Portugal : la campagne éclaboussée par un scandale militaire

Jusqu'ici, rien se semblait pouvoir compromettre la victoire du Premier ministre social-democrate sortant, António Costa, aux législatives de dimanche prochain. Le voici cependant rattrapé par un scandale remontant à 2017 : une affaire de vol de matériel militaire survenu sur la base militaire de Tancos. Les conservateurs et leur tête de liste, Rui Rio reprochent au Premier ministre d'avoir eu vent du vol. L'affaire aura-t-elle un impact décisif sur la campagne ?

Ouvrir/fermer tous les articles
Público (PT) /

Un champ de mines

Dans la dernière ligne droite, la campagne vire à la foire d'empoigne, s'insurge Público, qui critique surtout la tête de liste du PSD Rui Rio :

«L'escalade dans l'affaire Tancos fait du [parti conservateur] PSD un aimant capable d'attirer à lui tous les indécis ou ceux dont la méfiance envers le PS ou le Premier ministre a été attisée. Le PSD a marqué un point, mais qui a aussi un coût : un leader enivré par son propre succès électoral, qui renie la retenue qu'il professait lui-même. Ce coup transforme en un duel désespéré pour les voix ce qu'il subsistait d'une campagne civilisée. L'affaire Tancos est devenu un champ de mines politique.»

Jornal Económico (PT) /

Quelque chose qui cloche

Dans Jornal Económico, le politologue Raul de Almeida déplore la façon dont le gouvernement gère le scandale :

«L'affaire Tancos était au départ une simple anecdote qui s'est transformée en tragédie d'Etat. Le ministre de la Défense de l'époque, Azeredo Lopes, a dès le début géré le problème de manière totalement irresponsable, tandis que Costa s'en lavait les mains et abandonnait le ministre incompétent à son propre sort. ... Cette histoire est troublante. Inévitablement, des têtes sont tombées, et le Partido socialista (PS) au pouvoir espère désormais que le Parquet aura la bienveillance d'oublier toute l'affaire.»

20 minutos (ES) /

Il faut que le miracle portugais se poursuive

Le portail 20 minutos espère pour sa part que la coalition de gauche pourra continuer son travail :

«Personne n'aurait parié sur cette coalition il y a quatre ans. ... Mais contre toute attente, les trois partis au gouvernement sont parvenus à revitaliser une économie moribonde et à renforcer la position internationale du Portugal. Ils espèrent désormais - chacun de son côté naturellement - améliorer leurs scores électoraux. Difficile de dire si, avec des scores différents, ils reformeront une coalition. Mais comme il est généralement admis qu'ils ont fait du bon travail, cela est tout à fait envisageable. Notamment parce que le programme de Costa est en adéquation avec celui des petits partis : plus d'investissements publics, de meilleurs salaires et une plus grande justice sociale.»