Ukraine : Zelensky riposte au veto d'Orbán

Dans le litige qui oppose Kyiv à Budapest, les nerfs sont à vif. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a vivement condamné le blocage par la Hongrie d'un prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Au sujet du veto du Premier ministre hongrois, il a ironisé, proposant de transmettre les coordonnées "d'une certaine personne" aux forces armées ukrainiennes – "pour qu'ils l'appellent et lui parlent dans leur propre langue".

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Péter Tarjányi (HU) /

Une ligne rouge a été franchie

Sur Facebook, le spécialiste des questions de défense, Péter Tarjányi, lance un avertissement :

«Depuis des années, des groupes nationalistes radicaux en Ukraine inscrivent les noms de politiques et de personnalités sur des 'listes des personnes à abattre' – une de ces plateformes est Myrotvorets. Une telle déclaration de Zelensky ne saurait donc être de l'humour ou de l'ironie. C'est un message susceptible de faire déraper un conflit politique. On peut se disputer, exercer une pression. Mais tenir de tels propos sur le chef de gouvernement d'un pays membre de l'UE et de l'OTAN est inadmissible, surtout en période de guerre.»

Ewropeiska Prawda (UA) /

Un coup de pouce involontaire

Les attaques verbales de Zelensky à l'encontre d'Orbán peuvent se retourner contre Kyiv, écrit Evropeïska Pravda :

«Les propos tenus par Zelensky sur Orbán sont pertinents, amusants, très personnels et ne respectent aucune ligne rouge. Le problème, c'est que venant de l'Ukraine, ils sont utiles à Orbán. En Hongrie, avant les élections, il est le seul à en profiter. Toute déclaration liée au souhait de Zelensky de voir Orbán perdre les élections renforce l'argumentaire du gouvernement hongrois, sans apporter le moindre avantage à l'Ukraine. De plus, l'action de Kyiv ne prend pas en compte le scénario (plausible) qu'Orbán reste au pouvoir en Hongrie.»

Telex (HU) /

Des provocations hongroises fructueuses

Telex porte un regard rétrospectif :

«La dégradation des relations n'a rien de nouveau. Auparavant déjà, à des fins électoralistes, le gouvernement Fidesz avait assigné le rôle de méchant étranger au président Zelensky. L'arrêt des livraisons via l'oléoduc Droujba, qui traverse l'Ukraine, n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. … Si Orbán et ses nervis suivent la tactique qui consiste à provoquer les Ukrainiens jusqu'à ce que ceux-ci fassent ou disent quelque chose qui les fasse passer plus encore pour des méchants de BD, cela semble leur réussir.»