Washington accuse Moscou de s'ingérer en Libye

Les Etats-Unis reprochent à la Russie d'avoir déployé des mercenaires et des avions de chasse en Libye pour soutenir le maréchal Haftar, opposé au gouvernement d'union nationale libyen (GNA), reconnu par l'ONU. Des images récentes d'une base aérienne montreraient des avions russes au sol ; le Kremlin dément. Les chroniqueurs rappellent que la Russie n'est pas seule à être coupable d'ingérences en Libye.

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Huffington Post Greece (GR) /

La Turquie aussi

Dans HuffPost Greece, la politologue Maria Motika évoque le rôle de la Turquie, qui soutient le GNA :

«Aussi bien la LNA [l'Armée nationale lybienne du maréchal Haftar] que l'OMS ont accusé les troupes gouvernementales d'avoir détruit plusieurs convois de nourriture et d'aide médicale destinés aux villes assiégées. ... En dépit de l'accord de Berlin, qui impose aux pays tiers de ne pas procurer aux belligérants le renfort de mercenaires et du matériel militaire, Ankara continue d'apporter une aide concrète à ces deux niveaux. La Turquie a même récemment demandé à des groupes rebelles et à des organisations terroristes en Syrie de lui fournir des listes de combattants devant être envoyés en Libye. L'engagement turc a par ailleurs entraîné la mobilisation d'autres Etats arabes, comme le Qatar.»

Süddeutsche Zeitung (DE) /

Pas de paix en vue

La "guerre par procuration" contre laquelle le Conseil de sécurité de l'ONU met en garde est une réalité depuis longtemps, explique Süddeutsche Zeitung :

«Si les puissances étrangères ne cherchaient pas à mettre à la disposition des belligérants fonds, armements toujours plus modernes et mercenaires, il serait peut-être possible de résoudre le conflit. Mais la Libye est devenue le champ de bataille sur lequel Emirats arabes unis, Egypte, Jordanie et Russie d'un côté, Turquie et Qatar de l'autre, se disputent suprématie régionale et influence géopolitique, et mènent leur conflit idéologique autour de l'islam politique. Tant que cela se poursuivra, le pays ne trouvera pas la paix.»