France : LFI et le RN progressent aux municipales

Au premier tour des élections municipales en France, dimanche, le parti de gauche radicale LFI et le parti d'extrême droite RN ont progressé dans plusieurs villes. Avant le second tour du 22 mars prochain, se pose dans de nombreuses communes la question d'alliances électorales, notamment entre les partis de gauche modérés et la formation controversée LFI.

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The Spectator (GB) /

Un avant-goût de ce qui nous attend

Les municipales reflètent la lutte sans merci entre les différents camps politiques, observe The Spectator :

«Le premier tour des municipales françaises a mis au jour les grandes fractures qui marquent le pays. La gauche décrie le 'fascisme' du parti de Le Pen, tandis que la droite met en garde contre le danger de 'l'islamo-gauchisme'. C'est un avant-goût de ce qui nous attend l'année prochaine lors des élections présidentielle et législatives. Ce seront les élections les plus disputées de la Ve République : les progressistes contre les traditionalistes, la France urbaine contre la France rurale, la 'nouvelle France' de l'immigration prônée par Mélenchon contre la 'vieille France' de Le Pen.»

Le Courrier (CH) /

Faire barrage au péril autoritaire

Les partis de gauche doivent resserrer les rangs, fait valoir Le Courrier :

«A un an des présidentielles, ces résultats confirment l'adhésion d'un secteur significatif de la société française [aux] thèses racistes et autoritaires [du RN]. … Face à ce danger, LFI appelle à construire un 'front antifasciste électoral' au deuxième tour. Cette juste injonction à l'unité est pourtant refusée par la direction nationale du PS. Une attitude irresponsable qui sera certes contrebalancée par de nombreux accords locaux conclus contre l'extrême droite d'ici mardi soir. Mais qui rappelle que seule une intense mobilisation de base permettra d'imposer l'indispensable front unique face au péril brun. Une leçon qui vaut au-delà de la France.»

L'Opinion (FR) /

Les partis tributaires d'alliances

L'Opinion tire des enseignements du scrutin en vu de la présidentielle de 2027 :

«[U]n, la fragmentation des forces politiques, qui fait tant de dégâts au Parlement, infuse désormais dans les grandes villes et menace donc de s'installer durablement dans le pays. Deux, le RN franchit une marche supplémentaire dans son accession au pouvoir, par ses scores, bien sûr, mais aussi par sa capacité à faire réélire sur leur bilan ses édiles sortants. Trois, la gauche sait toujours s'unir et, on le verra cette semaine, trouvera toujours un combat antifasciste à mener pour célébrer des alliances avec LFI. Quatre, enfin, sans union entre la macronie, le centre et la droite de LR, il sera impossible au camp actuellement au pouvoir de garder son rang et d'échapper à l'étau des extrêmes.»

Les Echos (FR) /

On ne mise plus sur des pseudo-candidats

La France manque de bons dirigeants politiques, déplore Les Echos :

«Scrutin après scrutin, nos compatriotes se désintéressent d'une classe politique qui les déçoit. Leur impuissance à tenir leurs promesses, leur incapacité à gérer le budget de la nation ou d'une collectivité locale n'en finissent pas de les déconsidérer aux yeux des Français. C'est donc sans doute le dernier rappel avant qu'ils ne renversent la table, au risque de ne plus maîtriser leur destin. A treize mois de l'élection présidentielle, ce n'est pas de dizaines de pseudo-candidats à la présidentielle dont nous avons besoin, mais de femmes et d'hommes compétents, courageux et légitimes pour redresser notre pays. On les cherche toujours.»