Pologne : Kaczyński en baron de l'immobilier ?

Le quotidien Gazeta Wyborcza a publié la transcription d'enregistrements du chef de file du parti PiS au pouvoir en Pologne, Jarosław Kaczyński. Il y est question de l'échec d'un projet de construction d'un immeuble à Varsovie, qui devait être confié à une entreprise étroitement liée à Kaczyński. La neutralité de la politique économique du gouvernement polonais est-elle en cause ?

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Gazeta Wyborcza (PL) /

Quand oligarchie et politique ne font plus qu'un

Pour Gazeta Wyborcza, les révélations lèvent le voile sur un système corrompu :

«Pendant des années, nous avons essayé de mettre en place un système qui contrôle les intérêts que certains politiques placent dans des entreprises. Nous voulions un Etat civilisé dans lequel les politiques - indépendamment des intérêts financiers - jouent le rôle d'arbitres impartiaux pour régler les différends entre les lobbys économiques. Nous ne voulions pas que la Pologne devienne un pays dans lequel l'oligarchie gouverne aux côtés de l'Etat. C'était une des raisons d'être du principe du financement des partis par le budget de l'Etat. Le parti au pouvoir joue un jeu économique dans lequel le politique peut être millionnaire et n'est pas obligé de le faire apparaître dans sa déclaration d'impôts parce qu'officiellement, les entreprises appartenaient à quelqu'un d'autre.»

Wpolityce.pl (PL) /

Du vent

wPolityce.pl souligne l'inanité de ce que certains présentent comme une grande révélation :

«L'idée que Kaczyński soit un requin de l'immobilier (comparable à Trump) a de quoi faire pouffer de rire. Si le président du PiS était vraiment un bonze des affaires, comme Gazeta Wyborcza tente de le suggérer, il aurait érigé à Varsovie, au fil des nombreuses années de son activité politique, une véritable forêt de gratte-ciels. Or à ce jour, il n'en a pas construit un seul. ... Il va sans dire que les lecteurs de Wyborcza vivent dans une réalité parallèle. Ils ne comprennent donc pas pourquoi la publication des enregistrements a fait pschitt - et n'a pas eu de suites.»