Luxembourg : Coup de pouce aux médias papier et aux offres en ligne

Baisse du nombre de lecteurs, grosses pertes sur le marché des annonces et modèles commerciaux non aboutis pour les médias en ligne menacent la pluralité du paysage médiatique du Grand-Duché du Luxembourg. L’Etat vient en aide aux médias imprimés - mais cette aide ne profite qu’à une minorité.

Le premier groupe de télévision et de radio privé d'Europe : le groupe RTL (© picture-alliance/dpa)
Le premier groupe de télévision et de radio privé d'Europe : le groupe RTL (© picture-alliance/dpa)
Depuis des décennies, les deux maisons d’édition Saint-Paul et Editpress sont en concurrence dans le Grand-Duché. La première est proche des démocrates-chrétiens, la seconde des socialistes. La rivalité entre les principaux éditeurs de presse s’était accrue encore en 2007, quand ils se sont tous deux mis à sortir des journaux gratuits qui ont trouvé un écho positif chez les lecteurs. En 2001, ceux-ci comptaient un lectorat supérieur à celui du quotidien de tradition, Luxemburger Wort, publié par Saint-Paul.

Bien que les journaux gratuits n’aient pas survécu, ils ont amorcé un recul général dans la distribution de la plupart des quotidiens payants. Ceci concerne tant Tageblatt, publié par Editpress, que Lëtzebuerger Journal et le journal communiste vum Lëtzebuerger Vollek. La Voix du Luxembourg, pendant francophone du Luxemburger Wort, a dû cesser de paraître en 2011. Grâce à leur offre électronique, Luxemburger Wort et Le Quotidien, l’offre francophone d’Editpress, ont enregistré une légère hausse de leur lectorat.

L’Etat luxembourgeois débourse des millions pour soutenir les médias papiers, mais seuls les trois leaders du marché en profitent. Tageblatt, Luxemburger Wort et Le Quotidien touchent la part du lion des 7,4 millions d’euro versés en 2017. Un aménagement de la loi sur le soutien à la presse prévoit d’étendre les subventions de l’Etat à des offres en ligne. Le budget de l’Etat prévoit une tranche préliminaire de 450.000 euros.

Du côté des revues, les magazines culturels Télécran et Revue ont dû essuyer des chutes de leurs nombres de lecteurs. D’autres, notamment les hebdomadaires de politique Le Jeudi, D'Lëtzebuerger Land, Woxx ou encore le mensuel économique Paperjam ont pour leur part profité des pertes de la presse quotidienne.

Les parutions en langue portugaise (Contacto, Correio) et anglaise (Delano) constituent une part non-négligeable du paysage médiatique luxembourgeois. Plus de 40 pour cent de la population luxembourgeoise étant d’origine étrangère, le pays est fortement marqué par le multilinguisme. Le pays a trois langues officielles : l’allemand, le français et le luxembourgeois. La plupart des journaux paraissent toutefois uniquement en allemand ou en français, le luxembourgeois n’étant que rarement utilisé comme langue écrite.

C’est au Luxembourg qu’est basé le premier groupe de télévision et de radio privé d’Europe : le groupe RTL. Au Luxembourg, la société diffuse notamment la chaîne télévisée RTL Télé Lëtzebuerg.

Classement pour la liberté de la presse :
Reporters sans frontières : rang 15 (2017)
Freedom House : Rang 7 – statut : Libre (2016)

Mise à jour: Mai 2017
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