Hongrie : top départ pour la campagne électorale
Le président hongrois, Tamás Sulyok, a annoncé mardi la date des élections législatives 2026. Le 12 avril, les Hongrois pourront décider qui doit dorénavant gouverner le pays. Les deux grands favoris étant le Fidesz de Viktor Orbán, aux commandes depuis 16 ans, et le Tisza de Péter Magyar. Selon plusieurs sondages, le Tisza devance le Fidesz. Les éditorialistes s'attendent à une campagne houleuse.
Une résurrection démocratique pour Pâques ?
Népszava s'attend à un climat particulièrement vicié :
«Le coup d'envoi officiel de la campagne vient d'être donné, mais en réalité, elle se profile depuis 2006. Dans ce contexte, il est déjà certain que nous allons traverser trois mois difficiles et qu'un flot inédit d'intrigues et de boue va déferler sur le pays d'ici le 12 avril. Les derniers jours de la campagne correspondent aux fêtes de Pâques, et il est clair que ces jours fériés ne nous offriront aucun répit, ne serait-ce même qu'un instant. Ne perdons pas espoir cependant : la semaine suivante, tout sera terminé. Aussi bien la campagne, que le présent chapitre : peut-être assisterons-nous à une résurrection tardive.»
Orbán, porte-bannière du patriotisme en Europe
A l'étranger, l'élection est suivie de près par les adversaires et les défenseurs d'Orbán, affirme le quotidien pro-Fidesz Magyar Nemzet :
«Cette élection est importante pour ceux qui espèrent une chute du gouvernement dans la perspective d'un affaiblissement des forces patriotiques en Europe et d'une extension de la guerre [en Ukraine]. Mais elle est peut-être plus importante encore pour les citoyens de ces pays qui aspirent depuis longtemps à l'arrivée au pouvoir d'un dirigeant comme Viktor Orbán, dont la réélection pourrait constituer une source de motivation nécessaire à leur propre lutte contre les traîtres de l'Europe.»
La haine contre l'Ukraine ne fonctionne plus
Evropeïska Pravda analyse les motifs du changement de ton d'Orbán vis-à-vis à l'Ukraine :
«Dans son long discours [lors du 31e congrès du Fidesz], qui a donné le 'la' de la campagne électorale, le Premier ministre n'a pas fait la moindre allusion à la 'menace ukrainienne'. … De plus, Orbán n'a pas mentionné une seule fois la future affiliation de l'Ukraine à l'UE, le processus d'adhésion ou le véto hongrois. ... A quoi doit-on cette évolution ? ... Au fait que ces arguments ne sont plus entendables par les électeurs ? Ou bien (une hypothèse qui paraît plus réaliste) a-t-on décidé dans l'entourage d'Orbán de prendre en compte le fait que désormais, même Donald Trump partage officiellement l'idée d'une adhésion de l'Ukraine à l'UE, et s'est déclaré prêt à intégrer cette idée dans son 'plan de paix' ?»