Quelles leçons tirer de l'incendie fatal de Crans-Montana ?
Un incendie dévastateur qui s'est produit dans la commune suisse Crans-Montana dans la nuit du 31 décembre a fait 40 morts et 119 blessés. Dans un bar, des bougies incandescentes ont apparemment enflammé le revêtement du plafond. Les commentateurs sont choqués de l'ampleur du drame.
En faveur d'une prise de conscience des risques
L'incendie est un avertissement pour toute la Suisse, fait valoir La Tribune de Genève :
«Ce Nouvel-An meurtrier fera date dans l'histoire suisse. Il poussera certainement les autorités à réviser des normes de sécurité, à renforcer les contrôles, à exiger des travaux de mise en conformité. On peut formuler l'espoir que cet événement apocalyptique suscite une prise de conscience des dangers inhérents au monde de la nuit. Qu'il en ressorte, au-delà de la détresse, quelque chose de positif. Le risque zéro restera cependant hors d'atteinte. Le souvenir de Crans-Montana perdurera. Comme pour rappeler que ce qui nous unit : c'est notre vie. Si précieuse et fragile à la fois.»
L'inferno dans le pays de la sécurité illimitée
Blick s'interroge sur l'origine de l'incendie :
«Des questions se posent quant à nos certitudes : comment est-il possible qu'un tel inferno puisse se produire dans le pays de la sécurité illimitée ? Comment un bar à touristes peut-il se transformer en piège mortel dans un Etat de fonctionnaires où la moindre cabane de jardin requiert un permis de construire, toute rencontre de scouts est soumise à autorisation et où l'inspecteur des denrées alimentaires contrôle la distance entre la friteuse et la poubelle ? Et sur les vidéos, pourquoi ne voit-on aucun employé muni d'un extincteur au moment du départ du feu ? Qui a autorisé les gérants du bar à installer ce plafond hautement inflammable ?»
Des flammes mortelles comme spectacle
Le drame survenu dans ce bar est bien documenté sur les réseaux sociaux, décrit Weltwoche :
«Des fontaines de feu provenant de bouteilles de champagne, un public jeune, et tout d'un coup, le plafond qui prend feu. Et malgré cela : une forêt de portables brandis, des rires, des cris de 'wow', des clips enregistrés pour sa story. C'est seulement au moment où la salle se transforme en piège que la foule panique. Tout en continuant à se filmer en train de brûler. ... Non, ces jeunes n'ont pas agi de façon déraisonnable. Ils ont plutôt suivi un réflexe acquis depuis leur enfance : le monde ne devient réel que lorsqu'il est passé par l'écran. Celui qui vit une expérience intéressante se doit de la partager. Celui qui ne partage rien a raté quelque chose. Suivant cette logique, l'incendie est d'abord un spectacle, et ensuite un contenu. L'information du danger arrive au cerveau en différé.»