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06.09.2008

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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Le Monde - France | 14.08.2008

Une confiance diminuée dans la démocratie

Partant d'une étude de la Fondation allemande Friedrich-Ebert, Le Monde commente la perte de confiance des citoyens occidentaux dans la démocratie : "La démocratie semble avoir de moins en moins le vent en poupe, autant sur le plan national qu'international…. Selon une étude de la Fondation Friedrich-Ebert, … un Allemand sur trois pense que la démocratie fonctionne mal, la proportion passe même à 60 pour cent parmi les anciens Allemands de l'Est, et un quart des personnes interrogées ne veut plus rien savoir de "la démocratie telle qu'elle est chez nous". … La perte de confiance dans la démocratie ne se révèle donc pas seulement par l'accroissement de tendances autoritaires, elle se reflète dans le désarroi des élites politiques incapables de prendre la mesure des problèmes posés par l'avenir. Voilà pourquoi le candidat Barack Obama apparaît comme un sauveur, même quand on n'est pas américain. … L'intégration c'est la participation et non l'assistance, et elle doit être renforcée par des formes innovantes de démocratie directe, qui englobent aussi des médias comme Internet. Les directives abstraites de l'Union européenne ne peuvent avoir aucun effet identificateur parce que personne ne comprend à quoi elles servent." (14.08.2008)

Jyllands-Posten - Danemark | 14.08.2008

Les deux printemps 68

Il y a 40 ans, le 21 août 1968, les chars soviétiques entraient dans Prague. Le spécialiste en sciences politiques Søren Riishøj revient dans le quotidien Jyllands-Posten sur les bouleversements de l'année 1968 dans une Europe divisée. "Le caractère exceptionnel de ces deux 'printemps' est qu'ils se sont déroulés simultanément. Mais les différences sont évidentes. Les étudiants de Prague souhaitaient surtout une humanisation du marxisme et un rapprochement de l'Ouest. En ce qui concerne les protestations de la jeunesse [occidentale], leur objectif était plutôt de donner au marxisme une 'pureté doctrinaire'. … En d'autres termes : les intellectuels d'Europe de l'Ouest portaient un regard soupçonneux sur Prague tandis que les étudiants praguois considéraient presque les jeunes qui prenaient d'assaut les rues de Paris avec un sourire indulgent en raison des 'idées fausses qui les habitaient'. … La révolution de velours de 1989 a été pour la majorité des Tchèques un 'événement anti-68'. Dans ce cas, il ne s'agissait pas de réformer le socialisme mais de revenir en Europe. … Le printemps praguois, l'invasion [par les troupes du pacte de Varsovie] le 21 août et les 20 ans de période glaciaire qui s'en suivirent … s'ajoutent à la collection de souvenirs tragiquement historiques déjà si nombreux des Tchèques et des Slovaques." (14.08.2008)

El Mundo - Espagne | 14.08.2008

Une résolution judiciaire des conflits ?

L'historien britannique, Henry Kamen, considérant l'exemple de l'arrestation de Radovan Karadžić, l'ancien chef des Serbes de Bosnie, se demande si la condamnation d'un criminel de guerre présumé devant la Cour internationale de justice peut aider à la résolution des conflits. "La condamnation de Karadžić, tenu pour responsable de la mort de 20 000 personnes, serait un geste symbolique important. Mais celle-ci résoudrait-elle les causes du conflit sanglant qui s'est déroulé en Bosnie ? … On soupçonne que le procès de la Haye ne soit pas autre chose que le Circus Maximus romain dans lequel les poursuivants isolent et détruisent leur proie. Les juges qui le condamneront, montreront qu'ils ont défendu la civilisation contre la barbarie. Nous pouvons dormir plus tranquilles et attendre jusqu'à ce que le prochain chef régional nous offre un nouveau Banja Luka ou un nouveau Srebrenica dans un quelconque coin du monde. De nouveau une grande puissance, cette fois-ci peut-être sous la conduite d'Obama, envahira un pays. Et une fois que tout sera fini, seul le chef régional sera condamné par la Cour internationale de justice. Et de nouveau nous pourrons dormir tranquilles car un autre criminel de guerre aura été arrêté." (14.08.2008)

