Scandale d'espionnage en Slovénie : un complot de l'opposition ?
Un scandale d'espionnage ébranle la Slovénie juste avant les législatives de dimanche. Des vidéos sont apparues sur les réseaux sociaux, montrant des membres de l'entourage du Premier ministre, Robert Golob, qui parleraient ouvertement de corruption parmi les politiques de la majorité gouvernementale. Ces vidéos auraient été produites par une société israélienne liée aux renseignements de l'Etat hébreu. Des cadres de l'entreprise avaient rencontré le chef de l'opposition slovène, Janez Janša – ce que celui-ci a reconnu.
Personne ne parle de la corruption
+Portal déplore que ce soit moins le contenu de ces enregistrements qui fasse polémique que leur origine :
«On y entend d'anciens politiques et des avocats, ce qui n'est au fond pas si choquant. Ce que disent ces soi-disant 'grands naïfs', financés par le gouvernement et disposant de réseaux conséquents, est déjà connu depuis un certain temps, peut-être même depuis des décennies – et c'est précisément la raison pour laquelle la Slovénie va à vau-l'eau. … Mais plutôt que de fustiger la corruption dévoilée dans les hautes sphères de la politique et du gouvernement, les médias préfèrent défendre les suspects, au prétexte que ceux-ci auraient été 'dupés'.»
Un retour de flamme
Si le chef de l'opposition est vraiment à l'origine de ces enregistrements, il s'est tiré une balle dans le pied, juge Dnevnik :
«Bien que l'on n'entende aucun politique actuel dans ces enregistrements, leur nom étant seulement évoqué, l'opposition, sous l'égide de Janša, y a vu la preuve décisive de l'existence d'un 'Etat mafieux' et d'une corruption inconcevable qu'il faudrait démanteler. Il s'est avéré par la suite que Janša s'est procuré ces enregistrements d'une manière tout à fait insolite, avec l'aide de services secrets et d'agences de pays tiers. … Il a fini par tomber lui-même dans le piège, en donnant aux électeurs le choix entre le gouvernement actuel et l'opposition, qui a clairement montré avec cette affaire comment elle pourrait gouverner.»
Ce qui attend le pays avec un gouvernement Janša
Selon les sondages, le SDS (droite) de l'ex-Premier ministre Janez Janša devance légèrement le GS (libéral) du chef de gouvernement sortant, Robert Golob. The Guardian fait part de ses inquiétudes :
«Lorsque Janša a été Premier ministre la dernière fois, ses attaques contre la radio-télévision publique et ses tentatives de réagencer les institutions étatiques s'étaient heurtées à une résistance considérable, dans le pays comme à l'étranger. Aujourd'hui, la situation mondiale est bien différente. La présidence Trump a normalisé l'hostilité vis-à-vis des médias et de la justice, et fourni une feuille de route concrète aux politiques misant sur la polarisation, la pression institutionnelle et la délégitimation impitoyable de leurs rivaux. Les déclinaisons de ce modèle se sont depuis imposées dans toute l'Europe, et au-delà.»