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07.09.2008

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À la une

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À LA UNE | 05.09.2008

Le changement par le rapprochement

A l'occasion d'un sommet à quatre, jeudi, à Damas, le président français, Nicolas Sarkozy, a rencontré ses homologues de Syrie, du Qatar et de Turquie, pour évoquer le conflit au Proche-Orient ainsi que le problème du nucléaire iranien. Par ses efforts, Sarkozy souhaiterait en outre parvenir à faire sortir la Syrie de son isolement international. Ce sommet va-t-il permettre de mettre l'évolution politique au Proche Orient en mouvement ?

Extraits des publications suivantes:
The Irish Times - Irlande, Frankfurter Rundschau - Allemagne, Diário de Notícias - Portugal, Le Figaro - France

The Irish Times - Irlande

Le quotidien The Irish Times loue les efforts diplomatiques de l'actuel président du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, en Syrie : " Trois dossiers diplomatiques étaient sur la table de Sarkozy lors de sa visite à Damas: les relations avec le Liban, le programme d'enrichissement nucléaire iranien et le lancement des négociations de paix entre la Syrie et Israël. Il a fallu du courage à Sarkozy pour oser s'aventurer sur un terrain aussi compliqué mais également aussi interconnecté sans savoir que des progrès pourraient être effectués. Et aussi minime qu'a été l'évolution [des positions] qui s'est réellement déroulé, cela en valait assurément la peine. En associant son rôle de chef d'Etat français à celui de président en exercice du Conseil de l'UE, Sarkozy a … apporté quelques initiatives potentielles dans un domaine depuis trop longtemps négligé et figé de la politique internationale. … En dépit du manque d'avancées réalisées hier, la disposition de M. Sarkozy à prendre des risques constitue un changement rafraîchissant. … Si de telles initiatives pouvaient commencer à porter leurs fruits, cela serait le bienvenu." (05.09.2008)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le quotidien Frankfurter Rundschau voit une nouvelle orientation dans les efforts de médiation européenne au Proche-Orient. "Des poignées de mains avec des crapules ? … Un mouvement a pris forme dans le système de coordonnées bien rodé entre le bien et le mal au Proche-Orient. L'UE, sous la direction de l'habile président français [Nicolas Sarkozy], tente d'explorer de nouvelles voies. Les Européens ont en effet adhéré à contrecœur à l'idée 'd'axe du mal' imaginé par les Etats-Unis. Et dans les pourparlers de paix avec Israël, des Etats comme la Turquie et le Qatar se sont révélés être de nouveaux médiateurs qui jouissent d'une confiance aussi bien du côté arabe que du côté israélo-américain. Sarkozy s'est aussi habilement positionné. Il a mit un terme à la condamnation de la Syrie par son prédécesseur, Chirac, et a développé une nouvelle confiance dans les relations de la France avec Israël. … Si on aboutissait à une réconciliation avec la Syrie, on pourrait entrevoir une solution dans la crise nucléaire avec l'Iran." (05.09.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Le quotidien Diário de Notícias consacre son éditorial à la visite à Damas du président français et actuel président du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy : "Sarkozy se sert à nouveau de son poids politique pour engager la résolution d'un conflit interminable. Après la libération des otages des FARC et le cessez-le-feu entre la Russie et la Géorgie, Sarkozy apporte à présent son aide aux médiations turques dans le processus de paix entre la Syrie et Israël. La rencontre à Damas entre Sarkozy, le président syrien Bachar Al-Assad, le chef du gouvernement turc Recep Tayip Erdoğan et l'Emir du Qatar, le cheik Hamad bin Chalifa Al Thani, a immédiatement été suivie de l'annonce du prochain cycle de négociations entre la Syrie et Israël dans deux semaines. … La France entretient une relation historique avec la Syrie et le Liban. Le voyage de Sarkozy en Syrie met fin au gel des relations politiques entre la France et la Syrie et remplit le vide que la politique isolationniste … de l'administration américaine de Bush contre Assad avait créé. Ce processus de paix en cours aura également pour conséquence le fait que le Liban demande la même chose de la part d'Israël, et la réduction de l'influence politique de l'Iran sur la Syrie." (05.09.2008)

