L'UE s'accorde sur de nouvelles sanctions contre la Russie
Suite à de longues négociations, la Commission européenne a adopté son 21e paquet de sanctions contre la Russie. Celui-ci prévoit une restriction renforcée du secteur financier russe et un prolongement du dispositif de plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie à 44 dollars le baril. Les positions de différents pays ont néanmoins empêché l'adoption de nombreuses propositions de sanctions, telles que celles envisagées contre l'importation de poissons, de transports de gaz liquéfiés ou celles relatives aux règles d'entrée sur le territoire.
Un certain trop-plein de sacrifices
Die Zeit se montre très inquiet de ces négociations qui n'en finissent pas :
«La concurrence entre l'application de sanctions et les intérêts propres n'est pas une nouveauté en soi. … Après de longues semaines en quête de compromis, les Etats européens paraissent divisés et lasses d'édicter des sanctions. Ils donnent une image qui devrait plaire à Poutine : celle d'une Europe surtout préoccupée par les intérêts particuliers de ses membres, alors que la guerre dure depuis plus de quatre ans. … C'est d'autant plus tragique que ce paquet de sanctions aurait pu être le dernier. Mais où trouver encore des mesures susceptibles de nuire suffisamment à la Russie sans pour autant porter trop atteinte à l'Europe ? La volonté des gouvernements européens quant à l'application de sanctions semble avoir atteint ses limites.»
On entre dans le vif du sujet
TVNet constate un marchandage acharné :
«Après quatre ans de guerre et 20 paquets votés, il n'est plus possible d'adopter de nouvelles restrictions sans pénaliser de grandes entreprises européennes et des secteurs d'activité entiers. Pour cette raison, la politique en matière de sanctions ressemble de plus en plus à un deal entre les Etats membres où chacun reste disposé à soutenir la pression commune exercée sur la Russie à condition de protéger ses intérêts les plus sensibles. Le départ d'Orbán n'a pas mis fin à cette contradiction. Il a simplement privé les autres capitales de la possibilité de se cacher derrière le véto hongrois en les contraignant à montrer plus clairement ce que chacune d'entre elle n'est pas prête à sacrifier au nom des sanctions.»
Sauver le tourisme
Evropeïska Pravda explique pourquoi la proposition d'inclure dans le paquet une interdiction d'entrée pour des personnes ayant combattu avec les Russes contre l'Ukraine n'a finalement pas été retenue :
«La France, l'Italie et, un peu moins publiquement, quelques autres Etats côtiers ont fermement rejeté de prévoir cette interdiction dans le paquet de sanctions contre la Russie, en arguant que celle-ci devait être mise en œuvre en modifiant les règles de Schengen. En première ligne n'étaient certainement pas les considérations juridiques, mais plutôt le souhait de retarder une décision susceptible de nuire davantage à l'arrivée de touristes russes, en baisse depuis l'offensive menée contre l'Ukraine.»