À la une de mercredi, 6. février 2008
Les encombrants dossiers de l'ex-police politique roumaine

Le Conseil national chargé des archives de la Securitate (CNSAS) est menacé de dissolution en raison d'une récente décision de La Cour constitutionnelle roumaine. Depuis sa création en 1999, cet organisme a notamment divulgué les passés de collaborateurs de plusieurs personnalités. Les dossiers de l'ex-police politique vont-ils être définitivement enfouis ?
Romania Libera - Roumanie
Ion Vianu demande au gouvernement roumain de réagir à la décision de la Cour constitutionnelle. "Il serait incompréhensible que les archives de la Securitate [l'ancienne police secrète] redeviennent secrètes. Les archives du Parti communiste roumain (PCR), qui doivent aussi être rendues publiques, sont également concernées. Si le Conseil national chargé des archives de la Securitate (CNSAS) est effectivement dissous, la Roumanie va se retrouver isolée sur la scène européenne et serait considérée comme un Etat postsoviétique. Nombreux sont ceux qui pourraient s'en satisfaire, mais cette position est incompatible avec le statut européen. Il faut maintenant espérer que cette tentative de dissolution va finalement améliorer le fonctionnement du CNSAS. (...) Le CNSAS doit se garder de porter tout jugement et se contenter de décrire le contenu des archives. C'est l'opinion publique qui rendra son verdict." (06.02.2008)
» article intégral (lien externe, roumain)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Politique Intérieure, » Histoire, » Roumanie
Tous les textes disponibles de » Ion Vianu
Neue Zürcher Zeitung - Suisse
Martin Woker constate avec regret que l'examen des archives de la Securitate ne mobilise pas les foules, alors que la Roumanie est exposée à des sanctions européennes pour les réformes insuffisantes de son système judiciaire. "Dan Voiculescu, le plaignant triomphant [il a obtenu gain de cause auprès de la Cour constitutionnelle], a été démasqué et son rôle de collaborateur de la Securitate a été révélé. A l'époque de Ceausescu, il occupait un poste important dans le commerce extérieur. Immédiatement après la chute du régime communiste, il la bâti un empire des médias, ce qui lui a permis, ainsi qu'à sa formation, le Parti conservateur, relativement anodin, d'exercer une influence majeure sur la scène politique. Ses détracteurs voient en lui la girouette la plus répugnante du pays. (...) Le fait qu'il ait pu torpiller l'autorité d'étude des archives est, pour les observateurs, une preuve supplémentaire de la réhabilitation rampante des sinistres personnages de l'ancien système." (06.02.2008)
» article intégral (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Politique Européenne, » Politique Intérieure, » Roumanie
Tous les textes disponibles de » Martin Woker
Der Standard - Autriche
Dans un entretien avec Laura Balomiri, Constantin-Ticu Dumitrescu, initiateur et membre du Conseil d'études des archives de la Securitate (CNSAS), critique le silence de l'UE concernant la dissolution de cet organisme. "La Cour constitutionnelle a annulé rétroactivement les décisions du CNSAS, ce qu'aucune règle de droit au monde ne peut admettre. Notre activité est complètement bloquée, car elle menaçait de nombreux magistrats et politiciens. (...) Maintenant que nous disposons de deux millions de dossiers, ils ont conclu que la dissolution du Conseil était leur unique bouée de sauvetage. Jusqu'à présent, ils n'osaient pas agir. Maintenant, ils se comportent de manière éhontée, avec l'assentiment de l'Europe. Cela prouve bien que ces personnes ont tiré profit de l'adhésion du pays à l'UE. Car l'Europe a montré à plusieurs reprises qu'elle ne s'intéressait pas à la divulgation des anciennes structures communistes." (06.02.2008)
» article intégral (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Politique Intérieure, » Histoire, » Roumanie
Tous les textes disponibles de » Constantin Ticu Dumitrescu, » Laura Balomiri
» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 6. février 2008