Guerre en Iran : quel positionnement pour l'Europe ?
L'UE n'a toujours pas trouvé de position commune sur la question de la guerre en Iran. Des divergences existent entre les dirigeants des différents pays, mais aussi au sein du leadership européen : si la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a affirmé lundi que "l'ancien ordre mondial" n'existait plus, le président du Conseil, António Costa, a rétorqué mardi que l'Europe devait "veiller à ce que le monde reste régi par des règles".
Colmater les failles
El Mundo appelle les deux grands partis au Parlement européen à coopérer :
«La guerre en Iran a rendu plus visible que jamais le fossé latent qui sépare les deux grandes familles politiques qui ont construit l'Europe. … Les sociaux-démocrates reprochent à Ursula von der Leyen de reprendre à son compte l'agenda de Trump. … Von der Leyen a raison d'argumenter que l'UE doit agir de manière réaliste, mais se fourvoie quand elle affirme que l'Europe peut se permettre de relativiser le droit international. … Les sociaux-démocrates se trompent s'ils nient la réalité, et invoquent de grands principes sans se donner les moyens de les défendre. Le PPE se trompe s'il considère l'essor de l'extrême droite populiste comme une simple question électorale, et se détourne des valeurs libérales qui sont le socle de notre démocratie.»
Miser sur la dissuasion
L'Europe ne se pose pas les bonnes questions, fustige le journaliste Edward Lucas dans Delfi :
«Plutôt que de spéculer pour savoir comment, quand et où la Troisième Guerre mondiale risque d'éclater, il serait préférable de se concentrer sur la défense et la dissuasion, dans un conflit qui fait déjà rage devant nos yeux. Il ne s'agit pas uniquement des frappes sur l'Iran, avec les répercussions imprévisibles qu'elles peuvent avoir sur la stabilité régionale, la cohésion de l'alliance et la crédibilité américaine ; ou de la guerre en Ukraine, qui ne fait plus les gros titres, mais qui reste la plus impactante pour la sécurité européenne. Il est aussi question de la Russie et la Chine, qui appliquent aujourd'hui en Europe le principe du 'diviser pour mieux régner', et ce avec un succès inquiétant.»
L'Europe doit appuyer Pahlavi
Le quotidien Tages-Anzeiger explique comment, selon lui, l'Europe pourrait aider les Iraniens :
«L'impréparation du président américain, Donald Trump, donne à l'Europe la possibilité de parler d'une même voix pour donner à l'Iran une perspective d'avenir. Une seule personnalité semble pouvoir garantir la réussite d'un changement de régime : Reza Pahlavi, qui est parvenu à donner un visage à l'opposition iranienne et à unir de larges pans de groupes divisés depuis des décennies. … Même des personnes longtemps critiques de Pahlavi voient désormais en lui l'unique incarnation d'une transition ordonnée. Mais pour pouvoir réussir, Pahlavi a besoin de soutien ; voilà pourquoi l'Europe devrait le reconnaître comme le leader de l'opposition.»