Portugal : le lanceur d'alerte Rui Pinto en danger ?

La justice portugaise a décidé de retirer le statut de "témoin protégé" au lanceur d’alerte Rui Pinto, qui lui a permis de bénéficier de la protection de l'Etat pendant six ans. A l'origine des Football Leaks, il avait révélé des pratiques financières illégales dans le monde du football, mais avait été lui-même condamné à quatre ans de prison avec sursis pour piratage informatique et tentative d'extorsion. La presse portugaise se demande si l'Etat continuera à assurer sa protection.

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Jornal de Notícias (PT) /

Exposé à la vengeance

L'Etat joue avec la vie de Rui Pinto, écrit Jornal de Notícias :

«La décision a été prise il y a trois mois, mais elle n'a été communiquée que dix jours avant que n'expire son droit à être protégé. Ce n'est pas un hasard : à cette époque, on a appris que Manchester City risquait, sur fond de scandale de fraude, de perdre des titres et d'être exclu de la Premier League. C'est à dire à un moment où la probabilité que quelqu'un veuille se venger était maximale. … Que l'action de Rui Pinto soit héroïque ou condamnable, il n'est pas tolérable de ne pas lui offrir de protection.»

Correio da Manhã (PT) /

Une protection nécessaire quel que soit le délit

Il doit pouvoir continuer à être protégé par l'Etat quel que soit le délit pour lequel il a été condamné, fait valoir Correio da Manhã: :

«Rui Pinto a été condamné pour vols de données et tentative d'extorsion. … Rui Pinto a reconnu ses torts et il coopère avec des enquêteurs qui ont réussi à exposer des pratiques illicites dans le football et d'autres domaines. … L'empêcher de disposer d'une protection est une injustice qui revient à le placer entre les mains d'individus capables de tout. C'est inacceptable»