Qui succédera à Boris Johnson ?

Suite à plusieurs votes au sein du groupe des Tories à Westminster, deux finalistes ont été sélectionnés dans la bataille pour Downing Street : l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères, Liz Truss. La base du parti décidera d'ici septembre lequel des deux prendra les rênes du parti, et donc du gouvernement. Pour les chroniqueurs, il n'y aura pas de renouveau chez les conservateurs.

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The Guardian (GB) /

Pas d'évolution en vue

Ni Rishi Sunak ni Liz Truss n'incarnent la voie du changement, critique The Guardian:

«Les deux candidats souhaitent davantage poursuivre la politique de Boris Johnson qu'ouvrir un nouveau chapitre. ... Si Sunak gagne l'élection, il s'agira du premier chef de gouvernement britannique de couleur. Dans le cas de Truss, de la troisième Première ministre de l'histoire du pays. En termes de diversité, ce serait un moment historique. Mais cette avancée ne serait symbolique que dans la représentation : car le gouvernement s'est montré incapable de lutter contre les inégalités systémiques, et les deux candidats en sont aussi responsables.»

Ria Nowosti (RU) /

Vers une victoire de Truss ?

Le fait que les membres d'un parti choisissent le futur chef de gouvernement du pays n'est pas particulièrement démocratique, juge Ria Novosti :

«L'institut de sondage YouGov a interrogé 725 membres des Tories et déduit que Truss s'imposerait au second tour face à Sunak avec 55 pour cent des voix, contre 35 pour cent pour l'ex-ministre des Finances. Bien entendu, il reste encore un mois entier de débats, de prises de position et de promesses électorales. Mais il est peu probable que Sunak parvienne à inverser la tendance. ... La presse britannique n'est pas en mesure de donner le nombre exact des membres du Parti conservateur - il oscille entre 160 000 et 200 000 personnes. Quoi qu'il en soit, seuls 0,4 pour cent des électeurs britanniques seront donc appelés à choisir leur nouveau chef de gouvernement. On ne peut pas dire que ce soit très démocratique...»

La Tribune de Genève (CH) /

Le Labour à l'affût

Cette passe d'armes ne fera qu'un seul gagnant, fait valoir Tristan de Bourban, auteur d'une biographie de Johnson, dans La Tribune de Genève :

«Au final, et quel que soit le nom du successeur de Boris Johnson – qui sera annoncé le 5 septembre –, ce triste spectacle ne produira qu’un seul vainqueur : le Parti travailliste. Les élus du principal parti d’opposition se frottent les mains. Son dirigeant Keir Starmer entrevoit pour la première fois la réelle possibilité d’emporter la prochaine élection générale, prévue pour 2024. Et cela, malgré son manque de charisme et son absence totale de ligne politique claire.»