Le Figaro - France

Le quotidien le Figaro voit dans les efforts de l'actuel président du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, une bonne base pour la collaboration avec les Etats-Unis concernant le conflit au Proche-Orient. "À Damas, Nicolas Sarkozy a scellé le retour de la France au cœur des débats dont dépend l'avenir du Proche-Orient. … Si la diplomatie française se déploie ainsi sur tous les fronts, c'est parce qu'elle assume la présidence de l'Union européenne et qu'il faut éviter la paralysie qui aurait pu découler du non irlandais au traité de Lisbonne. … C'est aussi parce que le monde attend l'élection américaine du 4 novembre et qu'il y a manifestement un vide à combler en cette fin de règne de George W. Bush. … À Damas, Nicolas Sarkozy a préparé le terrain à l'ouverture de négociations directes entre la Syrie et Israël. … La confiance qu'il a su établir avec les États-Unis comme avec Israël permet à Nicolas Sarkozy d'apporter un surcroît de légitimité à cet effort de paix sans froisser les absents. … Quelle que soit l'issue de l'élection américaine, le successeur de George W. Bush ne pourra pas se plaindre d'avoir en Europe un partenaire énergique." (05.09.2008)

À LA UNE | 04.09.2008

La Russie divise l'Ukraine

La coalition gouvernementale ukrainienne du président, Viktor Iouchtchenko, et de la Premier ministre, Ioulia Tymochenko, est de nouveau au bord de la dissolution. Les raisons de la crise gouvernementale sont les positions divergentes face à l'intervention russe dans le Caucase. En outre, le parti de Tymochenko s'est entendu avec le parti d'opposition pro-russe pour limiter le pouvoir du président. La "Révolution orange" toucherait-elle à sa fin ?

Extraits des publications suivantes:
Gazeta Wyborcza - Pologne, Der Standard - Autriche, Postimees - Estonie, Il Sole 24 Ore - Italie

Gazeta Wyborcza - Pologne

Après la rupture de la coalition gouvernementale, le quotidien libéral Gazeta Wyborcza s'inquiète de l'indépendance de l'Ukraine démocratique : "Moscou est le seul à profiter du conflit entre les politiques de la Révolution orange. … Dans le cas où la transition démocratique débutée il y a quatre ans devait se terminer par une catastrophe et par l'opprobre des vainqueurs de Maidan [la Place de l'indépendance à Kiev], la Russie récupérerait l'Ukraine dans son domaine d'influence. Elle occuperait alors ses positions avec un homme à elle. Ce qui s'est passé mardi et mercredi à Kiev ne fait que nous rapprocher un peu plus de cette catastrophe. … Les responsables au gouvernement en Pologne doivent ramener aussi vite que possible leurs partenaires ukrainiens à la raison et leur expliquer - de vive voix si nécessaire et pas à mots couverts - que le plus important n'est pas de savoir qui deviendra président de l'Ukraine dans six mois. Ce qui importe, c'est que l'Ukraine soit dirigée par un président démocratiquement élu et pas par un gouverneur général." (04.09.2008)

Der Standard - Autriche

Le quotidien Der Standard appelle les partis divisés à retrouver une unité au regard de la politique d'hégémonie de la Russie : "La nouvelle édition de la coalition orange … est victime de l'ancienne lutte pour le pouvoir entre rivaux. … La crise dans le Caucase a aggravé ce conflit parce que les relations avec la Russie sont depuis toujours un sujet difficile dans ce pays. … Or, dans le contexte de la situation difficile dans la région, la crise du gouvernement arrive au mauvais moment. Certes, les craintes d'une action militaire des Russes en Ukraine pourraient être infondées. Mais le jeu musclé de Moscou constitue également une menace pour Kiev qui aspire comme la Géorgie à des alliances occidentales. Nous avons besoin maintenant d'unité, pas de lutte électorale. C'est à cela que les partis devraient réfléchir dans les dix prochains jours." (04.09.2008)

Postimees - Estonie

Le quotidien Postimees voit une menace pour l'ensemble du développement du pays dans la lutte pour le pouvoir entre le président, Viktor Iouchtchenko, et la Première ministre, Ioulia Tymochenko : "Après la Révolution orange, nous nourrissions de grands espoirs que plus rien n'arrêterait l'Ukraine sur le chemin vers l'Occident. Mais les tensions intestines pourraient freiner l'élan de l'Ukraine et de nombreuses illusions d'alors sont entretemps parties en fumée. Après l'agression russe contre la Géorgie, il serait maintenant tellement important, que le pays soit uni car Moscou utilisera chaque faiblesse pour placer de nouveau l'Ukraine dans sa sphère d'influence et résoudre la question de la Crimée en sa faveur. Kiev doit maintenant prendre une décision de politique intérieure et faire preuve de sagesse, mais elle a aussi besoin du soutien de l'Occident et de signaux clairs en ce qui concerne une adhésion éventuelle à l'OTAN. " (04.09.2008)

