Quid de l'Ukraine en 2018 ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a évoqué l'idée d'une suspension progressive des sanctions de l'UE contre la Russie, si un cessez-le-feu supervisé par l'ONU était décrété en Ukraine orientale. Dans le même temps, Bruxelles serre la bride à l'Ukraine et gèle des aides financières, jugeant que Kiev ne remplit pas toutes les conditions. Les éditorialistes des pays concernés réagissent.

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Ukraïna Moloda (UA) /

L'Ouest en a assez des atermoiements de Kiev

Dans Ukraïna Moloda, le journaliste Oleg Borovski affirme que la proposition de Gabriel n'apportera pas la paix en Ukraine :

«L'Occident est lassé de voir la direction ukrainienne renâcler à résoudre le problème par ses propres moyens, et il est éprouvé par la nécessité de poursuivre les sanctions, car celles-ci nuisent à ses propres intérêts financiers. Cette année pourrait être problématique pour l'Ukraine. Gabriel n'a fait que résumer verbalement ce que différents leaders occidentaux pensent secrètement depuis des mois. Mais un cessez-le-feu 'durable', tel que le concevrait le Kremlin, ne sera que de courte durée - il sera abrogé dès que la levée des sanctions aura été obtenue.»

Rossiiskaïa Gazeta (RU) /

Bruxelles exige une meilleure lutte anti-corruption

Le quotidien d'Etat Rossiiskaïa Gazeta se penche sur l'annonce de l'UE, à savoir qu'en l'état actuel des choses, Kiev ne pouvait pas compter sur la tranche d'aides de 600 millions d'euros prévue :

«Les demandes et les reproches que l'UE adresse à Kiev convergent tous sur le même point : la corruption omniprésente, que le président Porochenko ne parvient pas, ou ne cherche pas, à maîtriser. Les scandales de corruption ont même amené l'UE à retirer sa demande de libéralisation du marché des surfaces agricoles. ... Il y a là une certaine logique : Bruxelles craint que la terre fertile d'Ukraine ne tombe aux mains de fonctionnaires d'Etat et d'oligarques corrompus dès que le marché sera ouvert. Dans la perspective de l'Ouest, le seul moyen d'obliger Kiev à se conformer au modus vivendu européen est la création d'un tribunal spécial de lutte contre la corruption.»