Royaume-Uni : Burnham, une alternative à Starmer ?

Keir Starmer a annoncé ce lundi démissionner de son poste de chef du gouvernement et de la présidence du Labour. Il restera en place jusqu'à ce que son parti ait décidé de son successeur. Sous pression depuis des mois, la victoire de son rival travailliste, Andy Burnham, dans une législative partielle, a eu raison de son mandat. Elu député, Burnham pourra désormais briguer le poste de Premier ministre. Burnham est-il susceptible d'apporter la stabilité au parti et au pays ?

Ouvrir/fermer tous les articles
Info.cz (CZ) /

La popularité n'est pas une garantie de succès

Info.cz prédit des lendemains qui déchantent :

«Si les sondages montrent que Burnham est plus populaire que Starmer, la situation pourrait vite s'inverser après son entrée en fonction. … Burnham, situé plus à gauche que Starmer, pourrait ainsi impulser une autre orientation au Labour, mais aussi se retrouver rapidement dans une situation tout aussi difficile, pour ne pas dire pire, que celle de l'actuel Premier ministre. Etre populaire et remporter un scrutin dans le Grand Manchester est une chose ; prendre les rênes d'un parti en difficulté et assumer la gouvernance du Royaume-Uni en est une autre.»

De Volkskrant (NL) /

Il connaîtra le même sort

De Volkskrant doute que la situation puisse vraiment changer avec Burnham :

«Il est plus charismatique que Starmer et préconise un Etat fort, qui régule la société et favorise la justice sociale. Si ces intentions sont louables, il est encore difficile de savoir comment il entend les traduire par des mesures concrètes. Il risque ainsi de connaître le même sort que celui de ses prédécesseurs, Keir Starmer en tête : des politiques promettent le changement, mais se retrouvent rapidement sur la sellette, auprès d'un électorat mécontent.»

The Guardian (GB) /

Un nouvel élan pour le Labour

S'il devient Premier ministre, Burnham devra s'employer à réduire les coûts de la vie, fait valoir The Guardian :

«Ceci implique notamment de limiter les prix des tickets de bus à deux livres, faire baisser les factures énergétiques en éliminant la contribution aux énergies vertes et en la reportant dans la fiscalité générale, et diminuer les impôts pour les pubs et les petits commerces. … Il faut renationaliser les compagnies des eaux moribondes, et annoncer l'intention, à long terme, de reprendre le contrôle du réseau électrique. … Personne ne peut lui reprocher de manquer d'idées. … Ce serait un narratif positif de ce qu'incarne le Labour, des personnes auxquelles il s'adresse, et de ce qu'il peut apporter.»

The Daily Telegraph (GB) /

Une morgue injustifiée

Le Labour n'a pas tenu la promesse qui lui avait permis d'obtenir la victoire, fait valoir The Daily Telegraph :

«'Nous serons différents', avait affirmé le Labour d'un ton moralisateur caractéristique. 'Nous mettrons fin au chaos et au dysfonctionnement, et nous rétablirons une gouvernance adulte'. Or nous sommes en passe de connaître un sixième changement de Premier ministre en dix ans. Au moins les crises traversées par les Tories pouvaient-elles s'expliquer par de grands évènements, comme le Brexit et ses conséquences, et la gestion de la pandémie de coronavirus.»