International Herald Tribune - France | 13.08.2008

Individualisme vs collectivisme

Le journaliste David Brooks explique dans le quotidien International Herald Tribune la différence entre l'individualisme occidental et le collectivisme asiatique. "On peut établir une échelle mondiale avec, d'un côté, les sociétés les plus individualistes - comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne - et, de l'autre, les sociétés les plus collectivistes - comme la Chine et le Japon. … Les sociétés individualistes réussissent généralement mieux sur le plan économique. Notre histoire en Occident a connu le développement de la raison individuelle et de la conscience pendant la Renaissance et le siècle des Lumières mais aussi pendant la période prospère du capitalisme qui a suivi. … Mais … que se passe-t-il lorsque les sociétés collectivistes, particulièrement celles d'Asie, connaissent une véritable croissance économique et concurrencent l'Occident ? Une nouvelle sorte de conversation mondiale prend forme. La cérémonie d'ouverture à Pékin était un communiqué officiel de cette conversation. Elle faisait partie de l'affirmation de la Chine que le développement ne se fait pas uniquement grâce à des moyens occidentaux libéraux mais peut également être favorisé par des moyens orientaux et collectifs. … L'ascension de la Chine n'est pas simplement un événement économique. C'est également un événement culturel. L'idéal d'un collectif harmonieux pourrait bien se révéler aussi attirant que l'idéal du rêve américain. C'est certainement une idéologie utile pour des autocrates ambitieux." (13.08.2008)

Élet és Irodalom - Hongrie | 12.08.2008

Entre atlantisme et gaullisme

La spécialiste en politique Petronella Eszter Soós se consacre, dans le magazine hebdomadaire Élet és Irodalom, à la politique extérieure du président français Nicolas Sarkozy et au rôle de la France dans l'UE. "L'intégration européenne et les relations franco-américaines, aussi bien du temps de Charles de Gaulle que du temps de Jacques Chirac, ont été interprétées sur le principe du 'c'est à prendre ou à laisser'. Avec Nicolas Sarkozy, il n'en est rien. Contrairement à Chirac, Sarkozy prône l'ouverture avec les Etats-Unis car il est important, selon lui, du point de vue stratégique que les deux Etats entretiennent de bonnes relations. … Selon Sarkozy, un affaiblissement des Etats-Unis serait une politique imprévoyante. … Dans ce contexte, Sarkozy est souvent représenté en défenseur de l'atlantisme. Cet avis est exagéré. Il vaudrait peut-être mieux le qualifier d'ami des Américains. … A l'ère Sarkozy, c'est une position pragmatique du gaullisme qui se poursuit, selon laquelle la France a ses intérêts propres qu'elle doit défendre bec et ongles sur la scène politique mondiale. Sarkozy n'a jamais perdu de vue cette position. … Toutefois, Sarkozy en a conclu qu'il valait mieux tenir compte des intérêts de la France dans le cadre de l'UE. C'est pourquoi il prend tant au sérieux la présidence française de l'Europe." (12.08.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande | 12.08.2008

Pas d'arrêt !

Dans une tribune publiée dans le quotidien Helsingin Sanomat, Chris Patten, ancien Commissaire européen pour les relations étrangères, analyse les répercussions d'un échec du traité de Lisbonne sur la gestion européenne des crises. "Dans le débat sur le traité de Lisbonne, on oublie trop souvent ce que signifieraient dans la pratique les modifications proposées pour les tâches les plus importantes que l'UE réalise au-delà de ses frontières. … Dans ses efforts pour stabiliser et reconstruire, … l'UE a apporté une aide militaire importante … dans toute une série de régions en crise. … Son plus grand succès dans l'histoire récente a peut-être été une politique commune dans les domaines des affaires étrangères et de la sécurité vis-à-vis de la Bosnie et de l'Herzégovine. … Bien sûr, chacune de ces opérations a également eu ses faiblesses, … on reproche notamment la lourdeur et l'inefficacité des institutions. … Le traité de Lisbonne … résoudrait partiellement ce problème. L'UE pourrait agir comme personnalité morale en représentation de ses Etats-membres. … Les procédures seraient accélérées par le biais de l'augmentation des décisions à la majorité qualifiée. … Simultanément, la prévention et le règlement de conflits seraient plus simple - en d'autres termes plus de vies humaines pourraient être sauvées. .. . Il serait très regrettable que les avancées s'arrêtent maintenant." (12.08.2008)

