Qui remportera les présidentielles françaises ?

Selon les sondages actuels, l'ex-ministre de l'économie Emmanuel Macron l'emporterait au second tour des présidentielles contre la présidente du Front National, Marine Le Pen. Entaché par le scandale des emplois fictifs, François Fillon arriverait au troisième rang. Les commentateurs regardent à la loupe le programme électoral du favori.

Ouvrir/fermer tous les articles
Slate (FR) /

Un programme qui fait flop

Depuis que Macron a dévoilé une bonne partie de son programme, on commence à déchanter, fait valoir Slate :

«Emmanuel Macron est au milieu. Il donne à droite, 60 milliards d’économies, et à gauche, un plan d’investissement ... Tout ça fait plat. Le milieu est ennuyeux. L’équilibre fait pesé. Le jeune candidat jusqu’ici dans les hauteurs divines tombe dans le marais dès qu’il faut passer à l’étape concrète. Le Macron concret est sans aspérité, sans envolée, sans vigueur, il a du centre l’absence de saveur. Macron ne fait pas pschitt, il fait plouf.»

The Independent (GB) /

La France n'est pas au bout de ses peines

Quel que soit le gagnant des élections, la France n’a pas fini de souffrir de ses faiblesses structurelles, pense The Independent :

«Aucun des candidats ne se penchera sur la réalité économique. En dépit de leurs platitudes, aucun des candidats n’a articulé de plan précis pour remédier à la croissance sclérosée de la France, à son fort taux d’endettement, au marasme de ses finances publique, sa piètre compétitivité ou la nécessité de grandes réformes structurelles du marché du travail, des régulations et du secteur public. Même la politique du Front National impute à des facteurs externes les problèmes de la France. Et pourtant, la France est un pays relativement prospère. A l’heure actuelle, les Français croient que le coût du maintien du statu quo est préférable à la douleur des réformes. Indépendamment du résultat, les élections françaises de 2017 alimenteront les incertitudes.»

Il Sole 24 Ore (IT) /

Macron réussit l'impensable

Avec son mouvement En Marche!, Emmanuel Macron monte irrésistiblement dans les sondages et suscite l'admiration d'Il Sole 24 Ore:

«Macron est incontestablement la figure de proue d’une nouvelle ère, dans laquelle la suprématie des partis classiques est remise en question, la politique est plus ouverte et mobile, la démocratie devient (apparemment) directe, ou du moins plus directe, et dans laquelle la société civile accède aux commandes. Il s’agit de la première personnalité politique à montrer qu’il est possible de se faire une place en France à l’extérieur des partis traditionnels. … La situation actuelle lui est naturellement favorable : le parti socialiste fonce une seconde fois dans le mur, les républicains ont élu un candidat assez conservateur à la primaire et il manque un candidat de centre-gauche. … Il peut tout à fait récolter l’ensemble des voix modérées. Et s’il a assez de votes pour passer au second tour, il n’est pas exclu qu’il devienne président.»

Le Figaro (FR) /

Le débat sur l'immigration sera incontournable

La politique migratoire en France sera un thème de campagne inévitable, explique le politologue Jérôme Sainte-Marie dans Le Figaro :

«Comme le deuxième débat de la primaire socialiste l'a montré, la venue de nombreux demandeurs d'asile, et la confusion entretenue entre réfugiés et migrants, redonnent de la voix à ceux qui considèrent que la France doit assumer une large ouverture de ses frontières, pour des motifs humanitaires, économiques ou démographiques. Ce point de vue existe à gauche, mais aussi chez certains libéraux. Il provoque l'incompréhension, voire l'indignation, d'une bonne part des Français, qui estiment pour les deux tiers d'entre eux qu'il y a trop d'immigrés dans le pays.»

Libération (FR) /

Macron, un feu de paille

Les meetings de campagne de l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron font le plein actuellement. Mais le fondateur du mouvement En Marche ! risque de décevoir bien vite ses partisans, assure Libération :

«[I]l est le réceptacle des fantasmes et des angoisses de ceux qui ne croient plus à la vieille politique mais sont rétifs aux ruptures rugueuses d’un Mélenchon ou d’une Le Pen. Cela fait du monde. Comme il a le talent de mettre en musique la chanson que l’on souhaite entendre, il dure et progresse. Cette ambiguïté, qui va au-delà du centrisme traditionnel, en a fait l’un des phénomènes les plus étonnants de la vie politique, sorti de nulle part pour affleurer les sommets. Mais il faudra bien qu’il en sorte un jour. Quand le débat s’aiguisera, il devra se prononcer sans ambages sur des mesures à la fois précises et emblématiques … A chaque fois qu’il répondra, ce qu’il ne manquera pas de faire, tant ses adversaires mettront en lumière ses contradictions, il risquera de déplaire aux uns ou aux autres.»

Magyar Idök (HU) /

La gauche songe déjà à 2022

Aucun candidat de gauche n'est susceptible de remporter les présidentielles de cette année, analyse le spécialiste de la France Bence Cseke, dans le journal Magyar Idők :

«Vu la situation politique actuelle, on peut supposer qu'aucun candidat affilié à un parti de gauche ne parvienne à l'Elysée. C'est pourquoi ni le futur candidat du PS, ni l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, fondateur du mouvement En Marche !, n'auront pour but réel d'arriver au second tour du scrutin. Ils tenteront plutôt de réussir leur campagne électorale respective, afin de jeter les bases de leur candidature aux élections de 2022, où ils tenteront de se présenter en sauveurs charismatiques de la gauche. On peut donc s'attendre à une lutte impitoyable entre les socialistes et celui qu'ils qualifient de 'Brutus du XXIe siècle', Macron.»