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21.11.2008

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À la une de vendredi, 25. janvier 2008


L'Italie replonge dans l'incertitude politique

Romano Prodi, Premier ministre italien, a perdu le 24 janvier un vote de confiance au Sénat (161 voix contre lui et 156 en sa faveur) et a remis la démission de son gouvernement au président Giorgio Napolitano. Ce dernier doit décider s'il convoque des élections anticipées ou opte pour la formation d'un gouvernement de transition pour quelques mois.


El Mundo - Espagne

"Ceux qui avaient prévenu Romano Prodi qu'un vote de confiance au Sénat avait tout d'un suicide politique avaient raison", explique le quotidien. "Le président Giorgio Napolitano avait suggéré à Prodi de jeter l'éponge sans se soumettre à ce deuxième vote de confiance [les députés avaient voté la confiance le 24 janvier]. Prodi n'a pas écouté son conseil (...). Il s'est trompé dans ses calculs. (...) Avec ou sans Prodi, l'Italie a besoin de réformes radicales. Les problèmes de fond sont l'anémie économique, un secteur énergétique peu compétitif, des services publics otages des syndicats et le taux de natalité le plus faible d'Europe. (...) Si les Italiens retournent finalement aux urnes, l'Italie devra affronter la crise économique avec un gouvernement provisoire et une société démoralisée qui ne fait pratiquement plus confiance aux dirigeants politiques." (25.01.2008)


La Repubblica - Italie

Ezio Mauro, directeur du quotidien, commente la démission de Romano Prodi. "C'est l'étrange et injuste destin d'un homme qui a battu Silvio Berlusconi deux fois, et qui, a dû partir deux fois du pouvoir à cause de la dissolution de sa majorité. Ce n'est pas seulement la fin d'un gouvernement et d'une période de pouvoir : c'est toute une culture politique, le centre-gauche, qui se termine.(...) Prodi est mort à droite, mais il a souffert pendant deux ans à gauche. Son rêve d'unir les deux gauches italiennes - réformistes et radicales - pour combiner justice, solidarité et innovation a parfois marché mais n'a jamais été une véritable culture politique, reconnue et reconnaissable.(...) Prodi a dû gérer les conflits internes - menaces, chantages et veto - plutôt que gouverner. On a entendu mille voix, mais jamais la voix du centre-gauche". (25.01.2008)


Gazeta Wyborcza - Pologne

Tomasz Bielecki estime que l'Eglise catholique est en partie responsable de la chute du gouvernement Prodi. "La défense de l'Eglise et de la 'civilisation chrétienne' étaient l'un des principaux arguments des opposants au gouvernement de Romano Prodi. Certains évêques et les politiciens de droite se sont emparés de l'affaire de la visite annulée de Benoît XVI qui aurait dû se rendre à l'université La Sapienza à Rome. Ils lui ont reproché sa tolérance envers un 'laïcisme pervers'. (...) Les évêques affirment que le ministre de l'Intérieur avait mis en garde le Vatican contre de graves désordres. De son côté, le gouvernement conteste avoir dissuadé le Pape de venir à l'université. Le Vatican a alors accusé le gouvernement de mentir et lui a retiré sa confiance. En outre, les médias catholiques ont reproché à Romano Prodi son souhait d'imposer une 'révolution morale' de gauche, qui aurait permis la reconnaissance légale des unions homosexuelles ou la légalisation de l'euthanasie." (25.01.2008)


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Jürg Bischoff considère que Romano Prodi n'est pas responsable de la crise italienne. "L'empereur rusé des médias Silvio Berlusconi et le professeur Prodi n'ont pas eu l'intention, ou n'ont pas été capables, de surmonter l'inertie de la classe politique, empêchant par là même le bon fonctionnement de la 'Seconde République'. Ainsi, le Parlement, le gouvernement, l'administration et la justice se sont enfermés dans des querelles partisanes et la léthargie du statu quo. Les citoyens n'ont plus aucun respect pour les institutions de l'Etat et la frustration envers la politique a cédé la place au plus profond mépris. Les pessimistes adressent déjà une mise en garde car l'amertume des Italiens envers leurs politiciens sape leur confiance dans la démocratie. Cette situation pourrait réveiller le désir du retour d'un homme fort, d'un 'Duce', comme pendant les années 1920, marquées par le désordre politique." (25.01.2008)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 25. janvier 2008

 

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