Marine Le Pen dit avoir le vent en poupe

Marine Le Pen a été une des premières à féliciter Donald Trump via Twitter. A l'instar d'autres personnalités d'extrême droite en Europe, elle considère que la victoire électorale de Trump aux Etats-Unis souffle dans ses propres voiles. Ses chances aux présidentielles augmentent-elles, ou ne peut-elle pas vraiment surfer sur la vague Trump ?

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Dennik N (SK) /

En France, ce n'est pas Trump qui décide

Seuls les facteurs de nature nationale auront une incidence sur la campagne de Le Pen aux présidentielles françaises, pense Dennik N :

«L'idée selon laquelle la réussite de Trump souffle dans les voiles des extrémistes et des populistes en Europe a un fond rationnel. Il est certain que le nouveau président américain est devenu un modèle que le FN souhaite imiter. … Le parti de Le Pen effectue cependant une ascension depuis quelques années déjà. Le fait que Le Pen ait dédiabolisé la rhétorique du parti n'y est pas pour rien. Par ailleurs, l'économie française traverse une mauvaise passe. On se raccroche à l'espoir qu'en France, les élections se font en deux tours. ... Ce sont des éléments internes qui décideront de la victoire ou de la défaite, et non le fait que Trump soit le nouveau locataire de la Maison Blanche.»

Marianne (FR) /

La stratégie de Le Pen ne fonctionnera pas

Donald Trump bénéficie d’un avantage stratégique qui fait défaut à Marine Le Pen, selon Marianne :

«Par ses outrances et ses provocations assumées, répétées et amplifiées par des médias horrifiés, Donald Trump a mobilisé cette partie de l’électorat qui se réfugiait jusqu’alors dans l’indifférence. ... Or, en misant tout sur la dédiabolisation, en polissant son discours, en cherchant à apparaître comme une candidate responsable, et même en préférant la diète médiatique à l’occupation des tribunes, Marine Le Pen réussit certes à élargir son audience, mais demeure incapable de mobiliser l’arrière-banc des abstentionnistes qui lui permettrait de passer la barre des 50 pour cent. Ce que Donald Trump semble avoir réussi, y compris dans les Etats promis à sa concurrente comme la Floride ou la Caroline du Nord, où il a réussi à gagner la majorité.»

Dagens Nyheter (SE) /

Trump pas forcément un modèle à suivre

Pour Dagens Nyheter, il est possible d’empêcher la victoire de Le Pen :

«En France aussi, il y a des électeurs qui ont peur de l’avenir. Au demeurant, beaucoup de facteurs jouent en sa défaveur. … Si son Front National a fortement mobilisé aux régionales il y a un an, il n’a toutefois pas dépassé la barre des 30 pour cent. Elle n’est pas une novice en politique, bien au contraire, il y a longtemps qu’elle est dans l'arène. Il semblerait que ses sympathisants silencieux ne soient pas très nombreux, car ceux qui votent pour elle n’en ont pas honte. Son appel à restaurer le franc fait peur non seulement aux milieux économiques, mais aussi aux retraités et aux épargnants. … Une présidence de Le Pen serait un coup de plus dans le bas-ventre d’un ordre mondial libéral et humaniste. C’est pourquoi les partis tenants de la décence et de l'honnêteté doivent montrer qu’ils sont en mesure de résoudre les problèmes politiques et économiques.»

Financial Times (GB) /

Un 'vent nouveau' pour faire barrage à Le Pen

Des politiques incarnant dynamisme et optimisme, comme Emmanuel Macron, pourraient couper l’herbe sous le pied de Marine Le Pen, pense Financial Times :

«Il est peu probable que l’ex-ministre de l’Economie devienne président, dans une culture politique qui a rarement été favorable aux centristes et aux libéraux en économie. Mais son apparition sur l’échiquier politique est relativement récente et son optimisme et sa volonté d’avancer des idées iconoclastes font cruellement défaut au pays. Espérons que les partis traditionnels s’uniront autour de candidats qui offrent une alternative aussi positive à l’extrême droite, plutôt qu’une version édulcorée de leur programme. La popularité de Madame Le Pen reflète la frustration des électeurs envers un système qui les a oubliés – mais elle n’apporte pas de réponse et il ne faut pas la laisser façonner le débat.»