Il Sole 24 Ore - Italie

Pour le quotidien Il Sole 24 Ore, la nouvelle crise gouvernementale en Ukraine constitue aussi un problème pour le gouvernement américain : "Le vote s'oriente de facto contre le président Viktor Iouchtchenko et ouvre grand la porte à une démission du gouvernement. La perspective la plus réaliste correspond à la dissolution du Parlement actuel, le troisième élu depuis 2006. Un record déstabilisant qui témoigne de la fragilité de la structure institutionnelle mais aussi politique de l'Ukraine. Le pays est caractérisé par des crises et une instabilité permanente aux effets également désastreux sur l'économie. Il faudrait que ceux qui pressent pour que Kiev rejoigne l'OTAN réfléchissent aussi à cela. … La crise grave est intervenue peu avant l'arrivée du vice-président américain, Dick Cheney, l'homme qui représente le camp interventionniste du gouvernement Bush et qui est favorable à l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN. Cheney voit en Iouchtchenko un 'canard boiteux' , ce qui est un plus pour Moscou dans le bras de fer international sur le terrain postsoviétique." (04.09.2008)

À LA UNE | 03.09.2008

Le football européen en crise

Le football européen est en effervescence : des supporters violents ont généré un scandale en Italie il y a quelques jours, le club britannique traditionnel de Manchester City a été racheté hier par l'Abu Dhabi United Group (ADUG), l'une des entreprises d'investissements contrôlées par la famille régnante aux Emirats Arabes Unis. Où va le football en Europe ?

Extraits des publications suivantes:
La Repubblica - Italie, The Guardian - Royaume-Uni, Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica regrette que les investisseurs disposant de gros moyens financiers évitent les clubs de football italiens en raison de la violence de leurs supporters et du manque de transparence économique. "Après les différents rachats, la Premier League britannique est à présent le championnat le plus riche du monde. … Pourquoi les riches princes du pétrole et les oligarques russes ne s'intéressent-ils pas aux clubs de foot italiens ? … Quiconque investit en Italie craint de ne pas pouvoir contrôler l'argent gagné. Les équipes sont otages de ces groupes de supporters qui sont en partie de véritables gangs, causant des dommages irréparables au bien commun de la société par leurs actes violents. Ce sont des actes perpétrés collectivement, visant des objectifs économiques et pour lesquels il est difficile de poursuivre les auteurs individuellement et pénalement. S'ajoute à cela la supériorité des présidents des clubs de foot et enfin, en tout dernier lieu, le conflit d'intérêt : l'argent des clubs italiens provient presque exclusivement des droits de retransmission télé. La personne qui mène les négociations poursuit souvent ses propres intérêts personnels, en contradiction avec ceux des autres équipes. En un mot, le football souffre exactement des mêmes syndromes que l'ensemble du système économique italien." (03.09.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

A l'occasion de la vente du club de Manchester City, le quotidien The Guardian regrette le changement culturel dans le sport qui fait que les clubs de foot ne sont plus dirigés par des fans mais par des financiers : "Cette saga est tout simplement l'exemple le plus spectaculaire du glissement irréversible qui s'opère dans les meilleurs clubs, que les communes et les fans ne peuvent plus contrôler. La dernière fois c'était Chelsea. Maintenant c'est Manchester. Bientôt ce sera un autre club, peut-être Arsenal ou Newcastle. C'est un processus spectaculaire et il alimente un divertissement énorme. Mais c'est une illusion collective de ne pas voir que tout cela revient au classique pacte avec le diable du 'vis maintenant et paye plus tard'. La gloire achetée pour une ou deux saisons est peut être inestimable pour des supporters. Mais en fin de compte, le foot est victime de notre mode de vie et de notre planète, de magnats du pétrole profiteurs qui ne respectent ni les lois ni les traditions. La vie est peut-être ainsi faite. N'empêche que les supporters préfèrent toujours l'innocence à l'expérience." (03.09.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung s'inquiète de l'influence exercée par des investisseurs disposant de gros moyens de financement dans les championnats européens. "L'Italie a dépensé en tout 450 millions d'euros sur le marché des transferts, l'Angleterre encore plus grâce aux réserves de gaz et de pétrole à Abou Dhabi et en Russie. La Liga espagnole et la Bundesliga [la plus haute division allemande] ne peuvent pas suivre. Peut-être aussi parce qu'elles ne peuvent pas mobiliser des chefs de gouvernement comme [le Premier ministre italien] Silvio Berlusconi. Celui-ci a invité à déjeuner en Sardaigne le propriétaire de Chelsea, Roman Abramovitch, par une belle journée d'août. … Deux jours plus tard, [l'attaquant] Andreï Chevtchenko faisait son retour à l'AC Milan. Les Italiens ont jusqu'à présent tenu les investisseurs étrangers à l'écart du football. … Avec Abramovitch, seuls Berlusconi et le magnat du pétrole de l'Inter [le club de foot de Milan] Massimo Moratti peuvent suivre, mais la concurrence inégalement plus pauvre aimerait malgré tout ne pas rester en retrait. … Coûte que coûte." (03.09.2008)

