉCONOMIE

Dagens Nyheter - Suède

Rencontre des ministres des Finances de l'UE à Luxembourg

Les ministres des Finances de l'Union européenne se sont retrouvés hier au Luxembourg pour discuter d'une action commune contre la crise bancaire. Cette rencontre a clairement démontré qu'une stratégie d'action commune face à la crise financière fait défaut, écrit le quotidien de Stockholm Dagens Nyheter : "Jusqu'à présent, les dirigeants politiques de l'Union européenne ont plus discuté qu'ils n'ont agi pour lutter conjointement contre la crise financière. Les engagements sans substance n'aident pas à calmer la panique et à renforcer la confiance. Le ministre des Finances Anders Borg a clarifié la situation à son arrivée à la réunion des ministres des Finances de l'UE. Si chaque pays tente de résoudre ses propres problèmes de son côté, la solution apportée par un pays risque de poser problème à un autre. Une tel mode d'action va à l'encontre des principes fondamentaux de l'UE. En revanche, les ministres des Finances se sont mis d'accord sur la manière dont la crise devait être gérée, ce qui est un point positif. Chaque pays endosse la responsabilité pour ses banques mais les plans de sauvetage doivent être coordonnés." (08.10.2008)

De Standaard - Belgique

Un spectateur impuissant

Le quotidien De Standaard évoque le rôle de l'UE dans la crise du crédit : "L'idée de base derrière l'Union européenne était et reste toujours la volonté de parvenir à un espace économique unique. Avec sa multitude de règles et de directives, l'Europe est actuellement présente partout dans la vie financière et économique. Les différents Etats membres sont pieds et poings liés par l'application de la politique économique. Soit l'Europe interdit une chose, soit elle en demande une autre. Mais aujourd'hui, cette Europe, face à la pire crise financière depuis des décennies qui menace aussi son économie, n'a pour une fois aucune réponse. Dans la crise actuelle, elle n'est rien de plus qu'un spectateur impuissant. Et cela ne favorisera pas la confiance de l'Européen moyen dans la construction européenne dans son ensemble." (08.10.2008)

CULTURE

Keskipohjanmaa - Finlande

Un style vestimentaire national

Dans sa chronique dans le quotidien Keskipohjanmaa, Tapio Lehtinen reprend les paroles du chanteur finlandais Tomi Metsäketo qui a déclaré qu'il aimait l'Italie car là-bas, les hommes étaient des hommes et les femmes étaient des femmes, et qu'il aime que les femmes portent des jupes et non des caleçons. "[Le chanteur] exagère délibérément mais il a tout de même raison : c'est agréable de voir une femme italienne en tailleur. ... De toute évidence, ce ne serait pas une mauvaise chose pour l'image de la rue si les Finlandais avaient un peu plus de style. En Finlande, on ne s'habille toutefois pas pour les autres mais on pense qu'il ne faut pas exagérer sur le plan vestimentaire. Je ne sais pas comment se déroule le quotidien chez les Italiens mais en Finlande, la journée débute avec les enfants que l'on dépose à l'école maternelle et que l'on retourne chercher l'après-midi. Et ce, par tous les temps. Sur le chemin du retour ... on fait les courses et ensuite on prépare le repas. Le soir, on emmène les enfants à leurs activités. Les vêtements et l'apparence, dans tout cela, ne figurent pas sur la liste des priorités. Les vêtements envoient un message aux autres. Quant à savoir qui a du style et qui n'en a pas, ce débat est toutefois totalement inutile." (08.10.2008)

Corriere della Sera - Italie

L'art chinois à Londres

La nouvelle galerie du collectionneur et marchand d'art britannique Charles Saatchi est inaugurée ce jeudi à Londres dans une ancienne caserne, avec une exposition d'artistes chinois contemporains. Le quotidien Corriere della Sera écrit qu'avec l'ouverture de sa troisième galerie londonienne, Saatchi a l'Orient, la Chine, l'Iran et l'Irak dans le collimateur. "Le bâtiment est imposant. Il a été construit pour l'état-major de l'armée royale britannique. C'est désormais le quartier général de Charles Saatchi. Le génial et controversé marchand d'art, qui a fait mondialement connaître le Britart de Damien Hirst et Tracey Emin, a découvert le 'Made in China'. … Saatchi a imaginé sa galerie comme le plus grand musée gratuit d'art contemporain. Pour que les comptes suivent, il a associé un hôtel de ventes à son entreprise, afin que telle ou telle œuvre soit vendue aux enchères après les expositions. La révolution chinoise a finalement compris que les affaires et le capitalisme n'étaient pas le pire des maux. Après les Chinois, … Saatchi veut présenter les nouveaux talents 'sauvages' qui s'élèvent au-dessus des ruines irakiennes ou de la rigueur islamique iranienne." (08.10.2008)

COULEURS LOCALES

Diena - Lettonie

Une consigne transfrontalière

Le quotidien Diena critique le système de traitement des déchets en Lettonie. "La Lettonie est tellement saturée de déchets que l'on pourrait difficilement croire qu'à Jelgava, [ville du centre de la Lettonie], nous disposons du plus grand site de recyclage de bouteilles en plastique PET de toute l'Europe de l'Est. Seule la ville de Valka [ville frontalière du Nord de la Lettonie] est propre, car à Valga, ville située de l'autre côté de la frontière en Estonie et anciennement rattachée à Valka, cela fait déjà trois ans qu'il existe une machine automatique pour récupérer les bouteilles consignées, comme on en trouve dans toute l'Estonie. Si un Letton souhaite se faire de l'argent avec ses déchets, il doit juste faire attention à une chose : tenir sa langue et ne pas parler letton car les bouteilles achetées en Lettonie ne sont pas consignées. Et les Estoniens sont tout sauf heureux de se faire rouler par leurs voisins." (08.10.2008)

 

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