Moldavie : la présidente évoque une union avec la Roumanie

Dans un entretien accordé au podcast britannique The Rest is Politics, la présidente de Moldavie, Maia Sandu, a affirmé qu'elle dirait oui à un rattachement de son pays à la Roumanie si elle était interrogeait sur la question dans un référendum. Il est selon elle "de plus en plus difficile de survivre en tant que démocratie et Etat souverain" pour un petit pays comme la Moldavie. Cette option est-elle réaliste ?

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G4Media.ro (RO) /

Des propos purement hypothétiques

G4Media.ro appelle à ne pas surinterpréter ces déclarations:

«Sandu affirme qu'elle voterait pour une union avec la Roumanie dans un référendum. Mais elle a aussi clairement indiqué qu'il n'y avait pas d'agenda politique. Les obstacles sont évidents et ont aussi été détaillés : absence de majorité dans la société moldave ; risques sécuritaires majeurs dans la région, impactée par la guerre russe contre l'Ukraine ; limites constitutionnelles et surtout, volonté du pays d'intégrer l'UE en tant qu'Etat indépendant. Sandu n'a pas présenté l'union avec la Roumanie comme un projet gouvernemental, mais comme un choix personnel dans le cadre d'un référendum hypothétique.»

Deutsche Welle (RO) /

Le cauchemar de Moscou

Une telle perspective contrecarrerait les visées du Kremlin, assure le service roumain de Deutsche Welle :

«Les réactions prévisibles des agents politiques du Kremlin à Chișinău confirment précisément ce que la présidente a dit dans l'entretien, et ce que Poutine n'a jamais voulu admettre, à savoir que la Moldavie travaillait à un plan B : une union avec la Roumanie, qui serait le cauchemar du Kremlin. ... Rappelons ce qu'avait dit Guennadi Selezniov, alors président de la Douma russe, le 22 avril 2002, lors d'une conférence de presse au Parlement de Moldavie. Il avait reconnu sans ambages que la Russie avait 'provoqué la guerre en Transnistrie pour empêcher l'union de la Moldavie avec la Roumanie'. ... En d'autres termes, pour que la Moldavie reste dans l'orbite russe.»

agora.md (MD) /

Maia Sandu écorne l'image de son propre pays

Le site agora.md fait part de son indignation:

«En affirmant que ce petit pays aura de plus en plus de mal à assurer sa survie, la présidente donne une appréciation directe de la viabilité future de la Moldavie en tant qu'Etat et contrevient à son propre mandat, même si elle a précisé ensuite que la décision devait revenir au peuple. La confiance des citoyens et des partenaires extérieurs dans les institutions étatiques, ainsi que la loyauté des citoyens vis-à-vis du pays, sont aussi tributaires de l'attitude et des déclarations de la présidente. De ce point de vue, elle n'a pas à se montrer sceptique vis-à-vis de l'Etat qu'elle dirige. Or c'est précisément ce qu'elle vient de faire.»

Deutsche Welle (RO) /

Pas une décision à la petite semaine

Il s'agit quoi qu'il en soit d'un projet de longue haleine, souligne le service roumain de Deutsche Welle :

«Une telle union ne peut advenir du jour au lendemain. Si on la promeut, ceci dit, il pourrait y avoir des avancées ; et le moment idoine, les citoyens seraient prêts, eux aussi. La Transnistrie devrait toutefois être abandonnée, car la Roumanie ne peut accueillir toute cette misère dans son giron. Il faudrait également démanteler les réseaux prorusses et mettre fin à la guerre hybride. Gérer tous ces éléments pourrait durer des années, car ils n'ont jamais été abordés par les deux pays.»