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05.09.2008

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Réflexions

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RÉFLEXIONS

El País - Espagne | 04.09.2008

L'Europe a besoin d'une politique extérieure

Le quotidien El País se penche sur la politique internationale actuelle dans le contexte historique des siècles passés et recommande à l'Europe de développer une politique extérieure autonome : "La vraie question était autrefois [après la fin de la guerre froide] et est aujourd'hui : la paix mondiale peut-elle être garantie par la suprématie unilatérale des Etats-Unis ou bien la paix mondiale doit-elle être recherchée à travers l'établissement d'un ordre multilatéral reposant sur le principe de la prééminence de l'intérêt commun sur celui des intérêts particuliers. … Les Etats-Unis ont commis la grave erreur de miser sur la défense unilatérale de leur hégémonie absolue. … Les événements en Géorgie et l'action de la Russie précédée par celle de l'Occident au Kosovo, et la tentative du président russe Medvedev d'obtenir le soutien de la Chine pour ses actes, montrent clairement quelle direction prendra désormais la politique internationale : tisser des alliances sur la base d'intérêts concurrents, dans le but de défendre ses propres intérêts et ceux de tiers. Dans ce contexte, l'Europe doit se poser certaines questions : doit-elle toujours agir, au travers de l'OTAN, comme figurante des Etats-Unis ? L'Europe ne peut-elle pas chercher à établir vis-à-vis de la Russie une relation particulière qui tienne compte de sa dépendance énergétique et, aussi, des problèmes que la Russie rencontrera avec la Chine à cause de la Sibérie ? Les Etats-Unis n'opteront-ils pas bientôt pour une entente particulière avec la Chine … reléguant ainsi l'Europe ?" (04.09.2008)

The Guardian - Royaume-Uni | 04.09.2008

Nettoyage ethnique en Ossétie du Sud ?

Dans le quotidien The Guardian, l'historien Timothy Garton Ash reproche aux milices russes de procéder à un nettoyage ethnique en Ossétie du Sud et s'interroge sur l'attitude appropriée de l'Europe vis-à-vis de la Russie : "Ce dont nous avons besoin, c'est d'une stratégie sur deux fronts qui combine les éléments d'une intimidation dure et d'un engagement habile – pour ainsi dire, guerre froide et détente. … Il doit être clair que la porte reste toujours ouverte pour le type de partenariat stratégique dont l'Occident avait rêvé dans les années 90, avec la Russie comme nouveau pilier d'un ordre international libéral. Notre base de travail doit cependant être que dans un avenir prévisible la Russie de Poutine maintiendra sa position actuelle : celle d'une grande puissance intransigeante, décidée à repousser l'influence de l'Occident et à établir ses propres sphères d'influences dans l'espace postsoviétique dans le style du XIXe siècle. … L'Europe doit faire ce qu'elle peut pour la Géorgie, y compris assurer une présence visible sur place. Mais stratégiquement, il est encore plus important de faire tout son possible pour l'Ukraine. … L'UE devrait maintenant donner à l'Ukraine une perspective claire d'adhésion. … Notre réponse devrait être réaliste dans notre jugement, non seulement de la Russie mais aussi de nos forces et de nos faiblesses. La Russie manie bien les chars. L'Europe n'est pas douée dans le maniement des chars. Mais nous pouvons faire mille autres choses qui sont plus petites, plus douces et plus lentes que les chars mais qui – à condition d'avoir le temps et de disposer de la perspective d'une éventuelle adhésion -peuvent constituer une grande force. Ce modèle européen est maintenant au banc d'essai." (04.09.2008)

Die Zeit - Allemagne | 03.09.2008

Un héritage socialiste difficile

La crise dans le Caucase peut être imputée au nationalisme géorgien exagéré, écrit le philosophe russe Michail Ryklin dans l'hebdomadaire Die Zeit. Dans d'autres Etats postsoviétiques, les courants nationalistes constitueraient également un problème. "En totale contradiction avec les rêves des nationalistes, la Géorgie est devenue extrêmement pauvre après la désagrégation de l'Union soviétique. … On ne devrait [toutefois] pas tirer de conclusions morales trop larges à partir seulement de la possession ou de la non possession de biens. … Au fait, qui sont en réalité les 'Russes' et les 'Géorgiens' ? Ce sont avant tout des citoyens postsoviétiques qui ont juste l'impression d'être retournés dans leurs niches nationales après la grande terreur - comme si la terreur ne leur avait pas laissé de profondes blessures ne pouvant guérir avant plusieurs décennies, comme s'ils ne sentaient dans le corps de leur nation les douleurs fantômes de l'Union soviétique. L'absence de volonté à se pencher sur sa propre histoire offre à l'espace postsoviétique des guerres et des conflits ethniques. Indépendamment de la rhétorique du moment, le nationalisme fleurit, même si la rhétorique démocratique ne fait pas exception. … Un retour vers l'Europe n'est possible que si l'on se confronte à la tout récente histoire totalitaire, aux mécanismes qui ont asservi dans une égale mesure les Russes, les Ukrainiens, les Russes blancs, les Kirghizes et les Géorgiens. Ce n'est que lorsque ce travail aura été effectué que nos conceptions de l'Europe deviendront plus complexes, plus différenciées et - ce qui importe le plus - plus réalistes." (03.09.2008)