À LA UNE | 02.09.2008

Réponse européenne

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont entendus hier dans le cadre d'un sommet extraordinaire à Bruxelles sur une réponse commune à la crise dans le Caucase. La presse européenne débat du résultat.

Extraits des publications suivantes:
El Mundo - Espagne, Gazeta Wyborcza - Pologne, Tribune de Genève - Suisse, La Repubblica - Italie

El Mundo - Espagne

Le sommet de crise à Bruxelles a montré que le principe du consensus empêchait l'UE de mener une politique extérieure crédible, écrit le quotidien El Mundo : "Une fois de plus, les membres de l'Union ont montré que pour se mettre d'accord, ils doivent rechercher le plus petit dénominateur commun qui se réduit à une rhétorique sans contenu qui sonne bien. … Ils se limitent à exiger 'un comportement responsable' de la part de Moscou et ignorent le fait que les Russes n'ont pas respecté le compromis négocié par le [président du Conseil de l'UE en exercice] Sarkozy, sans que ceci n'ait eu la moindre conséquence. La crise en Géorgie a montré une fois de plus l'incapacité de l'UE à présenter une politique extérieure et de défense crédibles. … Même s'il est souhaitable que l'Union européenne face honneur à son nom et agisse de façon consensuelle, la crise en Géorgie a de nouveau montré que le grand devoir de l'UE est la politique extérieure. Nous ne devons pas permettre que notre capacité à agir ensemble réduise constamment à néant notre détermination à atteindre un objectif." (02.09.2008)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Selon le quotidien Gazeta Wyborcza, un revirement d'opinion a été visible au sein de l'UE à l'occasion du sommet extraordinaire : "La vieille Europe commence à observer la Russie avec son deuxième œil, son œil de l'Est. … Les grands pays voyaient dans la Russie un partenaire commercial, un fournisseur d'énergie et une puissance mondiale qui pouvait aider (et aide) l'Europe en Afrique, en Afghanistan et dans la lutte contre l'Iran. Nous, les nations situées derrière l'ancien rideau de fer, voyions les choses différemment. La Russie représente une menace pour nous – avec une extorsion menée à l'aide de missiles et d'embargos commerciaux. Avec son intervention en Géorgie, la Russie s'est présentée à l'occident sous son plus mauvais jour, dont Berlin ou Paris soupçonnaient jusque-là à peine l'existence. Les Allemands et les Français n'avaient entendu parler d'une telle agressivité de la Russie que par les Polonais, les Lettons et les Lituaniens, mais ils avaient mise celle-ci sur le compte de notre histoire difficile. Ils y croient désormais. [L'actuel président du Conseil de l'UE] Sarkozy a déclaré après le sommet qu'un retour à la politique des sphères d'influence n'était pas acceptable et que Yalta faisait partie du passé. Ces mots vont résonner encore longtemps au Kremlin." (02.09.2008)

Tribune de Genève - Suisse

Le quotidien La Tribune de Genève salue le choix de l'UE, à l'occasion du sommet extraordinaire, de suivre la voie diplomatique vis-à-vis de la Russie : "La marge de manœuvre était étroite. …Les Vingt-Sept [Etats membres] … ont décidé d'utiliser la seule arme dont ils disposent face à la puissance militaire russe: la diplomatie. … Si au premier abord la décision du Conseil européen peut paraître dérisoire, elle est, à la réflexion, aussi inattendue que subtile. Inattendue d'abord, parce qu'elle a été prise sans trop de problème par des Vingt-Sept que l'on disait divisés. Subtile, ensuite, parce qu'elle n'est pas aussi dramatique que les sanctions réclamées par certains, qu'elle laisse ouvert le dialogue et met la balle dans le camp russe. …Cette affaire aura confirmé que la guerre froide est bel et bien finie, tant la Russie et l'Europe sont devenues des partenaires profondément interdépendants." (02.09.2008)

