Licences télévisuelles : coup d'arrêt pour Tsipras ?

En Grèce, le Conseil d'Etat a invalidé mercredi la loi relative à l'octroi des licences télévisuelles, la jugeant anticonstitutionnelle. La procédure de ré-attribution des licences télévisuelles, organisée cette année par le gouvernement d'Alexis Tsipras, est donc annulée. Si certains commentateurs voient dans cette décision une victoire de l'ancien système, d'autres estiment que Tsipras est désormais menacé.

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To Vima Online (GR) /

Une victoire pour la démocratie et la liberté d'opinion

La décision du Conseil d'Etat est un revers cuisant pour Tsipras et le gouvernement Syriza, juge To Vima :

«Après avoir plié en matière d'austérité et battu en retraite de manière désordonnée à l'été dernier [à l'issue du référendum], le gouvernement a tenté de désigner un nouvel ennemi : les médias. Par de multiples artifices, il a réduit le nombre des licences télévisuelles à quatre et tenté de museler le paysage audiovisuel. Tsipras et les cadres du gouvernement se félicitaient d'avoir isolé les propriétaires de médias dans une salle, le temps de la vente aux enchères, et de les avoir délesté de 250 millions d'euros. Ils ont tenté de faire céder les juges du Conseil d'Etat, en recourant à des méthodes mafieuses. Ils payent aujourd'hui le prix de leurs agissements. La décision du Conseil est une défaite totale pour le gouvernement, une défaite personnelle pour Tsipras. Une victoire pour la démocratie, la justice indépendante et la liberté d'opinion.»

Efimerida ton Syntakton (GR) /

Le triomphe de l'ancien système

L'opposition se pose en défenseur de la cause du peuple alors qu'elle a agi pendant des années à l'encontre de la volonté populaire, fulmine Efimerida ton Syntakton :

«Il faut respecter la décision du Conseil d'Etat, même si elle soulève de nombreuses questions quant au travail de la justice, qui devrait théoriquement préserver les intérêts des citoyens. ... Tsipras avait raison lorsqu'il disait que les gouvernements sont élus ou renversés grâce aux voix des citoyens, non par les décisions des tribunaux. En tout cas, la décision ne fait que compliquer un peu plus une situation politique déjà délicate en Grèce. Et elle donne une arme à ceux qui, ces dernières années, avaient allègrement bafoué la Constitution et les intérêts du peuple. ... Les partis véreux, de concert avec des banquiers véreux et des barons des médias encore plus véreux, célèbrent aujourd'hui une victoire qu'ils avaient méthodiquement préparée, en présentant les coupables en victimes.»

To Vima Online (GR) /

Le 'Waterloo' du gouvernement Tsipras

Si la loi devait être frappée d'inconstitutionnalité, le gouvernement pourrait se retrouver dans une position délicate, souligne To Vima :

«Les tentatives antidémocratiques et anticonstitutionnelles visant à mettre sous contrôle le secteur de la communication ont mobilisé l’opposition et l’opinion publique contre le gouvernement. … Malheureusement pour ce dernier, il ne trouve aucun complice pour perpétrer ce crime. Les déclarations embarrassantes et les arguments contradictoires avec lesquels les membres du gouvernement ont réagi à la décision du Conseil d’Etat montrent la nature de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. … La société est déçue et irritée par les promesses non tenues de Tsipras, les négociations préliminaires à la seconde évaluation du programme de réforme sont encore en suspens, et les attentes sur la question de la dette, ainsi que la possible débâcle dans l’octroi des licences télévisuelles, créeraient une situation particulièrement explosive pour le gouvernement.»

Protagon.gr (GR) /

Syriza devrait se concentrer sur l'essentiel

Le gouvernement Syriza perd son temps et son énergie sur la question des licences télévisuelles, déplore le portail Protagon :

«Plutôt que de gouverner le pays et de garantir un traitement équitable des citoyens, le gouvernement tente par tous les moyens d’obtenir le contrôle absolu. S’il ne se satisfait pas de la décision finale du Conseil d’Etat, il sera prêt à tout pour garantir l’aboutissement de la procédure d’octroi des licences télévisuelles. … Il perd ainsi un temps précieux. … Mais le pire, c’est que le parti s'obstine à vouloir exercer un contrôle central de l’Etat, alors qu’il est clair que la marge de manœuvre est ailleurs : dans l’économie, le développement du libre-marché, la création d’emplois, ainsi qu’une collaboration fructueuse avec les créanciers.»