Financial Times - Royaume-Uni | 03.09.2008

La fin de l'hégémonie

Le chroniqueur Martin Wolf décrit la prochaine élection américaine dans le quotidien Financial Times comme le dernier tronçon de suprématie mondiale anglo-américaine : "Ils [le candidat démocrate, Barack Obama, et le candidat républicain, John McCain] reflètent des éléments opposés de cette tradition [l'hégémonie anglo-américaine] : les instincts de conflit et de coopération. Le premier instinct recherche des ennemis, le second des accords. Le premier est manichéen et le second conciliant. … Cette élection présidentielle déterminera le caractère de la prochaine, et vraisemblablement dernière, époque, de l'hégémonie mondiale anglo-américaine. La question est de savoir si le peuple américain choisira l'instinct du conflit ou de la coopération. Ni McCain ni Obama ne s'approprieront en pratique qu'une seule alternative. Mais une seule approche ne sera pas non plus la seule réponse. Cependant, la différence dans la tendance est claire. Les Etats-Unis vont-ils s'armer pour une nouvelle grande croisade contre le mal ? Ou seront-ils prêts à s'asseoir et à parler avec le reste du monde ? La bonne attitude pour le monde complexe actuel n'est pas celle de ceux qui considèrent qu'accord et apaisement sont synonymes. Le choix semble clair. Il marquera notre ère." (03.09.2008)

Kristeligt Dagblad - Danemark | 02.09.2008

Ikea et l'infantilisation

Le quotidien Kristeligt Dagblad voit dans le catalogue de l'entreprise suédoise d'aménagement intérieur Ikea, un symbole de la vaste infantilisation de la société : "Le ton utilisé dans le catalogue pour s'adresser aux acheteurs n'emploie pas seulement la joyeuse forme du tutoiement, il se situe en outre à un niveau qui laisserait supposer que ceux-ci sont âgés de 11 à 12 ans. … Au-delà de la tentative d'infantilisation de ses clients, Ikea se sent également investi d'une mission morale fondée sur le souhait de créer une justice avec des prix bas. … Et selon Ikea, la justice consiste à ce que tout le monde puisse s'acheter de jolis meubles, avec en toile de fond l'idée selon laquelle personne ne devrait être plus distingué qu'un autre dans la société. Dans cette aspiration à la classe moyenne … on trouve un bel exemple de ce que le [philosophe] Søren Kierkegaard désigne comme le grand nivellement moderne. Une tentative d'effacer les différences entre les êtres, ce qui dans l'univers de Kierkegaard conduit à la jalousie, à la mesquinerie et à la focalisation sur tout ce qui n'est pas d'ordre intellectuel. Ikea se présente comme une figure paternelle charitable qui souhaite veiller à ce que tous les enfants soient traités équitablement. Le catalogue d'Ikea invite [le lecteur] à rêver de révolution et de libération de la simplicité. Mais il amène surtout à penser qu'il plairait à de nombreuses personnes d'être placées dans une grande chambre d'enfant où tous les problèmes disparaissent. Et où on nous adresse la parole comme si nous n'avions jamais quitté [cette chambre d'enfant]." (02.09.2008)

Monitor - Bulgarie | 02.09.2008

Le nouveau monde multipolaire

Selon le quotidien Monitor, le conflit dans le Caucase témoigne de la nouvelle orientation de la politique mondiale : "Le conflit en Géorgie est devenu une grosse crise internationale qui a clarifié quelques changements essentiels. Il serait cependant exagéré de parler d'une nouvelle guerre froide, car il n'existe pas d'opposition globale entre l'Ouest et l'Est, comprenant également une confrontation idéologique. … De toute évidence, il n'est pas encore opportun de parler d'une Europe homogène, unie par l'OTAN et par l'UE, et dont les portes seraient ouvertes vers l'Est. Manifestement, les inquiétudes provenant de l'autre côté de l'Atlantique, évoquant une Russie qui ferait contrepoids aux Etats-Unis, ne sont pas exagérées. Dans ce panorama géopolitique, on ne soulignera jamais assez l'influence du nouveau colosse asiatique. Après une période d'environ 20 ans de dominance américaine, nous sommes confrontés à un monde multipolaire. Leurs centres sont : la puissance mondiale américaine en premier lieu mais aussi l'Union européenne, la Russie, la Chine et bientôt l'Inde. L'hégémonie de l'Amérique avait jusqu'à présent ses avantages pour le maintien de la stabilité dans le monde, mais après le conflit en Géorgie, on peut affirmer sans aucun doute que celle-ci est terminée." (02.09.2008)

