Que penser du discours d'Ursula von der Leyen ?

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, considère que l'UE est dans l'ensemble bien préparée à relever les défis actuels. "Notre Union n'a jamais été aussi forte", a-t-elle affirmé dans son discours sur l'état de l'Union. Des investissements plus importants dans l'armement et des réformes institutionnelles, telles que la création d'un mécanisme de consultation en cas de menace, seraient toutefois nécessaires pour renforcer la capacité de défense de l'Europe.

Ouvrir/fermer tous les articles
Info.cz (CZ) /

Un diagnostic sans remède

Info.cz estime que :

«Ursula von der Leyen a identifié de manière très juste plusieurs problèmes bien réels auxquels l'Europe est confrontée. L'Union doit réduire sa dépendance à l'égard de la Chine, alléger sa bureaucratie, renforcer ses capacités technologiques et coopérer plus étroitement avec des partenaire de confiance. Cela fait longtemps que ce n'est plus le diagnostic qui manque à l'Europe. Et la règle de l'unanimité ne constitue pas partout un problème majeur : environ 80 pour cent de la législation européenne est adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée. Mais, dans certains des domaines les plus sensibles sur le plan géopolitique, le droit de veto de chaque Etat subsiste. Or, c'est précisément là que, selon Ursula von der Leyen, l'Europe souhaite devenir plus rapide, plus forte et plus indépendante. Traduire cela dans les faits constituera la véritable preuve de vérité du discours sur l'état de l'Union de cette année.»

Neue Zürcher Zeitung (CH) /

Vers une mini-OTAN

Neue Zürcher Zeitung salue l'idée d'Ursula von der Leyen de créer un Conseil européen de sécurité :

«Ursula von der Leyen a raison lorsqu'elle affirme : 'Les menaces hybrides auxquelles l'Europe est confrontée sont de moins en moins hybrides et de moins en moins de simples menaces.' Dans ce contexte, elle a annoncé une nouvelle stratégie de sécurité qui devrait notamment comprendre un Conseil européen de sécurité ainsi qu'un mécanisme similaire à l'article 4 du traité de l'OTAN. Un Etat membre pourrait ainsi déclencher des consultations entre tous les pays de l'UE afin d'élaborer une réponse commune. Cela reviendrait en quelque sorte à créer une mini-OTAN au sein de l'Union. Cette approche est … la bonne.»

Népszava (HU) /

L'Europe pourrait se ressaisir à nouveau

Népszava se montre prudemment optimiste :

«L'une des grandes questions de la politique européenne au cours des prochaines années sera de savoir si l'Union européenne est réellement capable de devenir une grande puissance à l'échelle mondiale. Elle en est encore très loin. Ce processus dépend en outre du climat politique européen, profondément imprégné de populisme et qui, à l'heure actuelle, n'incite guère à l'optimisme. … Jusqu'à présent, l'Union européenne est cependant toujours parvenue à surmonter les crises dont beaucoup pensaient qu'elles allaient la paralyser ou la faire voler en éclats. … Dans un monde où toujours plus de dirigeants conçoivent la politique comme une démonstration de force, il est déjà précieux que quelqu'un continue de chercher une issue dans la coopération, le compromis et le respect des règles.»

Keskisuomalainen (FI) /

Pas de quoi déclencher les passions

Keskisuomalainen n'a pas été convaincu par le discours :

«Il était à l'image de l'Europe elle-même : abondant, aux multiples facettes, un peu ennuyeux, mais démocratique. Ce discours de près d'une heure et demie s'articulait autour de quatre grands thèmes : l'autonomie stratégique de l'Europe, la sécurité, le climat et la technologie, ainsi qu'une politique basée sur des valeurs. Il ne ressemblait ni aux discours incendiaires du président américain Donald Trump devant des marionnettes enthousiastes, ni à la prestation monotone du président chinois Xi Jinping devant l'Assemblée nationale populaire. Il ne relevait pas non plus de la fanfaronnade, comme chez le président russe Vladimir Poutine. … Le discours annuel d'Ursula von der Leyen revêt une réelle importance à l'échelle de l'UE, mais il lui manquait une ferveur collective.»