Roumanie : feu vert pour la réforme des retraites des juges

Alors que la décision avait été reportée à cinq reprises, la Cour constitutionnelle roumaine a avalisé la semaine dernière la réforme prévue du système de retraite des magistrats et procureurs. Actuellement, ceux-ci peuvent partir à la retraite dès l'âge de 48 ans, et perçoivent jusqu'à 5 000 euros par mois. Le versement des fonds européens est conditionné à la mise en œuvre de cette réforme.

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Spotmedia (RO) /

Vers une vraie justice

Sur Spotmedia, le journaliste Emilian Isaila y voit une réforme pionnière :

«Il faut souligner que si ce système privilégié de retraite a été créé au départ, ce n'était pas la volonté des magistrats eux-mêmes. Mais le fruit de décisions politiques prises par des responsables qui espéraient ainsi bénéficier d'une protection et d'une clémence dans les enquêtes pour corruption – et c'est du reste ce qui s'est produit. … Avec la décision de la Cour constitutionnelle, on se trouve toutefois à un tournant. Cela peut être l'amorce d'une véritable réforme du système judiciaire, susceptible de renforcer la confiance des contribuables dans la justice et la démocratie.»

Deutsche Welle (RO) /

Un rétropédalage reste possible

Le service roumain de Deutsche Welle se dit sceptique :

«Les répercussions de la réforme des retraites ne se feront pas ressentir immédiatement. Une période transitoire de 15 ans est prévue. Cette année, les magistrats ayant atteint l'âge de 50 ans peuvent encore prendre leur retraite. L'âge de départ à la retraite sera alors graduellement relevé d'un an d'ici 2042. … Mais rien n'est jamais irréversible en Roumanie. Par le passé, les juges et les procureurs ont déjà perdu certains de leurs privilèges pour mieux les récupérer ensuite – avec de surcroît de nouveaux acquis. Car dans notre pays, les grands principes sont relatifs, et la classe politique s'efforce toujours de servir ses propres intérêts.»