Jyllands-Posten - Danemark | 01.09.2008

La fin d'un ordre mondial

Après la guerre dans le Caucase et la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par le président russe Dmitri Mdevedev, le quotidien Jyllands-Posten s'attend à la naissance d'un nouvel ordre mondial. "La reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par le président de la Russie, Dmitri Medvedev, marque l'effondrement de l'ancien ordre mondial qui avait été élaboré sous la conduite des Etats-Unis depuis la fin de la guerre froide. … Avec les événements en Géorgie, nous avons dit adieu au monde d'hier. Mais nous ne savons pas encore ce qui va surgir à sa place. Ce qui est sûr, c'est que l'établissement d'un nouvel ordre constituera l'un des défis majeurs du prochain président américain. Le mieux que pourrait faire l'Occident pour la diffusion de la démocratie et la liberté, serait de regagner son indépendance aussi vite que possible vis-à-vis du pétrole et du gaz provenant de Russie et du Proche-Orient." (01.09.2008)

Lluís Foix Blog - Espagne | 01.09.2008

Une nouvelle ère de la politique mondiale

L'ex-rédacteur en chef du quotidien La Vanguardia, Lluís Foix, évoque sur son blog l'imminence d'une nouvelle ère dans la politique mondiale. "Une nouvelle ère politique est sur le point de s'ouvrir. Le cadre majeur [de ce changement] est donné par les élections américaines qui marqueront la tendance au cours des prochains mois. … Mais l'hégémonie américaine n'est plus indispensable. La Russie veut regagner les territoires perdus et va chercher de nombreux prétextes pour jouer avec son potentiel énergétique et politique. Les Etats-Unis sont parvenus à positionner des troupes en Asie centrale et [le Premier ministre russe Vladimir] Poutine a avertit l'Ukraine et les autres Etats baltes qu'une alliance trop explicite avec l'Occident aura son prix. La Chine croît dans des proportions colossales et veut être respectée et entendue en Occident. … L'Europe se distrait avec un pacifisme remarquable et n'est pas en mesure de demander de plus grands efforts à ses citoyens. Des quatre zones d'influence mondiales, l'Europe est la plus fragile et en même temps la plus forte. Elle continue à s'étendre et agit comme un aimant sur ses voisins qui frappent à sa porte." (01.09.2008)

Kapital - Bulgarie | 29.08.2008

1968 en Bulgarie

Contrairement à l'opinion dominante en Bulgarie, l'hebdomadaire Kapital pense que ce pays a bien eu son propre 1968 et vécu son propre Printemps de Prague : "Cela a été le premier pays à s'être prononcé en faveur de l'intervention militaire en Tchécoslovaquie et le dernier, après le tournant, à s'être excusé pour la répression du Printemps de Prague – c'est cela notre 1968 et nous ne devrions pas l'oublier, et encore moins le renier parce que cette période détermine la transition bulgare. Ce que nous sommes aujourd'hui. Nous devrions penser à cette année 1968 chaque fois que nous sommes choqués d'apprendre que le passé d'un soi-disant dissident est lié aux services secrets ou que nous nous étonnons de la tolérance de la société vis-à-vis de la corruption, des abus de pouvoir et des manipulations politiques. … C'est la censure qui sépare culturellement et économiquement l'Est de l'Ouest et rend toute comparaison impossible. Le Printemps de Prague avait effectivement sa géographie dans laquelle nous, à l'Est, nous situons toujours." (29.08.2008)

Der Spiegel - Allemagne | 25.08.2008

Le bœuf est néfaste pour l'environnement

Selon une étude de l'ONG Foodwatch, les exploitations agricoles en Allemagne produisent autant de dioxyde de carbone que la circulation routière. Le magazine d'informations Der Spiegel voit la solution dans la réduction de la consommation de viande de bœuf : "Le résultat [de l'étude] va plonger dans la panique les amateurs inconditionnels de viande de bœuf. Car, même si toutes les exploitations et les méthodes, qu'elles soient bio ou non, étaient optimisées techniquement pour l'environnement, la solution centrale pour une agriculture plus écologique passe par la réduction drastique de la consommation de viande de bœuf. … La roulade de bœuf pourrait devenir dramatiquement plus chère. … [Et] quiconque croit qu'acheter une entrecôte dans des magasins bio contribue à la protection de l'environnement, se trompe. Les choses sont plus parlantes quand on procède à une conversion en kilomètres parcourus en voiture. Un kilo de viande bio présente en effet le même bilan énergétique que 113,4 km effectués dans une voiture économique de la classe compacte. Dans l'élevage traditionnel, cela équivaut en raison de la production intensive, à 70,6 km seulement. … [Au niveau politique] il n'est demandé que ce qui est prescrit depuis longtemps – aucune réduction des bovins." (25.08.2008)


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