La Repubblica - Italie

Pour le quotidien La Repubblica, le sommet de crise d'hier inaugure une nouvelle ère de politique étrangère pour l'UE. "Cette rencontre au sommet a été une pierre de touche et constitue un début. Un début pour l'Europe, qui doit voler de ses propres ailes, sans tuteur, sans puissance protectrice pour la soutenir. .. L'Europe n'est plus un élément dans l'équilibre entre deux puissances mais détient même un rôle de régulateur de cet équilibre. … Cette nouvelle Europe est venue au monde au forceps de cette crise. Une naissance qui correspond en même temps à un retour vers le passé, aux anciennes relations interétatiques, qui semblaient avoir été dépassées par la mondialisation galopante. … En ce qui concerne l'ancien concept d'équilibre des forces, une admission de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN aurait considérablement perturbé cet équilibre dans le Vieux Continent." (02.09.2008)

À LA UNE | 01.09.2008

La gauche en crise

Les partis de gauche sont en crise dans toute l'Europe. Dans de nombreux pays européens, ils sont dans l'opposition et font face à une diminution du nombre de leurs membres et à une marginalisation idéologique. Les journaux européens analysent le déclin des partis de gauche dans leur propre pays.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung - Allemagne, Famiglia Cristiana - Italie

Le Figaro - France

Ce week-end s'est tenue l'université d'été du Parti socialiste français (PS). Le Figaro reproche à ce Parti de ne plus avoir ni cap ni repères : "Le Parti socialiste est non seulement dans l'errance doctrinale, il est aussi dans le mensonge permanent. Il se ment à lui-même. Car chacun a bien conscience que la formation ne se relancera pas sans s'être d'abord choisi un chef incontestable et incontesté. … Depuis longtemps, le PS ne propose rien d'original et de cohérent, faute d'avoir réfléchi, travaillé, de s'être remis en question. Sur l'avenir de l'Europe, les rapports avec l'extrême gauche ou le centre, les institutions, la cacophonie est complète. … Crise méthodologique, crise idéologique, le Parti socialiste ne sait plus où il se situe. (30.08.2008)

Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung - Allemagne

Le parti social-démocrate allemand (SPD) a trahi ses idéaux, écrit l'édition du dimanche du Frankfurter Allgemeine Zeitung. C'est ce que montre la crise dans le Caucase et la visite du dalaï-lama, le chef spirituel tibétain, mais pas seulement. "Si l'on porte un regard désabusé sur le SPD d'aujourd'hui, on voit tout sauf un parti ouvert sur le monde. On voit une obsession autiste avec des personnes … et leurs systèmes de références qui ne sont plus compréhensibles que pour leurs seuls initiés et qui se rapportent totalement à notre Etat social. … Les appels à ne pas blesser la sensibilité des âmes blessées de cette grande puissance, deviennent lentement le signe distinctif d'un parti qui avait été créé pour protéger les pauvres. … Il est à peine imaginable que les sociaux-démocrates aient jadis séduit des dissidents, des détenus, des opposants. … Pour la raison d'Etat, un retour à la tradition de la diplomatie de cabinet n'est jamais une mauvaise chose, pour un parti du peuple ce n'est pas suffisant." (31.08.2008)

Famiglia Cristiana - Italie

La revue catholique hebdomadaire Famiglia Cristiana accuse le parti d'opposition démocrate de gauche, Partito Democratico (PD), de s'égarer dans de petites guéguerres : "Tandis que le gouvernement nous … distrait avec de soi-disant Etats d'urgence, l'opposition, toujours plus querelleuse, masochiste et divisée, brille par son désarroi intellectuel et son absence totale de propositions efficaces pour les familles aux faibles revenus. … Elle n'apporte rien sur des questions qui devraient être l'apanage de la gauche et s'entre-déchire elle-même au lieu de proposer une politique familiale solide. Avant que le Parti ne sombre dans la schizophrénie et la dépression - des responsables mais aussi des électeurs -, il faudrait qu'une offensive rapide et concise soit entreprise ou qu'un congrès du Parti permettant de déterminer une ligne commune claire soit convoqué. La population en a assez de cette tour de Babel dans laquelle s'est muté le Parti dans l'attente du déluge." (01.09.2008)


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