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22.11.2008

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Culture

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CULTURE

Kultura - Bulgarie | 21.11.2008

Pour un esprit critique

L'historien Ivan Iltschev critique dans le magazine hebdomadaire Kultura les déficits de la formation universitaire et estime que "l'université doit enseigner aux jeunes gens la pensée critique et la nécessité d'exprimer ouvertement leur opinion personnelle. L'esprit critique fait avancer la société. L'université doit aussi apprendre aux jeunes gens à oser faire des erreurs. En effet, le fait de faire des erreurs est aussi la garantie qu'on progresse : on s'écarte ainsi du mauvais chemin pour rejoindre le bon. ... C'est pourquoi je dis à mes étudiants que l'on n'attend pas d'eux qu'ils reconstituent uniquement une chronologie. Ce qui est important c'est de déterminer à quelle époque se situent les événements, les guerres et quels sont leurs liens avec l'évolution humaine et d'autres événements politiques et culturels. L'université devrait lutter contre l'appauvrissement de l'éducation qui s'empare à grands pas de la société bulgare." (21.11.2008)

La Repubblica - Italie | 21.11.2008

Victoire pour la langue de Dante

En 2004, l'Italie avait porté plainte contre un appel d'offres externe à l'UE, publié uniquement en trois langues. La Cour européenne de justice lui a donné raison hier. Le quotidien La Repubblica voit dans ce verdict une victoire pour la langue de Dante Alighieri : "Avec d'autres pays comme l'Espagne et la Lituanie, l'Italie s'est opposée à la prédominance de l'anglais et du français, auxquels s'est ajouté l'allemand. ... On continuera de défendre la diversité des langues et leur égalité de traitement. D'ailleurs, des voix s'élèvent pour que toutes les langues soient représentées lors des assemblées de l'UE, y compris celles considérées comme exotiques par la majorité des Européens - comme le gallois et le maltais. Ces exigences sont légitimes même si à Bruxelles, devenue une véritable de tour de Babel, le multilinguisme constitue un gros problème, avec ses tonnes de documents et de protocoles traduits quotidiennement." (21.11.2008)

Observator Cultural - Roumanie | 20.11.2008

L'illusion de l'anticommunisme roumain

Après qu'un groupe d'experts a publié en 2006 un rapport sur les crimes du communisme en Roumanie, un nouveau livre, intitulé "L'illusion de l'anticommunisme", revient sur l'héritage du communisme en Roumanie. Vasile Ernu, l'éditeur, explique ses motivations dans le journal Observator Cultural : "Nous ne pouvons pas considérer le communisme comme une malformation, ni prétendre que nous ne sommes pas responsables parce que le communisme serait venu des pays voisins. Le transfert de culpabilité et de responsabilité est une discipline nationale en Roumanie. Je dis toujours : la période de [Nicolae] Ceauşescu est la période la plus monstrueuse et malheureusement la plus importante de la Roumanie moderne. Ceauşescu est l'événement le plus significatif de la politique roumaine, que cela nous plaise ou non. Ceauşescu est un pur produit roumain. Il n'est pas un phénomène naturel, mais un produit culturel. ... Nous ne pouvons pas nous en laver les mains. Nous devons prendre nos responsabilités." (20.11.2008)

Romania Libera - Roumanie | 18.11.2008

Le système éducatif roumain dans l'attente

La Parlement a décidé il y a quelques semaines d'augmenter les salaires des enseignants roumains de 50 pour cent mais, depuis, il ne s'est rien passé. Le journal Romania Libera écrit : "En réalité, cette éternelle position d'attente caractérise parfaitement le système éducatif de ces 18 dernières années. On a attendu l'argent, les réformes, la décentralisation, le changement de la structure des examens, et dans quelques années on attendra en vain les élèves en raison du recul des naissances. … Dans ce chaos marqué par les attentes, peu de réformes du ministère de l'Education sont liées à une amélioration importante du système éducatif : à savoir un cursus universitaire spécialisé permettant de bien former les futurs enseignants. … Avec les compétences acquises, les diplômés n'obtiennent même pas la note minimale aux examens qu'ils doivent passer pour pouvoir devenir enseignants. Les 30 heures pédagogiques et les deux ou trois heures de travaux pratiques ne les préparent pas au travail en classe. Tant que la situation sera aussi grave, on ne pourra pas parler de cours d'enseignement attractifs et d'enseignants bien formés." (18.11.2008)

La Repubblica - Italie | 15.11.2008

Art et hot-dogs

Le ministère de la Culture italien va disposer d'un nouveau super-patron pour les musées. Celui-ci devra avant tout trouver de nouvelles sources de financement avec une politique commerciale de prêt des œuvres d'art. Sans passer par la procédure d'appel d'offres habituelle, le ministre de la Culture, Sandro Bondi, a nommé à ce poste Mario Resca, 62 ans, le directeur de McDonald's Italie depuis 12 ans. La Repubblica critique ce choix : "Faire rentrer de l'argent, réaliser des bénéfices, sortir de la zone rouge, c'est la devise poursuivie par le ministère avec la nomination de Mario Resca comme super-patron. Un technicien expérimenté qui sait comment faire de l'argent comme chez McDonald's. Un hot-dog comme Le Caravage - une légère ironie qui s'avère pourtant dangereuse. On oublie que le patrimoine culturel ne doit pas être exploité mais protégé, préservé et transmis aux générations futures. Les musées ne sont pas des entreprises. … Nommer un historien de l'art à la tête de McDonald's aurait le même effet et susciterait la même indignation." (15.11.2008)