Revista 22 - Roumanie | 11.08.2008

Le puissant lobby de la Roumanie

Dans le magazine d'informations Revista 22, le spécialiste britannique en sciences politiques, Tom Gallagher, pose un regard critique sur la relation entre l'Etat roumain et les institutions de l'UE. "Le fait que l'élite [politique] de Bucarest ait réussi à établir un lobby très influent pour la Roumanie dans les institutions multidimensionnelles confuses qui gouvernent l'Union européenne … était un sérieux signal d'alarme. Bucarest a fait preuve d'habileté en proposant des contrats pour des projets d'infrastructure à la fois à des acteurs économiques ayant une certaine influence à Bruxelles et aux partis qui dominent certains des Etats clés de l'Union. Grâce à ce lobby, la Roumanie devrait adhérer [à l'UE] sur la base d'une longue liste restée insatisfaite. … Le rapport de la Commission de l'UE du 24 juillet dernier met en lumière un … système de justice largement contrôlé par des puissances corrompues. Dans ce contexte, il apparaît clairement qu'il n'existe aucune volonté politique suffisante au sein de l'UE pour prendre des sanctions à l'encontre de la Roumanie. Les sociaux-démocrates et les libéraux du Parlement européen se sont de plus en plus rapprochés des communautés d'intérêts et de pouvoir qui gouvernent la Roumanie derrière les coulisses. Cette réalité rend improbable l'idée que le Parlement de l'UE commandé par des favoritismes [mutuels] sera à un moment donné capable de représenter les intérêts du citoyens moyen européen." (11.08.2008)

Dagens Nyheter - Suède | 11.08.2008

Cher monde, arrête-nous s'il-te-plaît !

Dans le quotidien Dagens Nyheter, l'intellectuelle américaine, Naomi Wolf, nous fait part de ses doutes quant à son amour pour sa patrie, les Etats-Unis, et aborde la question des nombreuses images et nombreux rapports sur la torture et les crimes de guerre que ses compatriotes ne veulent pas croire. Dans son article, elle lance un appel au monde : arrête-nous s'il-te-plaît ! "Nous nous sommes préoccupés par notre poids et nous allons faire des courses", écrit Wolf. "Nous sommes devenus une nation sans loi, un véritable danger pour les lois internationales et la stabilité mondiale des pays civilisés qui étaient nos alliés. Nous figurons à juste titre sur la liste canadienne des pays brutaux ayant recours à la torture. … Aujourd'hui, nous, les Américains, sommes incapables de nous aider nous-mêmes. De la même manière que les toxicomanes ou les malades mentaux qui refusent de se laisser soigner, nous sommes dépendants de l'intervention de nos amis. Rappelez-vous comment nous étions dans des temps meilleurs et agissons pour nous sauver et sauver le monde de nous-mêmes. Peut-être pourrais-je alors aimer à nouveau mon pays." (11.08.2008)

La Vanguardia - Espagne | 11.08.2008

Naomi Klein au sujet de la guerre en Irak

Dans un article intitulé 'Le capitalisme du désastre', l'écrivain et opposante à la mondialisation, Naomi Klein, analyse dans le quotidien La Vanguardia la phase actuelle du système économique mondial. Elle écrit entre autre sur la guerre en Irak : "Certains des architectes de la guerre d'Irak ne nient même pas que le pétrole a été l'un des principaux motifs de l'invasion. Fadhil Chalabi, l'un des principaux conseillers du gouvernement Bush pendant les mois qui ont précédé la guerre, a déclaré récemment que l'invasion était 'une action stratégique des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans le Golfe persique visant à assurer l'approvisionnement en pétrole à l'avenir.' Occuper d'autres Etats en raison de leurs richesses minières est illégal selon la Convention de Genève. Cela signifie que le travail de reconstruction de l'infrastructure en Irak - y compris l'infrastructure pétrolière - incombe aux envahisseurs. Ils doivent payer les réparations. (Il ne faut pas oublier qu'en 1990, le régime de Saddam Hussein a versé 9 milliards de dollars de réparation au Koweit en 1990 après son invasion). Au lieu de cela, on oblige l'Irak à vendre 75 pour cent de ses ressources minières pour payer la facture d'une invasion et d'une occupation illégale." (11.08.2008)


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