C'est le parlement roumain, et non le ministère public, qui a rejeté hier l'introduction de demandes d'enquête à l'encontre de deux députés, l'ex-Premier ministre Adrian Năstase et l'ex-ministre des Transports, Miron Mitrea, pour présomption de corruption. D'après le quotidien Gândul, cette décision aura d'importantes répercussions : "Cette décision montre que la justice est complètement ignorée en Roumanie. On se moque des citoyens de ce pays qui, pendant 18 ans, ont entendu parler des principes d'Etat de droit, de démocratie et d'égalité devant la loi, auxquels ils ont cru. … Les députés auraient dû requérir contre les deux hommes Nastase et Mitrea, non pas la prison ni la chaise électrique, mais simplement une action en justice à leur encontre, pas seulement pour des questions de responsabilité et de morale, mais au moins dans l'optique d'un calcul politique. … Les députés qui se sont opposés à cette enquête se sont encore enfoncés davantage qu'ils ne l'étaient déjà de toute façon pour l'opinion publique. Quelle pression a été exercée sur les parlementaires ? Qui était leur conseiller le plus important ? Il n'y a qu'une seule réponse possible : la peur. La peur bleue de devoir soi-même se retrouver un jour face aux procureurs. L'ampleur de cette peur paralysante donne une idée du nombre de cadavres dans le placard, de l'importance du vol et du déshonneur mais aussi des sommes impressionnantes qui ont été amassées sous le toit du Parlement." (14.08.2008)
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