El País - Espagne | 17.11.2008

Matière à romans

L'écrivain Manuel Rico demande dans le quotidien El País pourquoi si peu de romans sont écrits sur la vie pendant la dictature de Franco en Espagne. Nombreux sont les sujets à avoir à peine été traités : "Je pense par exemple au quotidien des années 50 et 60 et à la vie - et la conscience - d'une société endormie qui vit dans une paix fictive à une époque où les pénitenciers sont remplis de prisonniers politiques, à qui on impose l'habitude du silence, de l'autocensure, de la peur. Cette réalité ne fait-elle pas partie de notre mémoire et n'est-elle pas à l'origine de nos peurs et de nos complexes actuels ? Pourquoi considérons-nous cela avec normalité, voire avec enthousiasme, quand Ian McEwan décrit des protagonistes manifestant contre la guerre du Vietnam, alors que nous qualifions de pamphlets les ouvrages des narrateurs espagnols qui traitent de la mémoire des grands mouvements étudiants des années 60 ou des grands conflits politiques et sociaux qui dans les années 70 ont fissuré l'édifice du franquisme ?" (17.11.2008)

To Ethnos - Grèce | 13.11.2008

Patriarche du passé

Le patriarche serbe-orthodoxe Pavle, qui se trouve depuis un an dans un hôpital de Belgrade, avait présenté sa demande de démission en octobre. Le concile a toutefois décidé qu'il devait rester en poste à vie. Le quotidien To Ethnos voit une dimension politique dans la lutte pour le pouvoir interne à l'Eglise : "Le concile s'est décidé dans l'urgence à maintenir Pavle car elle n'a pas réussi à s'entendre sur un successeur. … Pavle est un homme du passé. … Il a pris le patriarcat quand les nationalistes sont arrivés au pouvoir avec [l'ancien président serbe Slobodan] Milošević. … Outre la grande influence dont dispose l'Eglise serbe dans la vie politique du pays, l'importance de son contrôle politique repose sur un autre élément très significatif : … ce ne sont pas seulement les Serbes de Serbie qui appartiennent à cette Eglise, mais aussi les Serbes de Bosnie, du Kosovo et de Croatie. Par conséquent, il est capital pour les Etats-Unis et l'UE qu'un patriarche pro-occidental soit élu." (13.11.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne | 13.11.2008

Révolution de l'esthétique architecturale

En raison de la crise financière, le marché immobilier américain découvre les qualités architecturales de l'Europe, écrit le quotidien Süddeutsche Zeitung. "Rien n'incarne autant l'esprit américain où s'associent l'indépendance, l'individualisme et l'amour de la glèbe que la maison américaine. ... Depuis les années cinquante, aux Etats-Unis, le besoin en logement personnel a quasiment triplé. Cet excès semble désormais révolu, du fait notamment du prix du pétrole. Cela entraîne la stagnation des gigantesques banlieues où habitent les travailleurs faisant la navette. ... A la place de cela, l'Amérique a découvert des dimensions habitables plutôt européennes et l'efficacité énergétique. Cela pourrait être une révolution de l'esthétique urbaine américaine. ... Si les maisons américaines incluent désormais les toits à panneaux solaires, la sobriété scandinave et les épais murs suisses, s'ils renoncent à leurs rajouts romantiques au bénéfice de volumes habitables moins consommateurs d'énergie et donc plus compacts, alors cela mettra fin définitivement au monde des Walton [série télévisée américaine]." (13.11.2008)

Le Monde - France | 12.11.2008

Prix littéraires de l'intégration

En France, un écrivain d'origine afghane et un auteur d'origine guinéenne ont reçu des prix littéraires renommés. C'est un signe que l'Hexagone accepte enfin sa multiculturalité, pense le quotidien Le Monde : "Si quelqu'un doute de la capacité de ce pays à assumer son métissage [culturel], si qui que ce soit s'interroge sur le rayonnement de la francophonie, l'élection de l'Afghan Atiq Rahimi par le jury du prix Goncourt et celle du Guinéen Tierno Monénembo par le jury du prix Renaudot viennent d'apporter une réponse éloquente. Certes, deux prix littéraires n'aboliront pas nos détestables frilosités identitaires. Des métèques pour qui le français est la langue de la liberté. Ils rappellent opportunément aux Français qu'ils seraient bien inspirés de soigner leurs fièvres obsidionales." (12.11.2008)

El Mundo - Espagne | 12.11.2008

L'art n'assouvit pas la faim

Le sculpteur espagnol Miquel Barceló est sur le point d'achever une œuvre gigantesque qui ornera la coupole de la salle des droits de l'homme du bâtiment de l'ONU à Genève. Les 20 millions d'euros consacrés à cette œuvre proviennent en partie de l'Etat espagnol. 500 000 euros ont été apparemment puisés dans les fonds destinés à l'aide au développement. El Mundo critique cela : "Il ne s'agit naturellement pas de mettre en cause la valeur artistique de l'œuvre du célèbre artiste majorquin – les opinions peuvent diverger sur ce point –, mais de se demander si l'argent public doit être utilisé pour décorer la soi-disant alliance des civilisations, une initiative éthérée lancée par [le chef du gouvernement espagnol] Zapatero lors de son premier mandat et qui, à présent, a été quasiment oubliée. Et si cela semble discutable, c'est effectivement fort de café d'utiliser de l'argent qui selon la loi est destiné aux pays en voie de développement. La coupole de Barceló sera certes une œuvre d'art mais elle n'améliore pas la vie des pauvres." (12.11.2008)


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