L'UE divisée sur la question du marché carbone

Dans un contexte de forte augmentation des prix du gaz et du pétrole en lien avec la guerre en Iran, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se réunissent en sommet ce jeudi à Bruxelles. Doivent notamment être abordées les possibilités de plafonner les prix de l'énergie, d'octroyer des subventions ou de flexibiliser le système d'échange de quotas d'émission (SEQE).

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La Stampa (IT) /

Un impact contrasté

La Stampa redoute de nouvelles divisions en Europe :

«Les Vingt-Sept, qui se réunissent aujourd'hui à Bruxelles, se pencheront moins sur la position a adopter sur le conflit en cours au Proche-Orient que sur ses conséquences. La hausse des prix du pétrole, mais surtout de ceux de l'électricité. … Le véritable problème, c'est que l'impact est clairement asymétrique. Les Etats ne payent pas tous le même prix de la crise. Les pays globalement dépendants des livraisons de gaz sont davantage affectés et réclament des mesures d'urgence, tandis que ceux avec un mix énergétique basé principalement sur les renouvelables ou le nucléaire en ressentent beaucoup moins les effets, et en minimisent la portée. Une situation qui aggrave une fracture profonde au sein de l'UE.»

Gazeta Wyborcza (PL) /

Critiquer le SEQE n'est plus l'apanage de l'extrême droite

Gazeta Wyborcza discerne une évolution sur la question :

«Récemment encore, ce sont surtout les membres de partis d'extrême droite qui critiquaient le SEQE, de sorte qu'on pouvait penser que la ligne de séparation entre partisans et opposants suivait celle des frontières politiques. Or de plus en plus de camps politiques se rallient à la critique du SEQE, comme la majorité du Premier ministre Donald Tusk en Pologne. Il est plus ou moins clair que ce système déplaît à l'industrie, et le monde financier y est lui aussi opposé. … Bruxelles doit s'efforcer d'accorder les intérêts des différents pays et n'est pas très disposée à modifier le SEQE – chaque partie devra vraisemblablement faire des concessions pour que l'on parvienne à un compromis.»