Russie : Des médias sous contrôle de l’Etat

Le contrôle de l’Etat est la grande caractéristique des médias russes. La télévision tient lieu de première source d’information. Presque toutes les grandes chaînes de télévision appartiennent soit directement à l’Etat, soit à des oligarchies proches du pouvoir, soit à des grands groupes comme Gazprom.

Le mur du Kremlin à Moscou. (© picture-alliance/dpa)
Le mur du Kremlin à Moscou. (© picture-alliance/dpa)
Dans leurs émissions d’information, un nombre non négligeable de ces chaînes font ouvertement l’apologie de la ligne du Kremlin. Les chaînes indépendantes doivent tout au plus faire dans le divertissement ou se satisfaire de la diffusion par satellite ou via Internet.

La première étape de l’Etat dans sa mise au pas de la télévision a été le noyautage de chaînes importantes, notamment NTW. Les journaux et les médias en ligne, en revanche, jouissent de nettement davantage de liberté. S’agissant de la presse écrite, l’Etat a renoncé à des rachats directs, se limitant à en céder le contrôle à des oligarques dociles et proches du pouvoir. C’est notamment le cas du propriétaire du groupe de presse Kommersant, Alicher Ousmanov, et du baron de la presse Iouri Kovaltchouk.

Même le milliardaire considéré comme relativement indépendant Mikhaïl Prokhorov, propriétaire du holding médiatique RBC, s’est vu contraint, suite à des articles compromettants sur Poutine - son implication dans le scandale des Panama Papers et une présumée résidence privée - de limoger le directeur du groupe, ce qui fut plus grand scandale du monde des médias de 2016.

Le contrôle de la presse par l’Etat est bien moindre sur Internet. On y trouve aujourd’hui tout de même plusieurs portails pro-gouvernementaux très fréquentés, et un certain nombre de sites critiques du régime ont été bloqués ces dernières années. Au demeurant, c’est sur la Toile que l’on trouve le plus de médias libres.

Un aménagement de la loi sur les médias, adoptée dès octobre 2014, interdit aux citoyens étrangers de fonder des médias en Russie et limite à 20 pour cent la hauteur de leur participation à des médias russes. Cet amendement, qui entre en vigueur en 2017, a entraîné le retrait du pays du groupe d’édition Axel-Springer, qui avait pendant longtemps publié plusieurs marques journalistiques (par ex. Forbes Russia). Le groupe Sanoma a lui aussi revendu les parts qu’il détenait dans les journaux Vedomosti et The Moscow Times. Les médias russophones tels que Deutsche Welle, BBC ou le portail Meduza peuvent toutefois être librement consultés.

Dans l’ensemble, malgré les restrictions en partie draconiennes de la liberté de la presse, l’information libre reste accessible. Au demeurant, la politique russe en matière de médias étant ce qu’elle est, il faut vraiment rechercher activement l’information pour la trouver.

Classement pour la liberté de la presse :
Reporters sans frontières : rang 148 (2016)
Freedom House: rang 176 – statut : non libre (2016)

Mise à jour: Mai 2017
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