Les tenants et les aboutissants du contrat d'armement turco-russe

La Turquie et la Russie ont conclu un contrat d'armement de plusieurs milliards. Ankara a fait l'acquisition d'un système de défense antiaérienne de type S-400 - un versement aurait déjà été effectué, selon Erdoğan. Auparavant, la Turquie avait déjà envisagé l'achat d'un dispositif chinois, sans que la transaction n'ait été menée à terme. Les journalistes commentent la portée de ce contrat pour la Russie et les partenaires de l'OTAN.

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Contributors (RO) / 13 septembre 2017

Une victoire sur toute la ligne pour Poutine

Ce contrat est pour la Russie une victoire à plusieurs niveaux, commente le politologue Valentin Naumescu sur le portail de blogs Contributors :

«C'est une victoire symbolique face à une Amérique que l'Europe centrale semble être la seule à aimer encore. Mais c'est aussi une victoire politique, parce que la Russie gagne un allié important dans la région. Enfin, c'est une victoire stratégique. Nul besoin d'être expert militaire pour comprendre que ce type de systèmes intelligents, équipés de puissants radars, rendent l'OTAN vulnérable. La compatibilité avec les systèmes occidentaux n'est pas garantie. Il se peut même que ces 'équipements complexes', pour reprendre le qualificatif de la Russie, puissent être utilisés à des fins de cyberespionnage une fois installés dans l'espace de l'OTAN.»

Daily Sabah (TR) / 14 septembre 2017

La Turquie contrainte à rechercher de nouveaux partenaires

La politique populiste de l'Occident et son arrêt des livraisons d'armes poussent inexorablement la Turquie vers l'Est, signale le quotidien pro-gouvernemental Daily Sabah :

«Les grands partenaires des Etats-Unis et de l'OTAN, comme l'Allemagne, devraient comprendre que compte tenu des menaces, la Turquie a été obligée de rechercher une autre voie, car aucun Etat souverain sur Terre ne peut agir au détriment de sa propre existence. C'est pourquoi ils devraient renoncer à la politique populiste de l'intimidation reposant sur des argumentations bancales, et cesser de pousser la Turquie de plus en plus vers l'Est. ... Ce qu'ils doivent faire est simple : entendre raison et faire le minimum pour entretenir des relations d'égal à égal. Le contrat S-400 pourrait ainsi marquer un nouveau départ, et non la fin des rapports de la Turquie avec l'OTAN et l'Occident.»

Habertürk (TR) / 13 septembre 2017

La bifurcation de la Turquie est une réalité

Ankara suit une ligne limpide en matière de défense, juge Habertürk :

«La Chine et la Russie. Cela vous parle-t-il ? La Turquie achète des systèmes de défense antimissiles à deux Etats non-membres de l'OTAN et étrangers au système occidental - le sens de cette initiative est donc évident. La Turquie semble partir du principe que son espace aérien n'est pas susceptible d'être attaqué depuis l'Est, mais depuis l'Ouest. ... Il est tentant d'interpréter cet achat de la sorte. Il semblerait que la Turquie soit bel et bien résolue à changer de voie. Mais il serait utile de demander à des experts machinistes quels sont les risques d'un changement d'aiguillage lorsque les trains sont lancés à pleine vitesse.»

La Stampa (IT) / 13 septembre 2017

Une sanction contre la politique kurde de l'Occident

Giordano Stabile, correspondant de La Stampa pour le Proche-Orient, y voit un revers cuisant pour l'Occident :

«La décision semble moins motivée par des questions techniques que par des considérations politiques. La tentative de putsch du 15 juillet 2016 a accéléré le changement de camp de la Turquie. Le régime a sapé les droits démocratiques et civiques. ... Les négociations d'adhésion à l'UE sont au point mort. Mais Ankara entend surtout sanctionner le soutien que l'Occident apporte aux Kurdes. Dans 12 jours, un Kurdistan indépendant verra le jour dans le Nord de l'Irak. Pire encore, un Etat kurde est en train de naître en Syrie, sous la bannière des guérilleros des YPG, 'cousins' du PKK et fidèles du leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan.»

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